Nicolas Paquin raconte la guerre aux jeunes

«Malgré sa devise, le Québec n'observe pas de devoir de mémoire»

Nicolas Paquin
Nicolas Paquin a écrit la trilogie Les Volontaires, aux éditions du Phoenix.
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Lorsqu’il avait 18 ans, Nicolas Paquin s’était mis en tête d’écrire un livre sur la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, le nombre d’ouvrages déjà parus l’avait démotivé, il était persuadé que tout avait déjà été dit sur le sujet.

Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard, lorsqu’il rencontre un ancien vétéran, Gilbert Boulanger, qu’il se lance.

La semaine dernière, il est venu présenter sa trilogie jeunesse, Les Volontaires, au Salon du livre de Toronto, qui avait lieu comme chaque début de décembre à la Bibliothèque de référence.

Parler des morts

Gilbert Boulanger était mitrailleur pendant la guerre. «Les chances de survie de ceux qui s’envolaient dans les bombardiers étaient d’une sur trois. Gilbert a réussi à faire 38 missions», explique Nicolas Paquin.

«C’était un homme très modeste. À l’écouter, il ne s’en était sorti que grâce au hasard, n’avait aucun mérite. En revanche, il disait que ses camarades décédés étaient les vrais héros. Les savoirs dans des cimetières et que personne ne parle d’eux le révoltait. J’ai alors décidé de le faire.»

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Son premier tome, Sous le feu de l’ennemi, dédicacé à Gilbert Boulanger, parle d’un jeune garçon passionné par l’aviation qui s’enrôle dans l’armée.

Nicolas Paquin
Nicolas Paquin est venu présenter sa trilogie, Les Volontaires, au Salon du Livre de Toronto. Il participait ici à une discussion avec les auteurs Viateur Lefrançois et Martine Biron-Rodriguez.

Prisonnier de guerre

Le suivant, Combattre dans l’ombre, est dédié à Jacques Nadeau. Ce vétéran canadien a survécu au terrible raid de Dieppe du 19 août 1942. Le quart des troupes canadiennes engagées y est décédé. Il a ensuite été fait prisonnier pendant 32 mois par les Allemands.

À partir de leurs échanges, Nicolas Paquin évoque alors le sentiment d’isolement vécu par les prisonniers de guerre. Jacques Nadeau est décoré de la Légion d’honneur française en 2016, et l’auteur en profite pour lui remettre son livre.

«Son absence m’habite»

Pour son troisième tome, Nicolas Paquin a adopté une démarche différente. «J’ai lu les 72 lettres qu’avait écrites Ross Eveleigh Johnson, un jeune homme qui s’est enrôlé dans la guerre, et qui y est décédé à l’âge de 21 ans.» Théâtre de guerre est un hommage à ce jeune soldat parti trop tôt.

«Son absence m’habite», nous confie l’auteur. «Il a été mis de côté par sa famille, sa petite amie. Je refuse qu’il soit oublié une deuxième fois, j’ai décidé de le sortir de l’oubli.»

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«La guerre a brisé des gens en pleine adolescence. La meilleure façon de leur rendre hommage est que l’on vive en paix et en liberté aujourd’hui.»

«Je me souviens»

«La devise du Québec est ‘Je me souviens’, pourtant il n’y a pas de devoir de mémoire au Québec», regrette l’auteur. «On ne parle presque pas de ces anciens combattants. C’est lorsque je vais en Normandie que je trouve des gens qui s’impliquent pour faire revivre la mémoire de nos soldats.»

«Je me sens utile à faire cela. Je pense que c’est à ça que sert la littérature jeunesse: faire comprendre aux jeunes que lire c’est échanger.»

Nicolas Paquin a reçu le prix Philippe-Aubert-de-Gaspé en 2017, et a vu son travail être reconnu à Dieppe, Coutances et St-Malo, en France.

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