Lorenzo Lotto : «Un maître parmi les maîtres»

La Conversation sacrée: la vierge à l'Enfant avec sainte Catherine et Saint Thomas, 1528-30, p. 26.
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Le nom de Lorenzo Lotto ne dit probablement pas grand-chose à la plupart d’entre nous. Un sondage rapide a montré qu’il n’y a de cet artiste aucun tableau dans les musées du Canada, et aucune exposition ne lui a été consacrée jusqu’à présent, probablement à cause des coûts faramineux du prêt et du transport de tableaux de ce maître de la peinture.

Des personnages

Lorenzo Lotto a produit de nombreuses œuvres que l’on pourrait classer en trois catégories: des portraits en grand nombre, un intérêt pour Cupidon et Vénus à une certaine époque, et des fresques ou des tableaux religieux à titre personnel ou pour décorer une église.

Couverture de la revue: Portrait de Lucrezia Valier, 1533 (probablement).

Il y a des personnages dans les tableaux de Lotto, ce n’est pas un paysagiste

Le Dossier de l’Art no 264 que publient les éditions Faton est donc le bienvenu pour faire la connaissance de ce peintre vénitien célèbre, non seulement par des textes, mais surtout par une profusion de reproductions qui illustrent les catégories picturales mentionnées.

Formation à Venise

Lorenzo Lotto est né à Venise en 1480 et c’est dans cette ville qu’il a acquis une formation artistique, notamment auprès de peintres célèbres dans cette cité et à cette époque, comme Giovanni Bellini (né entre 1425 et 1433-1516), le précurseur de l’école vénitienne, ou Giorgio Barbarelli, le premier grand peintre vénitien, et Alvise Vivarini, autre peintre de Venise.

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Entre 1503 et 1504, il devient pour la première fois peintre à Trévise, ville qui relève alors de Venise. C’est là que débute sa carrière artistique avec le portrait de l’évêque de la ville, qui favorise la vie culturelle et artistique trévisane.

L’Évêque de Trévise, p. 7.

Ami des saints

Les portraits seront désormais l’objet de nombreuses réalisations de la part de Lotto. Et le premier article du Dossier de l’Art s’intitule Lorenzo Lotto portraitiste (p. 4-21), avec de nombreuses reproductions.

Comme le souligne le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) dans la notice qu’il consacre à Lornzo Lotto (sans illustration): «Quiconque a vu ou étudié ses œuvres ne peut douter que Lorenzo Lotto est l’un des peintres les plus fascinants de la Renaissance.»

Portrait de jeune homme, 1506, Kunsthistorisches Museum, Vienne p. 7.

«Profondément pieux, l’artiste semble s’être lié d’amitié avec les saints qu’il a peints. Abordant leur histoire davantage comme un dramaturge que comme un peintre conventionnel, il a donné vie à leur martyr.»

«De même, dans ses portraits, on sent clairement la profonde affection de l’artiste pour ses modèles, qui semblent si vivants des siècles après avoir été peints.»

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Vénus et Cupidon, vers la fin des années 1520, p. 39.

Oeuvres religieuses

Lotto s’intéresse incontestablement à Vénus et Cupidon, et le Dossier de l’Art donne des illustrations révélatrices dans Lotto face à Palma le Vieux, un peintre de la région de Bergame venu s’établir à Venise.

Mais incontestablement les thèmes religieux tiennent la partie la plus importante dans les œuvres de Lotto. En 1549, Lotto s’installe à Lorette, en Italie, un lieu de pèlerinage depuis le XIIIe siècle. Quelques années plus tard, il entre dans la communauté religieuse de la Santa Casa de Loreto, où il reste jusqu´à sa mort en 1556.

Madone à l’Enfant avec saint Ignace d’Antioche et saint Onophrius, p. 22-23.

Les œuvres religieuses sont si nombreuses qu’il est impossible ici de les énumérer. Le Dossier de l’Art consacre plusieurs articles très illustrés à ce sujet.

«Lorenzo Lotto a connu une carrière longue et prospère de peintre à Venise et dans ses environs. Il a réalisé des portraits et des œuvres de dévotion pour la décoration de retables.» (MBAC)

Vierge à l’Enfant avec saint Pierre martyr, 1503, p. 49.

Vie éternelle

«Les dernières années de sa vie lui procurèrent bonheur et tranquillité d’âme, et qui plus est, lui apportèrent la vie éternelle. Ce qui ne lui serait peut-être pas arrivé s’il avait été impliqué autrement dans les choses de ce monde, lesquelles trop pesantes à qui place en elles sa fin dernière, ne laissent jamais l’esprit s’élever vers les biens véritables de l’autre vie, que sont la béatitude et la félicité.» (Giorgio Vasari, Vie des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes, 1568)

Pas de doute, Lorenzo Lotto est bien «Un maître parmi les maîtres», pour reprendre le titre d’un article du Dossier de l’Art (p. 23), et le découvrir par ses œuvres grâce à cette publication des éditions Faton ne peut apporter que satisfactions et plaisir de la découverte.

Retable de Santa Christina, banlieue de Trévise, Italie, env. 1504–1506.

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