Littérature franco-ontarienne: de quoi parle-t-on?

Salon du livre de Toronto 2007

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Peut-on parler de «littérature franco-ontarienne»? A-t-elle une identité propre? Comment la définir? Et comment faire en sorte que cette littérature soit reconnue et appréciée? Les auteurs Jean Fahmy, Yves Breton, Christine Dumitriu van Saanen et Hédi Bouraoui s’étaient réunis pour aborder ces questions.

Yves Breton a insisté sur le caractère pluriel de cette littérature. Les genres sont très divers, tout comme les auteurs, aux multiples origines (canadiennes ou non). Jean Fahmy a quant à lui reconnu qu’il y a encore bien des progrès à faire: accroître le nombre de librairies, améliorer la présence francophone dans les bibliothèques, se faire connaître au Québec et dans le monde… «Le combat est difficile!», avoue-t-il.

Hédi Bouraoui se fait encore plus pessimiste et considère qu’«écrire en français en Ontario, c’est comme lancer des SOS dans le désert!» Auteur avec Jacques Flamand d’une anthologie de littérature franco-ontarienne, il se désole de constater le faible attrait du public et des professeurs de littérature pour ce livre.

Il se désole également de voir qu’après son départ, personne n’a repris le cours de littérature franco-ontarienne qu’il donnait à l’Université York. N’hésitant pas à parler de marasme, il a fait appel à l’Association des auteurs de l’Ontario français pour qu’elle achète des livres de ses auteurs pour les distribuer gratuitement aux ambassades canadiennes à l’étranger. «Encore faut-il en avoir les moyens financiers!, s’est exclamé Jean Fahmy.

Mais cette littérature franco-ontarienne a-t-elle vraiment une identité propre, qui la rendrait reconnaissable? «J’ai essayé de définir cette littérature, explique Hédi Bouraoui, mais c’est difficile. On m’a répondu que j’avais présenté un hamburger que l’on garnit de tout mais que je n’avais rien défini!»

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Une identité insaisissable, un public discret… mais, selon Yves Breton, il ne faut pas désespérer. « Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas preneur que cette littérature n’existe pas!»

Quand la poésie vient au secours de la langue

Lorsqu’il il écrit son cinquième recueil J’écris à rebours, le poète franco-ontarien Michel A. Thérien veut parler de la langue française, de sa survie, et de l’importance de la défendre. Souffrant de constater l’effritement du français, il écrit ce recueil, éloge à la langue. Par la poésie, il vient en quelque sorte à la rescousse du français canadien. «Cette langue m’a été donnée, il faut désormais la défendre», a-t-il dit au Salon du livre de Toronto.

Aujourd’hui, le poète en veut aux médias qui, comme Radio-Canada, n’assument pas leur rôle de défense de la langue et ponctuent allègrement leurs émissions «d’anglicismes et de sacres». «Je constate une déresponsabilisation des médias qui ne fait qu’accroître l’effritement de la langue. Il faut se ressaisir et produire des émissions qui nous rattachent à notre culture et sensibilisent les gens à la richesse de notre patrimoine. Il ne faut pas laisser aux seuls politiciens la tâche de lutter contre l’effritement de la langue.»

Fervent défenseur d’une langue française de qualité, Michel A. Thérien ne veut pas non plus l’empêcher de changer. «Une langue évolue. Il ne s’agit pas de la garder dans son carcan des siècles passés et de mobiliser une armée de la langue! La langue doit suivre son évolution… vers un épanouissement qui la grandit.»

Toronto, terre d’inspiration pour les auteurs étrangers

Par ailleurs, comment les auteurs étrangers regardent-ils la Ville-Reine? Vaste question qui fut l’objet de la table ronde «Toronto, terre d’inspiration», organisée samedi au Salon du livre, en présence de Marie Henry, auteure belge, de Joséphine Serre, française, et d’Élie Karam, libanais.

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Tous trois membres de l’association Écritures vagabondes, ils se sont installés à Toronto pour trois semaines. Trois semaines durant lesquelles ils ont parcouru la ville, se sont laissés aller à son rythme, pour un ressentir toutes les saveurs.

C’est cette expérience qu’ils ont tenu à faire partager aux visiteurs du Salon du livre. Sous l’égide de Valéry Vlad, président du Salon et animateur de cette table ronde, ils ont ainsi fait part de leurs découvertes.

Les trois auteurs se sont rejoints sur la difficulté à entrer dans «les coulisses de Toronto». «Dans les premiers jours, j’ai eu l’impression qu’un voile m’empêchait de rentrer dans le détail de cette ville.», confie Marie Henry. Ce à quoi Élie Karam à ajouté: «On sent qu’il y a quand même quelque chose d’étouffé en dessous et qui sort parfois sans qu’on s’y attende.»

Un regard intéressant, qui devrait donner lieu à des écrits de la part des trois auteurs. Peut-être pour l’édition 2008 du Salon du livre?

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