L’humanité dansée tel un animal triste

À Harbourfront les 11, 12 et 13 avril

Animal Triste
Avec Animal triste Melanie Demers réfléchit au sort de l'humanité. (Photo: Mathieu Doyon)
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C’est en s’inspirant du roman Sapiens, de Yuval Noah Harari, que la chorégraphe québécoise Mélanie Demers met en scène le courant de l’espèce humaine dans une pièce de danse contemporaine tout en crescendo, Animal triste, présentée en première torontoise au Centre Harbourfront les 11, 12 et 13 avril.

À travers quatre grands chapitres, l’humanité connaît plusieurs phases d’évolution: d’abord biologique, puis sociale, ensuite familiale et enfin spirituelle.

Pour Mélanie, il y a là une nécessité de s’interroger sur notre sort collectif. «Il y a un questionnement sur ce qui nous lie en tant qu’espèce et à savoir si cette espèce-là n’est pas rendue à sa fin.»

Melanie Demers
La chorégraphe dirige sa compagnie Mayday depuis 2007. (Photo: Sabrina Reeves)

Tension entre ombre et lumière

Si ces réflexions peuvent sembler décourageantes, elles sont tout de même le moteur créatif de la chorégraphe.

«Je travaille toujours sur la fine ligne de cette tension entre la quête et la désillusion», avance-t-elle. Pour Mélanie, «mettre en scène l’ombre et la lumière c’est la seule façon de faire advenir quelque chose».

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Il y a donc aussi une lueur d’espoir dans le spectacle. Non seulement dans cette quête et cette évolution qui projette les personnages vers l’avant, mais aussi dans le simple acte créatif de la pièce. «Créer c’est s’élever, c’est croire et vouloir croitre», affirme la chorégraphe.

Évidemment en parlant de l’évolution de l’humanité la chorégraphe évoque une forme de reproduction humaine, et selon elle il y a là quelque chose de foncièrement optimiste.

Les corps guidés par l’instinct

Mélanie Demers a d’ailleurs été grandement influencée par sa vie personnelle. «Au moment de créer la pièce je venais moi-même de donner naissance», confie-t-elle.

Cette façon de bouger qu’ont les bébés naissants lui a donc donné l’inspiration pour transposer, dans le corps de ses danseurs, les enjeux qui transcendent la pièce. Pour Mélanie il y a quelque chose de l’instinct dans la manière dont les personnages se meuvent sur scène.

Sur les planches les corps de Marc Boivin, James Gnam, Brianna Lombardo et Riley Sims évoluent d’une forme abstraite vers une forme concrète.

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Un point tournant

La pièce Animal triste marque un nouveau départ pour la chorégraphe qui dirige la compagnie Mayday depuis 2007.

Dans l’ensemble de son oeuvre, il a toujours été important pour Mélanie de prendre la parole. «J’avais l’habitude de faire un travail qui était très engagé politiquement parce que j’avais ce besoin là de dire quelque chose». Aujourd’hui, Mélanie cherche moins à militer avec son art qu’à s’élever.

Animal triste
Les corps recroquevillés des danseurs évoquent celui des bébés naissants. (Photo Mathieu Doyon)

Faire confiance au corps

Non pas que son message soit moins politique, c’est principalement la façon de le faire comprendre aux spectateurs qui change avec la pièce Animal triste.

Dans son travail antérieur, la chorégraphe utilisait beaucoup le langage théâtral et le texte, maintenant elle cherche à embrasser le pouvoir d’évocation propre à la danse contemporaine. «Je me suis lancé le défi de ne pas m’abandonner aussi facilement à la théâtralité, j’ai voulu faire confiance au corps en premier», explique-t-elle.

Même si du texte émerge ultimement dans la pièce, ce n’est pas par son utilisation que la mise en contexte de la chorégraphie se fait. C’est plutôt en utilisant le langage sensible du mouvement que les danseurs mettent en place le sujet.

Animal triste de Mélanie Demers sera présenté au Centre Harbourtfront dans le cadre de la série Torque, qui met de l’avant le travail de femmes chorégraphes originaires de partout dans le monde. Pour Mélanie, c’est un honneur de présenter pour la première fois à Toronto ses réflexions sur le sort de l’humanité.

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