Maurice Henrie, libre penseur

Maurice Henrie, Le poids du temps, notes et commentaires, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2017, 156 pages, 19,95 $.


10 décembre 2017 à 8h00

Maurice Henrie serait-il le Montaigne ou le Pascal de l’Ontario français?

C’est l’impression qu’on peut avoir en lisant Le poids du temps, un recueil de pensées, notes et commentaires. Ce collage de courts textes, parfois lapidaires, prend la forme de mémoires ou de réflexions autobiographiques qui permettent à l’auteur de s’exprimer librement sur des sujets reliés à la politique, à la société ou à l’écriture, entre autres.

Henrie reprend le ton intimiste de ses Aveux et confidences, recueil paru en 2013. Écrire, pour lui, n’est pas un acte du cœur, mais plutôt une décision de l’esprit.

Selon lui, «le roman provient surtout du cœur; la nouvelle, plutôt de l’esprit». Tirez votre propre conclusion: Maurice Henrie a publié 4 romans et 8 recueils de nouvelles, plus des essais et carnets littéraires.

Doit-on tirer une autre conclusion en lisant, vers la fin du recueil, que «le passage du temps donne droit à un radotage de bon aloi»? Non, mon collègue de l’écriture est en pleine forme, sa plume est toujours bien aiguisée et ses phrases ont souvent l’effet d’un coup de poing.

Radio-Montréal

J’ai retrouvé, dans un de ses commentaires, mon propre cheval de bataille, à savoir que Radio-Canada est plutôt Radio-Québec, pour ne pas dire Radio-Montréal.

Henrie écrit que pour «échapper à l’omniprésence québécoise», les francophones des autres provinces «ont tendance à se tourner vers les médias anglophones pour obtenir le contenu national ou international qui leur convient et auquel ils ont droit».

Toujours au sujet de la télévision, l’auteur déplore que, lors de la présentation d’un film à succès, l’on soit soumis jusqu’à quinze messages publicitaires durant une seule et même intermission. Ce tas d’annonces n’est rien de moins que de «la manipulation, de la persécution et de l’esclavage. Ce sont de véritables insultes pour l’esprit humain et pour la dignité des hommes». Parfaitement d’accord, mon cher Maurice!

Et les arts?

Mais je remets en question ton commentaire à l’effet que l’homme se livre principalement à cinq activités pour se distraire, à savoir: «la politique, la religion, la guerre, le sport et le travail». Je me retrouve dans une seule de ces activités. Je crois que tu aurais dû ajouter les arts.

Tel que mentionné plus haut, ta plume est toujours bien aiguisée. Tu excelles dans l’art de concocter des notes d’une brévité presque assassine. Exemple: «Il faut vivre comme si on n’allait pas mourir. Autrement, pourquoi voudrait-on vivre?» Ta plume sait aussi être d’une concision éblouissante, comme lorsque tu écris une demi-ligne sous la rubrique Amie: «La feuille blanche, ma seule amie.»

On sent que le langage politically correct t’agace. Tu voudrais pouvoir écrire sauvage, bâtard ou tapette si le cœur t’en dit. Dès qu’il est question de sexualité ou amour, tes notes et commentaires sont hétérosexuels; la réalité LGBTQ te semble inconnue.

Un livre réussi

Le chapitre sur l’Écriture m’a vivement interpellé. Tu as raison, hélas!, d’écrire que «l’écriture est assurément l’un des parents pauvres de toutes les formes d’art, juste au-dessus du macramé et de l’origami!» Je me suis retrouvé pile dans ton commentaire à l’effet qu’on écrit pour soi-même. Un livre peut être «réussi même s’il n’y a personne pour le lire».

Du chapitre sur la Sagesse, je retiens que la vie cherche constamment à mettre une distance «entre ceux qu’on aime et soi-même». On n’y peut rien, comme tu le dis; «l’amour s’amincit, l’affection s’effrite, l’oubli pointe l’oreille.» C’est la vie!

Je vous invite à lire Le poids du temps, un carnet où Maurice Henrie démontre qu’il est charmant libre penseur, probablement le seul en Ontario français.

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