Non, non, non et non!

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Non. Un mot toujours rempli d’émotion. «Non, tu n’as pas fait cette dépense pour mon anniversaire!» On y sent la surprise et la joie. Le fêté ressent simultanément un sentiment de refus et un désir d’accepter. La raison oscille entre la culpabilité et le bonheur. Voilà l’ambivalence de l’enfant avec le mot non. C’est son besoin de s’affirmer devant la crainte de ne pas réussir.

Le mignon petit poupon de quelques jours à peine exprime déjà qu’il n’a plus faim en tournant sa tête du sein de sa mère. Ce pivot de la tête est la prémisse au signe qui accompagne souvent le non. Un signe non verbal qui dit qu’il ne veut plus boire.

Un mouvement de tête de négation démontre que le nourrisson est capable de décider lui-même qu’il ne veut plus telle chose ou telle situation. Peu après suivra de près le message verbal du non pour consolider davantage cette opposition à l’environnement.

Avant trois mois, le poupon gazouille des voyelles aiguës au hasard de ses cordes vocales. Lorsque commence le babillage, il organise les sons et ajoute à sa voyelle préférée, le a, une consonne ressemblant au m ou au n. Puisqu’il est souvent nourri dans les bras de sa mère, lorsqu’il dit ma, ma, toutes les mères du monde s’attribuent ce nouveau son. Observez et constatez: maman, mama, mâma, màma, mom, nana.

Il en est de même pour le mot non qui apparaît peu après le ma. La consonne similaire qu’est le n est employé avec une autre voyelle naturelle, le o. Et un peu partout sur terre on dit non, no, nali, niét. Puisque le parent répète ce mot depuis que le petit est capable de lancer ses jouets au sol, l’enfant fait le lien que le son qu’il émet est celui qui signifie le non du parent. À lui maintenant d’en user pour affirmer son refus. Avant qu’il n’ait six mois, le petit accompagnera à ce nouveau son un mouvement rotatif de la tête.

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Dès que le chérubin commence à être capable de faire seul certaines choses, il découvre les joies de l’autonomie. Pourquoi attendre maman pour boire s’il peut empoigner la bouteille lui-même. Mais l’autonomie n’est pas totalement à la portée de l’enfant. Les adultes émettent toujours des restrictions.

L’âge du non

Le psychanalyste américain Erik Erikson, un disciple de Freud, a développé une théorie du développement psychosocial. Il a établi que jusqu’à l’âge de deux ans, le nouveau-né est dans un stade de confiance et de méfiance face à son environnement, ce qui assure sa survie. Aussitôt qu’il se déplace et qu’il s’exprime, le bambin développe davantage de confiance en ses capacités pour survivre et veut donc exprimer vertement ses besoins et ses craintes. Il entre maintenant dans le stade d’autonomie et de doute.

En effet, physiologiquement, l’enfant peut faire beaucoup de choses par lui-même. Il apprécie ne plus avoir besoin de l’adulte pour combler ses besoins et désirs. Il veut le faire seul. Lorsque l’adulte veut le faire à sa place, il exprime son indignation envers ce manque de confiance en son autonomie. C’est alors la domination du «non» et de «c’est moi».

L’expression désignant les terribles deux ans «terrible two» est mal choisie. Cette période de développement peut-être difficile pour les parents. Mais pour les enfants, c’est un moment merveilleux de nouveautés et d’estime de soi. Être capable, c’est valorisant.

L’adulte contrôle la vie du petit depuis sa naissance: sa survie, sa sécurité et son développement. Le parent doit laisser un peu de ce contrôle à un jeune enfant inexpérimenté. Lâcher prise est déstabilisant pour le parent. Expliquer à l’enfant comment faire demande de nouvelles capacités de communication.

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Communication

Le parent doit encourager son enfant à développer son autonomie. Bien sûr, l’enfant apprend par essais et erreurs, et il y aura davantage d’erreurs devant l’immensité des habiletés à acquérir. Le parent doit donc cultiver une patience remarquable.

Le jeune enfant dispose d’une mémoire à long terme assez faible et sa relation temporelle n’est pas fixée. Ceci explique le fait qu’il ne se souvient pas très bien de ce qui s’est passé hier ou la semaine dernière et refera la même erreur. Ce n’est donc pas pour embêter le parent mais simplement par oubli.

Par exemple, lorsque l’enfant veut absolument ouvrir la porte de la banque seul, le parent peut lui offrir des alternatives. Déterminer deux choix qui lui conviennent pour stimuler l’autonomie de l’enfant sans bloquer l’entrée pendant cinq minutes. Ainsi, le parent propose à l’enfant d’appuyer sur le bouton d’ouverture automatique ou de tenir le sac car l’enfant est très fort pendant que maman ouvre la porte. L’enfant veut des responsabilités, le parent offre des possibilités.

Lorsque l’enfant acquiesce à la demande du parent ou qu’il réussi une tâche, il est de mise de le féliciter et de valoriser son geste pour ancrer le comportement désiré. Si le comportement devient embêtant pour le parent, il faut se rappeler qu’il ne faut pas dire à l’enfant que c’est lui qui est embêtant. C’est son comportement qui est inapproprié ou inacceptable : l’enfant détient toujours ses autres qualités.

Le plus grand conseil pour réagir aux crises de l’enfant reste encore la cohérence. Si un jour il est autorisé à ouvrir la porte de la banque et non le lendemain, il lui sera difficile de comprendre. Il saura vous faire prendre conscience de votre incohérence en vous disant «non, c’est moi».

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