Maman, j’ai peur!

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Au cœur du silence de la nuit, vous sursautez aux appels alarmants de fiston. Il rêvait qu’il était poursuivi par un chien. C’est la quatrième fois cette semaine et vous commencez à trouver ces cauchemars inquiétants.

Les études sur le sommeil indiquent toutefois que les rêves et les cauchemars sont bénéfiques pour l’être humain. Empêcher un dormeur de rêver lui serait néfaste pour sa santé.

Physiologie du rêve

Le sommeil occupe le tiers de notre vie. Nous rêvons environ quatre heures par nuit à raison de trois à cinq cycles de sommeil de 90 à 120 minutes chacun.

C’est à la fin des années cinquante que le neurophysiologiste Michel Jouvet découvre les activités électriques du cerveau liées aux cinq différentes phases du sommeil.

Les premières phases du sommeil émettent des ondes lentes alpha, thêta et delta. Il s’agit de l’état de somnolence, du sommeil léger et du sommeil profond. C’est au second stade du sommeil profond qu’est produite l’hormone de croissance, d’où l’importance du sommeil chez l’enfant. C’est toutefois aussi à ce stade que peuvent parfois se produire les terreurs nocturnes ou le somnambulisme.

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La cinquième phase est le sommeil paradoxal, le moment où surviennent les rêves et les cauchemars. L’activité du cerveau soudainement très intense permet de constater les mouvements rapides des yeux du dormeur. La sérotonine joue un rôle important dans la mémorisation. Durant cette phase, il y a peu de sérotonine sécrétée et c’est pourquoi on se souvient peu de nos rêves, à moins de se réveiller pendant le rêve.

La cartographie cérébrale révèle d’autre part que le système limbique, siège des émotions, est actif pendant le sommeil. D’où, peut-être, la charge émotive forte des rêves. Le cortex préfrontal où siège la pensée logique est au contraire relativement léthargique ce qui fait que nos rêves sont farfelus.

Pendant le sommeil, le rythme cardiaque ralenti de 10% et la tension artérielle chute de 20%. Le sommeil est aussi l’occasion pour le renouvellement cellulaire de s’effectuer, il sert à l’entretien des muscles, des tissus et des os. Shakespeare disait que le sommeil est une douce infirmière de la nature.

Le docteur Brian Murray, spécialiste du sommeil et neurologiste au Sunnybrook Health Sciences Centre de Toronto a publié en juillet dernier les résultats d’une nouvelle recherche démontrant que les ondes du sommeil paradoxal pourrait aider la guérison des accidents cérébrovasculaires.

Psychologie du rêve

Les Grecs qui tentaient de décrypter les rêves s’en sont remis à Morphée, dieu des songes qui a pour vocation d’endormir les mortels.

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Freud a établi un dictionnaire onirique qui donne un sens précis à chaque objet du rêve. Sa théorie est toutefois très contestée.

Les recherches modernes préconisent que chaque personne possède sa propre clé d’interprétation. Le docteur de psychologie de Harvard Dan Wegner conclu que les rêves sont principalement constitués de ce que nous ressentons dans la journée.

Les rêves sont bénéfiques pour nous livrer une solution à un problème ou pour nous permettre d’intégrer une nouvelle réalité.

Les cauchemars sont des rêves effrayants qui réveillent l’enfant. Ils surviendraient de façon occasionnelle chez 30% des enfants de cinq ans et ils augmenteraient de fréquence avec l’âge. Il semble qu’ils soient plus fréquents chez les filles. Les cauchemars surviennent pendant le sommeil paradoxal et particulièrement vers la fin de la nuit.

Environ 3% des enfants de trois à six ans vivent des terreurs nocturnes. Ces mauvais rêves se présentent habituellement dans les trois premières heures de la nuit. Contrairement au cauchemar, l’enfant qui vit une terreur nocturne ne semble pas nous voir. Pendant quelques minutes, il crie, gesticule, a les yeux ouverts mais ne nous répond pas. Il est comme un somnambule qui se recouche et se rendort calmement après sa petite incursion physique dans notre monde.

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La terreur nocturne proviendrait d’une immaturité neurologique de certains enfants, particulièrement chez les garçons. Une partie du cerveau est «éveillée» tandis que le sommeil se poursuit. Ces épisodes disparaissent en vieillissant.

Réconforter le rêveur

Lors d’un épisode de terreur nocturne, il est recommandé de ne pas réveiller l’enfant. Il serait incapable d’expliquer ce qui se passe et la conscientisation de son état pourrait créer de l’anxiété. En se rendormant, il terminera son rêve et continuera son sommeil.

Pour l’enfant éveillé par un cauchemar, il a besoin d’être apaisé. Le parent peut se lever ou simplement lui parler de l’autre chambre. Si l’enfant est toujours apeuré, lui faire verbaliser son rêve lui permettra de reprendre contact avec la réalité. Il est aussi suggéré de corriger les éléments anxiogènes en l’invitant à inventer un dénouement heureux à son histoire.

L’enfant qui fait des cauchemars similaires pendant une semaine présente probablement une angoisse particulière. Il serait donc opportun d’en discuter avec l’enfant au matin et de dédramatiser la situation. Que ce soit à propos d’un combat avec un monstre ou avec son frère, en discuter permet d’évacuer et trouver des solutions pour régler la situation.

Plusieurs pratiques sont à déconseiller lorsque l’enfant s’éveille au cœur de la nuit. Pas de lait ni le réconfortant lit des parents. Il ne faut pas créer une habitude inconsciente qui interfère la nuit de sommeil normale de l’enfant.

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Privilégiez un rituel préparatoire au sommeil. Racontez une histoire amusante, donnez un massage, installez un objet transitionnel comme une doudou et répétez la formule quotidienne de mise au lit «bonne nuit et à demain mon poussin».

Et comme le disait une petite fille à sa maman: «Toi tu es chanceuse car tu peux dormir avec papa quand tu fais un cauchemar».

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