Marginaux en temps de guerre

Pierre-Louis Gagnon, Le rendez-vous de Damas, roman, Lévesque éditeur, coll. Réverbération, 2017, 248 pages, 28 $.


15 octobre 2017 à 8h05

Pierre-Louis Gagnon a récemment publié Le rendez-vous de Damas, un roman dont le titre a très peu à voir avec l’intrigue. Il aurait tout aussi bien pu s’intituler «Rendez-vous de marginaux en 39-45». La toile de fond de ce récit est «la conscription si nécessaire, mais pas nécessairement la conscription».

Tout commence à Montréal où le jeune journaliste Serge Régnier, du quotidien Le Canada, se demande si les marginaux comme lui sont «condamnés à ne jamais connaître le bonheur». Serge cherche la compagnie et l’intimité des hommes pour «accéder à la plénitude de [son] être».

Entre les rencontres amoureuses éphémères que Serge échafaude avec un journaliste irlandais ou un jeune libraire au visage angelot, l’auteur glisse d’intéressantes réflexions sur la société québécoise à la fin des années 1930. Il écrit que la Belle Province est victime de «quatre colonialismes: l’économique avec les Américains, le politique avec la Grande-Bretagne, le religieux avec Rome et le culturel avec Paris».

Pierre-Louis Gagnon
Pierre-Louis Gagnon

Selon le maire Camillien Houde, le vice sous toutes ses formes existe depuis toujours à Montréal et ça ne vaut pas la peine de lutter contre «ses manifestations les plus apparentes qui profitent à l’économie». Les touristes, selon Houde, viennent à Montréal pour jouir du Paris nord-américain.

Quand Serge Régnier commence à écrire des articles insinuant que la mafia new-yorkaise est en train de s’établir à Montréal ou que la conscription ne passera jamais au Québec, il ne tarde pas à se mettre à dos son patron lié au Parti libéral. Serge démissionne et s’engage dans l’armée, uniquement pour suivre l’élu de son cœur, l’athlétique Richard Mailloux.

Pierre-Louis Gagnon décrit comment Serge et Richard sont postés en Angleterre, où ils partagent la même chambre, travaillent dans la même batterie, prennent un coup dans les mêmes pubs et «ne cherchent pas la compagnie des femmes».

L’Allemagne attaque l’Angleterre, mais les manœuvres périlleuses et les exercices de haute voltige ont plutôt lieu dans un club privé pour hommes seulement. C’est là que Serge rencontre l’aide de camp de Winston Churchill et joint par la suite les rangs du MI6, les services secrets britanniques.

C’est uniquement à la page 205 que l’auteur tire de son chapeau la question de la guerre en Syrie où s’affrontent deux contingents de Français, ceux du bord du maréchal Pétain et ceux du bord du général de Gaulle. Ce «rendez-vous de Damas» tombe à plat et n’apporte rien au dénouement de l’intrigue.

Gagnon suggère que Churchill aurait fait appel à Serge Régnier, sujet de Sa Majesté et parlant le français, pour lui confier une mission en vertu de laquelle «des soldats allaient échapper à la mort» en Syrie. Tout cela me semble tiré par les cheveux.

Tel que mentionné plus haut, le roman ne porte pas sur le soi-disant rendez-vous de Damas, mais plutôt sur des relations homosexuelles durant la Seconde Guerre mondiale.

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