Amour en temps de guerre

Jacques Allard, Sarah Zweig: D’amour et de guerre, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2017, 414 pages, 28,95 $.


28 août 2017 à 18h37

En 2011, Jacques Allard a publié le roman Rose de La Tuque, qui a remporté le Prix Alfred-DesRochers. Il récidive maintenant avec Sarah Zweig: D’amour et de guerre. L’ouvrage prend la forme de quelques lettres, mais surtout d’un journal intime qui s’étire en longueurs, tant et si bien qu’Allard nous annonce une suite à la dernière page.

Sarah Zweig est une étudiante juive originaire de Vienne. Elle entre illégalement au Canada et se réfugie à La Tuque, en Mauricie. Puis la jeune femme aboutit à Ottawa, est recrutée par le nouveau Service secret de la Première Armée canadienne et devient Estelle Lavoie.

Après une formation comme agent secret, Zweig/Lavoie est postée à Canada House, à Londres, durant la Seconde Guerre mondiale. Le Haut-Commissaire est Vincent Massey. L’auteur glisse une référence à son frère, l’acteur Raymond Massey.

On retrouve ensuite l’héroïne-narratrice en voyage à Édimbourg, avec son fiancé canadien qui est aviateur, puis en mission à Paris. L’auteur décrit comment «tout est permis à ceux qui s’agitent dans les officines souterraines du pouvoir».

Jacques Allard
Jacques Allard

Sarah parle un dialecte autrichien, l’allemand, le français et l’anglais; elle comprend le hongrois. Son travail consiste à fréquenter les permissionnaires canadiens de tous grades, «les hommes se confiant facilement à une femme».

Plus loin, elle devient Brigitte Tremblay, soi-disant professeur d’anglais de Chicoutimi, et travaille dans un lieu ultra secret avec des briseurs de codes, décrypteurs et autres cryptanalystes. Impossible de communiquer avec l’extérieur, y compris avec son fiancé.

Jacques Allard ouvre souvent des parenthèses pour nous informer, par exemple, que l’«on conduit à gauche depuis l’époque romaine parce que le conducteur de char avait besoin de sa main droite pour brandir l’épée».

Le roman renferme plusieurs références à des écrivains du début du XXe siècle. Il est d’abord question de Stefan Zweig, oncle adoptif de Sarah et célèbre écrivain autrichien (1881-1942), puis de Virginia Woolf, Georges Bernanos, Thomas Mann, Jean-Paul Sartre et Colette. Cela ajoute peu au récit qui souffre déjà de longueurs.

L’auteur a l’art d’utiliser des expressions assez colorées. Ainsi, au lieu d’écrire qu’un tel côtoie la gent féminine, Allard écrit que l’homme est «en gorgeuse et fessière compagnie». Et pour parler de capotes anglaises, il utilise l’expression «gants de Vénus». La pénétration devient: «sentir en moi ton émoi».

Et Hitler n’est pas appelé le Führer mais le Furieux ou le Fumasse, voire «le Foührer (sic)».

Sarah Zweig: D’amour et de guerre est le roman de la vie secrète d’une femme pour qui l’amour, autant que la haine, mène la guerre.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Réforme du système de santé: n’oubliez pas les services en français

santé
La décision attendue du gouvernement de l’Ontario de procéder à une réforme structurelle du système de santé serait «une opportunité d’améliorer l’accès aux services...
En lire plus...

14 février 2019 à 16h16

Cybersécurité: quelques clés pour protéger votre vie privée

vie privée
La radio communautaire franco-torontoise CHOQ-FM lance une nouvelle série de capsules vidéos pour sensibiliser les utilisateurs d’internet aux dangers qu’il peut représenter pour leur...
En lire plus...

14 février 2019 à 15h00

Les langues officielles enfin inscrites dans la Loi sur le divorce

La nouvelle Loi canadienne sur le divorce, dont l'ébauche a été adoptée en troisième lecture par la Chambre des communes le 6 février, confirme...
En lire plus...

14 février 2019 à 13h00

Au terminus McCowan, l’un des plus grands centres commerciaux au pays

Nous poursuivons notre tour d'horizon des extrémités du métro torontois à la station McCowan. Cette semaine, Visite Express à l'extrême-Est de la ville pour...
En lire plus...

14 février 2019 à 11h00

Le plus grand gratte-ciel obstruera la vue des Torontois

La construction du gratte-ciel de 306 mètres, nommé The One, qui se situera à l’angle des rues Yonge et Bloor et dont l’achèvement est...
En lire plus...

14 février 2019 à 9h00

Des ados veulent se faire vacciner sans le consentement de leurs parents

vaccin, vaccination
Défiant l’autorité de ses parents, un adolescent de l’Ohio a décidé de se faire vacciner — après avoir découvert qu’il ne l’avait jamais été,...
En lire plus...

14 février 2019 à 7h00

Ce qu’on comprend de l’affaire SNC-Lavalin Jody Wilson-Raybould jusqu’à maintenant

Un mois après le remaniement ministériel dans lequel Jody Wilson-Raybould a été rétrogradée, on comprend mieux ce qui s’est passé en coulisses face au...
En lire plus...

13 février 2019 à 20h40

Un vent d’optimisme sur Cinéfranco jeunesse

Larcelle Lean
Avant même le début du festival, un peu plus de 9 000 spectateurs sont déjà attendus au Famous Player place Canada pour la 10e...
En lire plus...

13 février 2019 à 13h13

Franco Foot va jouer dans un tournoi international

Dès samedi, Franco Foot entame la sélection de joueurs de moins de 17 ans pour participer au Tournoi International Toronto Azzurri SC, qui se tiendra...
En lire plus...

13 février 2019 à 11h00

Les jeunes plongent dans l’arène politique

Chaque année, des simulations parlementaires rassemblent des centaines de jeunes francophones désireux de se plonger dans le système politique canadien, d’aiguiser leurs compétences oratoires...
En lire plus...

13 février 2019 à 9h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur