Pas de permis de conduire, pas de tapis propres!

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Publié 17/04/2007 par Paul-François Sylvestre

La semaine dernière, j’ai accompagné un ami qui voulait louer un appareil pour nettoyer les tapis. Nous nous sommes présentés chez Dominion et nous avons trouvé exactement ce qu’il fallait. Rendu à la caisse, mon ami a été prié de présenter son permis de conduire en guise de carte d’identité.

La préposée lui a dit qu’il devait montrer «a photo ID». La carte d’assurance-santé n’est pas acceptable, ni le passeport. C’est le permis de conduire qu’il faut montrer. Ni mon ami ni moi ne détenons un permis de conduire. Nous sommes repartis bredouilles.

Un mois plus tôt, je me suis présenté à une banque de la région de Windsor. Ma mère était décédée et je devais cosigner certains documents à titre de co-exécuteur testamentaire. On m’a demandé de présenter une carte d’identité. On voulait que je montre mon permis de conduire.

La carte d’assurance-santé n’était pas acceptable. On m’a dit que le passeport ferait l’affaire. Mais qui se promène de Toronto à Windsor avec un passeport? On a finalement accepté ma signature… à condition que j’envoie une photocopie de mon passeport dans les jours suivants.

Ces deux incidents illustrent à quel point «le système en place» est conçu pour favoriser une certaine classe de la société. On prend d’abord pour acquis que toute personne adulte détient un permis de conduire.

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Ce n’est pas le cas. Ce n’est pas une obligation. C’est parfois impossible pour des raisons de santé (coma diabétique, par exemple). Et certains citoyens optent exclusivement pour le transport en -commun; c’est leur droit et ils n’ont pas à faire l’objet de discrimination.

Comme on le sait, il est encore possible de traverser la frontière canado-américaine (en voiture, en train ou en autobus) en montrant non pas un passeport mais un permis de conduire.

Mon ami m’a fait remarquer que si un voyageur ne détient pas un permis de conduire, les douaniers en concluent immédiatement qu’il l’a perdu pour des raisons de conduite en état d’ébriété ou parce qu’il a un casier judiciaire.

Pas de permis de conduire, pas de bonne réputation! Voilà le message que «le système en place» clame haut et fort. C’est de la discrimination pure et simple.

Auteur

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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