L’immersion française menacée

Face aux coupures provinciales, le TDSB sabrerait dans le transport et les classes d'immersion

Ontario
Manifestation d'enseignants le 6 avril contre les compressions en éducation.
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«Les coupures imposées par Doug Ford au système d’éducation menacent les programmes d’immersion française à travers la province», dénonce Gilles Bisson, le leader parlementaire de l’opposition officielle néo-démocrate à Queen’s Park.

M. Bisson réagissait à l’annonce récente du TDSB (le conseil scolaire public anglophone de Toronto, le plus gros de la province) qui prévoit une réduction de plus de 12 millions $ en immersion française pour équilibrer son budget.

Transport scolaire

Le TDSB, qui anticipait déjà un déficit de 54 millions $ en 2019, vient d’apprendre qu’il recevra de la province 13 millions $ de moins que prévu.

«Nous serons forcés de couper des services comme les autobus scolaires pour l’immersion française au primaire», précise-t-on. Cela toucherait environ 6 000 des 28 000 élèves inscrits en immersion française dans des écoles du TDSB.

Dans toute la province, 220 000 jeunes anglophones suivraient un certain nombre de cours en français dans leurs écoles.

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Gaspillage

En début de semaine, le premier ministre Doug Ford a affirmé que la gestion du TDSB était «imprudente», et que les conseils scolaires «gaspillent l’argent des contribuables». Les Conservateurs blâment aussi le laxisme et les concessions faites aux syndicats d’enseignants sous les Libéraux avant eux.

L’augmentation du nombre d’élèves par classe, annoncée par le ministère de l’Éducation le mois dernier, entraînerait la perte de plus de 1000 emplois d’enseignants au TDSB. Le nombre d’élèves par classe ne serait jamais «optimal» en immersion française.

«Tragédie»

La section ontarienne de Canadian Parents for French, le lobby des parents d’élèves anglophones en immersion française, qualifie d’«incompréhensible» la décision du TDSB. «S’ils coupent le transport, ça serait une tragédie», a déclaré aux médias Betty Gormley, la directrice générale de CPF Ontario.

Selon le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, «cela va à l’encontre de ce que l’on essaye de faire. Ça n’aidera pas à trouver de la main-d’œuvre capable de s’exprimer en français. Je ne serais pas surpris qu’il y ait des pertes d’emploi.»

Loterie

Déjà, les Torontois doivent passer par une «loterie» pour accéder à une école d’immersion en raison de la popularité du bilinguisme. «Il faut s’assurer que le financement soit là, s’assurer que l’on ait des enseignants qualifiés.»

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Le TDSB dit continuer d’examiner tous les scénarios et adoptera son budget en juin.

Ce débat survient alors que la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, octroie plus de 62 millions $ à l’embauche d’enseignants de français au Canada anglais, dans les écoles françaises autant que pour les programmes d’immersion des écoles anglaises.

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