L’ex-mairesse de Bethléem veut encore croire à la paix

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Au gala torontois du 30 octobre: le Dr Michael Dan, l'ex-mairesse de Bethléem, Vera Baboun, la correspondante de CNN, Christiane Amanpour, le Dr Izzeldin Abuelaish, fondateur de la fondation Daughters for Life.
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«L’émancipation de la femme palestinienne est une cause qui me tient à coeur et que je vais toujours promouvoir. Mais quand le pays, la Palestine, reste opprimé, c’est une lutte qui est reléguée au second plan.»

C’est ce qu’explique à L’Express Vera Baboun, la première femme mairesse de Bethléem, en poste de 2012 à 2017, de passage à Toronto le 30 octobre pour y recevoir un prix de la fondation Daughters for Life, lors de son 6e gala annuel au Carlu.

Cet organisme, créé par un médecin-obstétricien palestinien, Izzeldin Abuelaish, qui a perdu ses trois filles dans un bombardement israélien en 2009, honorait Mme Baboun de son prix Trailblazer (pionnière), ainsi que la journaliste de CNN Christiane Amanpour pour sa carrière, et le neurochirurgien philanthrope Michael Dan pour son leadership.

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Au gala torontois du 30 octobre: l’ex-astronaute canadienne Roberta Bondar, l’ex-mairesse de Bethléem Vera Baboun, le Dr Izzeldin Abuelaish, fondateur de la fondation Daughters for Life.

Accès à l’eau

Intéressée à la politique municipale après le décès de son mari très impliqué dans les affaires de la région, Mme Baboun est aujourd’hui membre du Conseil national palestinien – «pas un vrai parlement parce que nous ne sommes pas encore un vrai pays» – et se dit fière du travail qu’elle a pu accomplir pour les citoyens de Bethléem malgré les contraintes israéliennes.

«Nous avons notamment beaucoup travaillé à améliorer l’accès à l’eau, en modernisant les canalisations, et nous avons pu faire adopter un plan d’urbanisation, ce qui n’avait pas été fait depuis 1958.» La grande région compte 210 000 personnes, dont 44 000 dans la ville de Bethléem.

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Les administrations locales doivent presque tout valider avec les autorités israéliennes et doivent composer avec la colonisation, c’est-à-dire l’implantation continue, un peu partout en Cisjordanie, de communautés juives protégées par Israël.

La paix s’éloigne

Ardente militante de «la solution à deux États», elle se dit imprégnée de la mission pacifiste de la ville natale de Jésus, située juste au sud de Jérusalem. Malheureusement, Mme Baboun estime qu’on s’éloigne de la paix et d’une fin honorable du conflit israélo-palestinien.

«On ne doit jamais perdre l’espoir», dit-elle pour la forme. Mais elle ne peut que constater, à Toronto par exemple, le désintérêt des Occidentaux pour la situation des Palestiniens. «Pourquoi le monde laisse-t-il faire?»

Au moins, souligne-t-elle, «des organisations comme Daughters for Life font un travail formidable pour l’éducation et l’autonomisation des filles et des femmes» dans les régions du monde en proie à la guerre. En Mme Baboun, la fondation a honoré un modèle de femme participant pleinement au développement de sa société.

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