Les voix de Kalkeri: «Un autre monde est possible»

Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 21/11/2006 par Yann Buxeda

«Parce que l’art les éveille, leur donne une voie différente, et les outille dans leurs actions citoyennes de demain.» Basé sur cette philosophie de Mathieu Fortier, fondateur de l’organisme, le projet de Jeunes musiciens du monde à vu le jour, en 2001. Une aventure humaine contée par François Lemieux, à travers le film documentaire Les voix de Kalkeri.

C’est en Inde, dans le petit village de Kalkeri, à proximité de la ville de Dharwad, haut lieu de la musique classique indienne, que Mathieu, Agathe et Blaise Fortier, ont décidé de poser leurs valises il y a plus d’une dizaine d’années.

Un choix de vie que les Occidentaux sont de plus en plus nombreux à embrasser, désireux de découvrir d’autres cultures et de s’investir dans le déroulement de la vie locale. Et c’est à travers le projet Jeunes musiciens du monde (JMDM) que les trois compères ont assouvi leurs aspirations humanitaires.

Un projet lancé en 2001 qui aboutissait il y a trois ans à la création d’une école pour enfants issus de milieux défavorisés. Un établissement qui propose des cours classiques, mais également des initiations à la musique. L’histoire de JMDM, c’est celle que retrace Les voix de Kalkeri, du jeune réalisateur François Lemieux, qui signe ici son premier film documentaire.

C’est en décembre 2003 que le réalisateur québécois et son équipe se rendent à Mumbai, en Inde, pour la 4e édition du Forum social mondial. Lors de la couverture de l’événement, ils font la rencontre de Mathieu Fortier. Peu à peu, le projet prend forme, comme se souvient François: «Nous étions fraîchement diplômés et nous avons rencontré Mathieu. D’emblée, le sujet nous a paru passionnant. Nous sommes rentrés au Canada, et repartis ensuite pour l’Inde. C’était une décision importante, et nous savions que ce serait complexe, puisque nous n’avions que peu de matériel et de budget. 4 000 $, une caméra usagée empruntée à Radio-Canada, et un mixeur de location, c’etait un tiercé audacieux.»

Publicité

Et vu la complexité de l’entreprise, force est de constater que le grand saut s’est avéré être une réussite. Nominé pour le titre de meilleur espoir documentaire lors de l’édition 2006 des Rendez-vous du cinéma québécois, la pertinence du film Les voix de Kalkeri a été unanimement saluée par la critique.

Alternant judicieusement entre les prises de vue touchantes et amusantes, l’histoire contée ne souffre d’aucun temps mort, et l’on se prend d’affection pour le projet JMDM.

Un sentiment que souhaitait provoquer François Lemieux: «Par ce film, nous voulions informer mais aussi sensibiliser l’assistance. Le film est projeté depuis un an, et apparemment, certaines personnes ont par la suite contacté JMDM pour se proposer en tant que bénévoles. C’est à mon sens la plus belle réussite du film, celle de donner envie aux gens de voyager, de leur faire prendre conscience qu’un autre monde est possible.»

Un slogan emprunté aux groupes altermondialistes, qui dénote bien l’esprit dans lequel a été créé Gadjo Dilo Films, la boîte de production initiée en même temps que le documentaire par l’équipe de tournage. D’autres projets du même acabit sont même évoqués par les cinq collaborateurs, qui envisagent de porter leurs caméras et micros au Mali, en Asie et éventuellement au Mexique.

Mais pour le moment, l’heure est à la promotion du documentaire Les voix de Kalkeri, et François Lemieux se réjouit de l’accueil du public: «Partout où nous allons, nous recevons des échos positifs. Nous allons maintenant visiter plusieurs villes à travers le Canada, et nous verrons la réaction des francophones locaux mais aussi des anglophones.»

Publicité

Le film sera justement projeté à Toronto le samedi 25 novembre à 19h dans les locaux de l’ONF, rue John.

Auteur

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur