Little India et la mutation des quartiers ethniques de Toronto

Souvent en fonction du prix de l'immobilier

Confection traditionnelle du pain naan dans la cuisine de la maison Lahore Tikka.


11 février 2019 à 9h00

Le Little India de la rue Gerrard rapetisse, mais certains établissements y sont extrêmement authentiques et méritent toujours un détour.

C’est ce qui ressort d’une visite récente de ce secteur en compagnie du fondateur et directeur de la Culinary Adventure Co., Kevin Durkee, qui organise des tournées gourmandes avec des touristes, mais aussi et surtout avec des Torontois.

Les prix de l’immobilier

«La hausse des prix de l’immobilier et l’exode des immigrants de 2e et 3e génération vers les banlieues minent graduellement la densité du secteur Little India sur la rue Gerrard dans Leslieville», explique M. Durkee. «On observe le même phénomène dans la plupart des quartiers ethniques situés pas trop loin du centre-ville.»

Il y a une Little India 2 au nord de l’aéroport Pearson, et un Koreatown 2 près du métro Finch.

Le Little Italy d’origine existe surtout pour les touristes, le Corso Italia de l’avenue St. Clair est déjà plus authentique, mais nombre de Torontois d’origine italienne sont maintenant dans la banlieue de Woodbridge, comme les Chinois sont souvent à Markham et les Indiens à Brampton.

La salle du Lahore Tikka House comprend un rickshaw d’apparat.

Non-Indiens bienvenus

Dans le Little India d’origine, on voit de plus en plus de commerces non-indiens, mais ils sont les bienvenus: «Les commerçants souhaitent un regain d’activité, d’où qu’il vienne», note le directeur de la Culinary Adventure Co.

Greektown sur Danforth est peut-être le meilleur exemple d’une communauté ethnique qui s’est vidée de ses racines d’origine, mais qui demeure fortement populaire auprès des touristes et des «excursionnistes» qui viennent de toute la ville pour manger de la nourriture grecque.

Pourquoi? C’est que Greektown s’étale le long d’une ligne de métro, ce qui a fait augmenter considérablement le prix de l’immobilier, au point où le quartier ne peut pas être un quartier d’immigrants.

À mesure que les prix de l’immobilier augmentent autour du centre de la ville, les quartiers ethniques sont embourgeoisés et presque vidés de leur saveur originale. Ce phénomène s’est produit il y a longtemps dans Manhattan, dont les quartiers ethniques n’existent plus vraiment que pour la restauration et la vente de nourriture, souvenirs et babioles.

Naan à l’ail et kébab servi sur plaque brûlante avec des condiments aussi brûlants.

Little India demeure savoureux

Le Little India de la rue Gerard demeure, pour le moment, à la fois accessible et intéressant. Ici, comme partout dans le monde des quartiers indiens, on voit des marchés de soie et de bijoux, de même que des marchés de légumes et épices exotiques.

Ce sont toutefois les restaurants qui attirent vraiment les touristes et excursionnistes.

Si vous êtes à la recherche d’une expérience authentique et exotique, le restaurant halal Lahore Tikka House (1365 rue Gerrard Est) vous comblera. Plus de la moitié de la clientèle est originaire du sous-continent.

«L’authenticité est la clé de notre succès commercial», exprime la propriétaire, Gulshan Allibhai. Les locaux retrouvent ici la cuisine familiale faite de manière traditionnelle. Lors des soupers du weekend, les deux étages du restaurant grouillent de convives. L’été, la terrasse procure un délicieux dépaysement.

Dosa végétarien et ses sauces au Udupi Palace.

Authentique

Ce resto est plus cher que bien des restaurants indiens du quartier, mais les ingrédients sont frais et tous les plats sont faits maison. Les foodies auront aussi un dilemme: la nourriture traditionnelle est plus huileuse et calorique que la cuisine ethnique des restaurants à la mode. On ne peut pas toujours être authentique et progressiste en même temps.

«Nos kébabs sont faits à la main avec de la viande et des épices fraîches», dit madame Allibhai, avec la conviction d’une puriste qui n’aime pas l’occidentalisation et la mécanisation de la nourriture indienne servie à Toronto. Voici ses recommandations: kébabs d’agneau ou poulet, palak paneer (fromage et épinard) et chana masala (pois chiches, tomate et aromates). Ma recommandation est le pain naan à l’ail… fabuleux!

Par ailleurs, le Udupi Palace est le restaurant de choix pour la nourriture végétarienne (végane et sans gluten) classique du sud de l’Inde, basée sur les crêpes dosas. On y prépare aussi des thalis végétariens et des plats de paneer (fromage indien). Le Udupi Palace est situé au 1460 rue Gerrard Est.

Bœuf wagyu japonais au Heisei Market du centre J-Town.

Le nouveau petit Japon

Alors que le nombre des expériences authentiquement exotiques de Toronto a diminué, de nouvelles expériences exotiques ont émergé. Ainsi, une sorte de petit Japon est visitable à Markham dans le J-Town (Japan-Town), un centre commercial qui semble avoir été téléporté directement depuis le pays du soleil levant.

Par exemple, le Heisei Mart propose une myriade de produits nippons dans un environnement qui rappelle carrément le Japon. On peut y acheter de merveilleux produits introuvables ailleurs. Si vous avez toujours voulu goûter au bœuf wagyu, vous pourrez l’acheter ici, pour un prix allant de 28 à 40 $ du 100 grammes!

J-Town est situé au 3160 avenue Steeles Est, entre l’autoroute 404 et l’avenue Victoria Park (bus 53 Steeles East depuis le métro Finch).


Ce reportage a été réalisé avec la collaboration de Tourisme Toronto.

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