La frégate Ville de Québec en manoeuvres sur le lac Ontario

«Engagez-vous, qu’ils disaient!»


15 septembre 2009 à 13h32

Votre mission, si vous l’acceptez: donner envie aux jeunes de s’engager dans la Marine canadienne. Vous aurez à votre disposition la frégate Ville de Québec. Faites en sorte de vous faire remarquer, soyez enjoué et avenant.

Le Canada possède la plus longue bande côtière du monde. Atout majeur pour faire exister une belle Marine. Problème: près de 80% des Canadiens vivent sans voir l’océan. Alors la Marine se doit de se faire belle pour les attirer. Rentrée en fanfare dans les ports qu’elle visite, présence au CNE, visite du navire et promenade en mer avec manœuvres en bouquet final.

En entrant dans le port de Toronto, la couleur grisâtre du Ville de Québec est balayée par les rayons du soleil. Sur le pont, on aperçoit des officiers curieux de voir comment ils seront reçus. Une centaine de personnes est massée sur le quai pour découvrir ce navire de guerre canadien, la fanfare joue et des représentants autochtones effectuent une cérémonie de purification du navire en chantant et dansant, comme lors de chaque escale.

Après une bonne demi heure, le temps de faire monter tout le monde à bord et le navire largue les amarres pour un petit tour en mer.

L’objectif avoué, faire connaître la Marine aux canadiens, qui ne sont pas habitués à rencontrer des marins. Et pour déployer des moyens pareils, le manque de techniciens est criant. L’opération «Connection», a donc pour but de montrer aux jeunes qui poursuivent leurs études au collège, à l’université et même à ceux qui ont arrêté l’école, que s’engager dans les forces armées permet d’avoir un bon salaire, des avantages santé et une formation gratuite, le tout en voyageant.

C’est le discours tenu par les recruteurs de la marine, comme Patrick Arsenault. «Ici, on a besoin de tous les métiers comme électroniciens, techniciens de radar sonore, acoustique tactique et communication, aussi des mécaniciens, des techniciens d’armement.» Aujourd’hui basé à Montréal, il visite les Cégeps, se rend dans les salons d’emplois, rencontre les communautés multiculturelles pour donner le goût aux jeunes de rentrer dans la marine. Pour lui, «à 17, 18 ans, c’est l’occasion de voir le monde.»

Comme beaucoup sur le navire, Guillaume Mercier, mécanicien de marine et plongeur de bord, s’est engagé dans les forces à 18 ans. Il aimait la marine et la mécanique, il a joint les deux. La Marine lui a permis «de voir du pays, d’apprendre sans avoir l’école». Sans école, c’est un peu faux puisque chaque engagé doit poursuivre une formation dans son domaine. Mais beaucoup de marins oublient qu’ils vont à l’école puisqu’il s’agit de formations entrecoupées de navigation. Dans la grande famille des forces armées, on voit bien les différences de tenue, de galons, de rang, mais tous semblent cohabiter harmonieusement.

Chaque niveau de hiérarchie a sa pièce commune pour se relaxer, meublée grâce au prélèvement de 15 $ effectué sur le salaire des marins de cette hiérarchie.

Et honnêtement, entre le carré des officiers et la salle des matelots, il y a peu de différence. À chaque fois, un bar, un téléviseur, des sofas. Et c’est à peu près tout.

Retour sur le pont, dans le hangar précisément, là où est habituellement garé l’hélicoptère du Ville de Québec, pour un barbecue. Les cuistots sont à l’oeuvre et les étudiant des collèges Humber, RCC et Centennial font déjà la file. Ceux là ont rempli des questionnaires sur leurs préférences d’emploi et représentent des cibles privilégiées pour les recruteurs de la marine. Outre la visite du navire, les jeunes rencontrent le personnel de bord, qui parfois n’est guère plus âgé qu’eux et peuvent lui poser des questions.

Si la visite d’un navire de guerre comble la curiosité, il ne faut jamais oublier que ce bateau peut changer de visage à tout instant et se transformer en machine de guerre redoutable. Dans les entrailles du Ville de Québec se trouvent les salles de contrôle des armes, celles pour gérer les radars, la direction du bateau. À leurs postes, les marins travaillent dans le noir, pour avoir une meilleure vision sur les écrans; tous tiennent le même discours, tels qu’ils sont installés, ils peuvent passer en mode combat en un clin d’œil. Ready aye Ready, tel est leur devise.

En fin de promenade le capitaine commande quelques manœuvres, histoire de donner un peu d’adrénaline aux visiteurs. Le navire se dirige vers le port de Toronto. On débarque, on passe de Québec à Toronto, en quelques marches. Appréciable! Pour l’anecdote, toutes les frégates de la Marine canadienne portent le nom d’une capitale provinciale, plus Ottawa et Montréal. Pas de jaloux!

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