Moitié thriller, moitié psychodrame

roman

Michael Ondaatje, Ombres sur la Tamise, roman traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Montréal, Éditions du Boréal, 2018, 352 pages, 29,95 $.


3 février 2019 à 9h00

Romancier, poète et essayiste, Michael Ondaatje est surtout connu pour Le Patient anglais qui a remporté le Booker Prize. Son tout dernier roman, Ombres sur la Tamise, allie suspens feutré et psychanalyse entre les lignes, un mélange qui s’avère souvent déroutant.

Enfants abandonnés

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à Londres, le père et la mère de Nathaniel et Rachel décident de partir, voire de s’évaporer, laissant leurs enfants sous la garde d’un certain «Papillon de nuit».

C’est Nathaniel qui est le narrateur, qui est obligé à se mettre dans la peau d’un orphelin.

Ondaatje écrit que «le manque qui nous habite, les choses qui suscitent en nous prudence et hésitation remontent à la surface, de façon presque fortuite».

Nathaniel apprend vite une chose: quand on grandit dans l’incertitude, on ne peut compter que sur soi-même. «J’avais passé le plus clair de ma jeunesse en équilibre précaire, luttant pour me maintenir à flot.»

Digressions, parenthèses, retours

Si le père des enfants quitte Londres parce qu’il vient d’être nommé en poste à Singapour (on n’en sait rien de plus), la mère, elle, disparaît pour «vivre en de multiples endroits et mourir partout». Cette femme n’a jamais aimé les noms choisis par son mari pour les enfants; Nathaniel devient Stich et Rachel, Wren.

L’auteur nous entraîne dès lors dans une maison qui a «des airs de zoo nocturne, rempli de taupes, de choucas et de bêtes à la démarche traînante» qui se révèlent être un possible voleur de lévriers, un jardinier, des joueurs d’échecs et une chanteuse d’opéra lymphatique.

Résultat: le roman souffre de longues digressions, parenthèses ou retours peu nécessaires qui nous font presque décrocher.

À moitié réussi

Moitié thriller, moitié psychodrame, Ombres sur la Tamise est à moitié réussi. On se demande pourquoi les parents ont menti à leurs enfants, on soupçonne les tuteurs d’être des criminels et on découvre les clés de l’énigme un peu trop sur le tard.

Il faut savoir qu’«une personne peut vivre en de multiples endroits et mourir partout».

L’action se déroule à Londres, près de la Tamise, là où la moitié de la vie se déroule la nuit; «il y règne alors une moralité plus ambiguë». Et c’est sur ce sentiment d’ambiguïté que Michael Ondaatje joue, s’amusant à dévoiler des variantes d’un passé oblitéré. Je passe mon tour!

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Cinq flûtes des cinq continents

North Wind Concerts
Alison Melville est à la tête du projet de concert Encircling the World: Flutes qui sera présenté le dimanche 2 mars à 19h30 au...
En lire plus...

22 février 2019 à 7h00

Troisième revers consécutif pour les Maple Leafs

Les Maple Leafs de Toronto étaient de retour à domicile après un long voyage de 6 parties à l'étranger. Pour l'occasion ils recevaient la...
En lire plus...

21 février 2019 à 22h30

17 255 écrivains canadiens se partagent 12 282 712 $

écrivains
Depuis 30 ans, le programme du Droit de prêt public (DPP) verse aux écrivains canadiens une somme d’argent en reconnaissance de l’utilisation de leurs...
En lire plus...

21 février 2019 à 17h00

La station Kipling: circulez, y a rien à voir

Cette semaine, nous poursuivons les Visites Express consacrées aux extrémités du métro torontois. Après Finch et McCowan, nous nous sommes rendus à l'ouest de...
En lire plus...

21 février 2019 à 13h00

Common law en français: Calgary devance Toronto

Ian Holloway, doyen, Faculté de droit, Université de Calgary; Nickie Nikolaou, vice-doyenne (Calgary); Adam Dodek, doyen, Faculté de droit, Université d’Ottawa; Caroline Magnan, directrice du Programme de certification de common law en français; Alexandra Heine, étudiante de 3e année en droit (Calgary).
Un nouveau partenariat sur l'enseignement de la common law, conclu entre les facultés de droit de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Calgary, va...
En lire plus...

21 février 2019 à 11h00

Incertitude environnementale et arrogance humaine

roman
Le premier roman de Christiane Vadnais, Faunes, est un récit dystopique qui s’insère dans un courant de fiction climatique.
En lire plus...

21 février 2019 à 9h00

Ils ont apporté la rougeole à l’école

Encore un. Un père de famille qui se retrouve au centre d’une poussée de cas de rougeole, en Colombie-Britannique, reconnaît ne pas avoir fait...
En lire plus...

21 février 2019 à 7h00

Une assemblée citoyenne de l’AFO sur Facebook

Résistance
L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario organise sa première assemblée citoyenne en direct sur Facebook le mardi 26 février à 17 h.
En lire plus...

20 février 2019 à 17h10

McMichael accueille l’art pluriel de Françoise Sullivan

McMichael
Les femmes à l’honneur! Depuis le 16 février, le Musée d'art canadien McMichael ouvre ses portes à deux expositions itinérantes sur deux grandes artistes:...
En lire plus...

20 février 2019 à 13h00

Facebook, sauveur des journaux?

journaux, presse, médias
Responsable majeur de leur détresse, Facebook vient aujourd’hui au secours des journaux désemparés en promettant 300 millions $ pour divers projets de journalisme local....
En lire plus...

20 février 2019 à 11h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur