L’Éthiopie, un pays à découvrir

Dossier d'archéologie, Janvier/Février 2017, Éditions Faton, 80 p. Église de Lalibela creusée dans le roc.


21 août 2017 à 14h07

On ne parle guère de l’Éthiopie actuellement, sans doute parce qu’il ne s’y passe rien de spécial. Les pays qui tiennent la vedette de l’actualité sont plutôt ceux frappés par des catastrophes, des révolutions, des attentats, des combats et autres événements retentissants.

Et pourtant, l’Éthiopie a une longue histoire et un riche patrimoine artistique qui mérite d’être vu ou au moins connu.

Et pour ce faire, le Dossier d’Archéologie que viennent de publier les éditions Faton, sous le titre «L’Éthiopie, un patrimoine exceptionnel», est d’une grande utilité. En 80 pages illustrées par un grand nombre de reproductions et de photographies, il nous permet de découvrir le patrimoine artistique et architectural de ce pays.

La corne de l’Afrique

L’Éthiopie est située dans la corne de l’Afrique. Pays enclavé, désormais sans accès à la mer, il a des frontières communes avec plusieurs États: Érythrée (autrefois province éthiopienne), Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Kenya, Djibouti.

Deuxième pays d’Afrique par sa population, presque 100 millions d’habitants, neuvième par sa superficie, il a pour capitale Addis-Abeba, 3 000 000 d’habitants, à 2 400 m d’altitude, reliée au reste du monde par la compagnie aérienne Ethiopian Airlines.

Une géographie spectaculaire et contrastée, indique la revue dès sa première page. «Inimaginable relief éthiopien, avec ses effondrements immenses, ses hauts plateaux affouillés de gorges abruptes et ses dépressions dessinant une mosaïque de régions disparates.»

La reine de Saba

Son histoire est aussi complexe que son paysage.

On retient peut-être quelque part dans notre mémoire le nom de la reine de Saba qui selon la légende biblique aurait rendu visite au roi Salomon, dont le royaume s’étendait sur les hauts plateaux du nord de l’Éthiopie.

Le nom du négus d’Abyssinie dit peut-être quelque chose. C’était le titre royal de cet empire portant l’ancien nom de l’Éthiopie.

Ou l’on peut songer à la seconde guerre italo-éthiopienne ou campagne d’Abyssinie, un conflit opposant l’Italie fasciste de Benito Mussolini à l’Empire d’Éthiopie de Hailé Sélassié Ier, du 3 octobre 1935 au 9 mai 1936. Le pays est devenu une colonie italienne jusqu’au 5 mai 1941.

Une centaine de langues

«L’Éthiopie pays aux histoires multiples» nous entraîne à travers les points marquants de cette histoire depuis ses origines, avec leurs répercussions. «L’alphabet éthiopien. Une origine discutée» peut, au passage, retenir l’attention.

Une centaine de langues sont parlées en Éthiopie. Certaines comptent moins de 10 000 locuteurs.

Depuis la Constitution de 1994, l’amharique a perdu son statut de langue officielle L’article 5-1 spécifie la reconnaissance par l’État d’un statut identique pour toutes les langues éthiopiennes. Cependant, l’article 5-2 accorde à l’amharique le statut de langue de travail du gouvernement fédéral.

En pratique, une majorité de la population parle cette langue comme langue maternelle ou langue seconde. L’amharique est une langue sémitique comme l’arable et l’hébreu.

Stèle d'Ezana, roi d'Aksoum (325-356), haute de 24 m, un des obélisques d'Aksoum.
Stèle d’Ezana, roi d’Aksoum (325-356), haute de 24 m, un des obélisques d’Aksoum.

Lalibela

Les articles suivants de la revue abordent directement le patrimoine artistique de l’Éthiopie, en n’oubliant pas qu’il s’agit d’un pays dans lequel différentes formes du christianisme tiennent une place importante, près de 64% de la population.

Un important ensemble patrimonial est constitué par «Les églises de Lalibela et le phénomène rupestre».

Lalibela est la ville sainte des chrétiens orthodoxes d’Éthiopie, une cité monastique de 20 000 habitants. Elle est célèbre pour ses onze églises monolithiques médiévales taillées et creusées à même le roc, dont la plus célèbre, Bete Giyorgis (Église Saint-Georges), remonte au treizième siècle. Située à 575 km d’Addis-Abeba, la ville est dotée d’un aéroport à 2 000 m d’altitude.

Aksoum

Aksoum, à près de 1 000 km au nord d’Addis-Abeba, est un autre centre religieux de l’Église éthiopienne orthodoxe de 50 000 habitants, ayant un aéroport. Elle possède un patrimoine archéologique inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980, car c’est un site exceptionnel.

Il comporte les grands stèles ou obélisques qui, selon les archéologues, marquent l’emplacement des tombeaux des souverains de l’empire aksoumite dont Aksoum était la capitale. Ils font partie des plus grands monolithes d’origine humaine. Le plus grand encore en place de nos jours mesure 24 m de haut.

Deux cents stèles et obélisques ont ainsi été mis au jour près de la ville d’Aksoum. Le plus grand, 33 m, est au sol, brisé. Au pied de ces monolithes, la dalle de Néfas Mucha «le lieu du vent» (poids estimé à 350 tonnes) est le plafond d’une salle souterraine, sans doute un tombeau.

Interdite aux femmes

S’y trouve aussi une chapelle, édifiée sous Fasilidas en 1662, restaurée sous Menelik, qui est interdite aux femmes.

Elle est décorée de peintures et renferme un trésor: couronnes impériales, vêtements royaux et religieux, croix et tambours. Dans une cache secrète dormirait l’Arche d’alliance qui contient les Tables de la Loi de Moïse.

On peut encore voir dans cette région l’église Sainte-Marie-de-Sion et le monastère avec une enceinte contenant des piliers et 12 sièges de pierre, ou la nécropole de Gudit, la stèle d’Ezana, le réservoir de May Shum, la stèle de la cité antique de May Hedja.

Bref, un patrimoine exceptionnel dans une revue exceptionnelle.

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