Les «tatoueurs tatoués» du Quai Branly au ROM

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Le Musée Royal de l’Ontario va régaler Toronto, scène particulièrement dynamique en matière de tatouages, avec sa nouvelle l’exposition Tatoueurs, tatoués inaugurée la semaine dernière et qui se terminera le 5 septembre.

Retraçant l’histoire et le renouveau de l’art corporel, cette exposition rassemble plus de 200 photos et outils, de même que des modèles en silicone tatoués par 33 artistes de renom.
Il s’agit d’une reprise de l’exposition française du Musée du Quai Branly, à Paris, qui a été initiée par son président Stéphane Martin.

Exposée pendant deux ans entre 2014 et 2015, elle fut un incontestable succès. C’est à Toronto qu’elle commence sa tournée internationale. En septembre, elle s’en ira à Chicago.

«Je voulais faire depuis longtemps une exposition sur le tatouage, car c’est un sujet à la mode», raconte Stéphane Martin à L’Express.

«Je voulais une exposition qui s’adressait à la jeunesse d’aujourd’hui, qui, dans plus de 60% des cas au moins, a un petit tatouage sur le corps. C’est quelque chose qui fait maintenant partie de la vie quotidienne.»

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Pour monter cette exposition qui s’attaque à une approche inédite, Stéphane Martin a requis l’expertise d’Anne et Julien, les deux créateurs et rédacteurs en chef de la revue bilingue HEY! Modern Art & Pop Culture qui se focalise sur les cultures alternatives.

«Je pense que si cette exposition a si bien marché en France, c’est grâce à cet angle d’attaque très différent que si l’exposition avait été faite par un anthropologue», ajoute le directeur du Quai Branly.

Le duo a su réunir, par l’intermédiaire d’un important réseau de connaissances, les œuvres des plus importants tatoueurs. Ils sont également les auteurs du catalogue et de l’affichage de l’exposition.

Le tatouage existe depuis 5000 ans.

Très longtemps caractéristique de pratiques culturelles (mariage, rite de passage…), le tatouage était nécessaire pour s’intégrer dans un groupe, une tribu ou un gang en prison.

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«Il y a un renversement complet entre le groupe et, aujourd’hui, l’individu qui prime. Le tatouage est devenu un choix personnel et a une signification individuelle», développe Stéphane Martin. «Le message est qu’il faut prendre cela avec décontraction, car c’est un sujet universel, qui est en réalité très différent selon les régions du monde. Il n’existe plus vraiment de tatouage traditionnel. De même, la technique du tatouage a évolué, car maintenant l’aspect esthétique est essentiel.»

L’exposition au ROM est deux fois plus petite que celle de Paris en raison de l’espace et de la fragilité des objets exposés. Si elle suit la même approche, «les textes ont été un petit peu changés pour le public torontois», nous précise Kenneth Lister, anthropologiste et l’un des commissaires.

D’autre part, une série d’événements est organisée pour compléter l’exposition, comme la table ronde bilingue sur le tatouage d’hier et d’aujourd’hui, L’art de l’encre, organisée ce mardi 5 avril à 19h par Ann Webb, la directrice de la Culture contemporaine au ROM.

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