Moitié thriller, moitié psychodrame

roman
Michael Ondaatje, Ombres sur la Tamise, roman traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Montréal, Éditions du Boréal, 2018, 352 pages, 29,95 $.
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Romancier, poète et essayiste, Michael Ondaatje est surtout connu pour Le Patient anglais qui a remporté le Booker Prize. Son tout dernier roman, Ombres sur la Tamise, allie suspens feutré et psychanalyse entre les lignes, un mélange qui s’avère souvent déroutant.

Enfants abandonnés

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à Londres, le père et la mère de Nathaniel et Rachel décident de partir, voire de s’évaporer, laissant leurs enfants sous la garde d’un certain «Papillon de nuit».

C’est Nathaniel qui est le narrateur, qui est obligé à se mettre dans la peau d’un orphelin.

Ondaatje écrit que «le manque qui nous habite, les choses qui suscitent en nous prudence et hésitation remontent à la surface, de façon presque fortuite».

Nathaniel apprend vite une chose: quand on grandit dans l’incertitude, on ne peut compter que sur soi-même. «J’avais passé le plus clair de ma jeunesse en équilibre précaire, luttant pour me maintenir à flot.»

Digressions, parenthèses, retours

Si le père des enfants quitte Londres parce qu’il vient d’être nommé en poste à Singapour (on n’en sait rien de plus), la mère, elle, disparaît pour «vivre en de multiples endroits et mourir partout». Cette femme n’a jamais aimé les noms choisis par son mari pour les enfants; Nathaniel devient Stich et Rachel, Wren.

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L’auteur nous entraîne dès lors dans une maison qui a «des airs de zoo nocturne, rempli de taupes, de choucas et de bêtes à la démarche traînante» qui se révèlent être un possible voleur de lévriers, un jardinier, des joueurs d’échecs et une chanteuse d’opéra lymphatique.

Résultat: le roman souffre de longues digressions, parenthèses ou retours peu nécessaires qui nous font presque décrocher.

À moitié réussi

Moitié thriller, moitié psychodrame, Ombres sur la Tamise est à moitié réussi. On se demande pourquoi les parents ont menti à leurs enfants, on soupçonne les tuteurs d’être des criminels et on découvre les clés de l’énigme un peu trop sur le tard.

Il faut savoir qu’«une personne peut vivre en de multiples endroits et mourir partout».

L’action se déroule à Londres, près de la Tamise, là où la moitié de la vie se déroule la nuit; «il y règne alors une moralité plus ambiguë». Et c’est sur ce sentiment d’ambiguïté que Michael Ondaatje joue, s’amusant à dévoiler des variantes d’un passé oblitéré. Je passe mon tour!

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