L’intimité d’hommes anonymes

Nicholas Giguère, Petites annonces, haïkus libres illustrés par Benoît Erwann Boucherot, Québec, Éditions du Septentrion, coll. Hamac, 2020, 192 pages, 21,95 $.
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Les petites annonces sur les sites de rencontres nous en font voir de toutes les couleurs, des vertes et des pas mûres. Nicholas Giguère s’inspire de ce que les hommes à la recherche d’hommes écrivent comme hameçon pour faire défiler plus de 500 invitations sous forme d’haïkus libres.

Son recueil Petites annonces dévoile l’intimité d’hommes anonymes, leurs attributs physiques, leurs orifices béants, leurs désirs parfois hors normes, voire leur homophobie intériorisée.

Discrimination

Cette plongée au cœur de tout un pan de la culture gaie révèle souvent de nombreuses formes de discrimination: âgisme, grossophobie, rejet des hommes plus efféminés, misogynie.

Je vous présente un spécimen choisi au hasard: «mince musclé mature athlétique / 165 lbs 33 de taille 43 de chest bien shapé / cheveux courts beaux pecs durs et très sensibles / (titsplay = obligatoire)  sensibles  / (titsplay = obligatoire)».

Un jeu de mot se glisse parfois dans la petite annonce: «mécano de 34 ans 6’ 2 215 lbs 9,5 cut / cherche des partenaires de baise dégourdis / pour des vidanges d’huile intenses»…

Des mots en anglais émaillent plusieurs annonces: «masculin versa bottom 5’ 10 190 lbs 7 uncut / culturiste cul bombé pig open / cherche à chiller à m’amuser no stress».

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On trouve tantôt un lieu de résidence tantôt un fétiche: «beau bottom de Repentigny / qui aime porter des sous-vêtements sexy / cherche des baises avec des hommes plus vieux». Ou encore: « j’aime crissement dominer / poppers cagoule et menottes / je rêve de baiser un mec dans son bureau».

Bisexuels

Les bisexuels se pointent sans gêne; l’un affirme être en couple et précise qu’il n’y a pas besoin de lui annoncer, «elle connaît très bien mon parcours de vie et mon orientation».

Un autre est en couple H/F depuis toujours, mais il n’y a plus de sexe et il en souffre. «J’aime ma femme, je veux la garder, mais j’ai besoin de sexe; tant qu’à faire j’aimerais assouvir un fantasme que j’ai toujours eu.»

Nicholas Giguère décortique la quête sexuelle sur les sites et applications de rencontre, ses codes, ses rites, ses abréviations, moins connus du grand public.

Au lieu d’un chapelet de ah men, j’aurais préféré quelques oraisons analytiques. Quant aux illustrations de Benoît Erwann Boucherot, elles apportent peu à ce survol de l’intimité d’hommes anonymes.

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