Les oiseaux d’Éric Tardif migrent
à Cabbagetown

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Publié 15/09/2009 par Vincent Muller

Le festival d’art et d’artisanat de Cabbagetown a lieu depuis plus de 20 ans chaque deuxième fin de semaine de septembre dans le parc Riverdale Ouest, au beau milieu de cet ancien quartier ouvrier devenu quartier historique. Parmi plus de 150 exposants, plusieurs Québécois dont le sculpteur Éric Tardif qui a fait le déplacement avec toute son oisellerie.

Éric Tardif crée essentiellement des oiseaux en travaillant le bois. Des oiseaux en bois… cela peut paraître peu original. C’est en fait la façon dont ce sculpteur travaille son matériau de prédilection qui fait toute la beauté et l’originalité de ses sculptures.

D’ailleurs il le précise: «Les sculptures d’oiseaux qu’on voit dans les galeries d’art, je trouvais qu’elles étaient trop réalistes. J’ai voulu réinventer, faire des objets différents de ce qui existait déjà». Et cela semble fonctionner puisque l’artiste vit de ses sculptures depuis 1996.

Cela fait donc plus de 10 ans qu’il manie, ou plus exactement qu’il plie le bois, puisque c’est le procédé qu’il utilise pour créer ses oiseaux stylisés. Donnez-lui un vulgaire madrier, il en fera un oiseau à la silhouette élancée, composé de fines lamelles de bois de noyer et de cerisier.

Ceci n’est pas de la magie, mais bien le résultat d’un long procédé qu’il maîtrise parfaitement. Le madrier doit avant tout être coupé en lamelles qui sont ensuite passées à la vapeur afin que le bois se ramollisse. Le bois étant humide et chaud, il peut à présent être plié selon la volonté du sculpteur qui le place ensuite dans des gabarits permettant de maintenir la nouvelle forme de ces lamelles de bois jusqu’à ce qu’elles sèchent et durcissent. «Il y a en tout 15 étapes de travail pour une sculpture», explique l’artiste.

Cela nécessite non seulement un matériel assez imposant, vu la taille de certaines sculptures qui dépassent parfois deux mètres de haut, mais aussi du temps puisque Éric Tardif met environ 50 heures pour créer les sculptures les plus grandes et 10 heures pour les petites.

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Son inspiration lui vient de l’emploi de guide à la réserve d’oies blanches du Cap Tourmente, à côté de la ville de Québec, qu’il a occupé avant de se lancer dans la sculpture. Déjà intéressé par le travail du bois qu’il a découvert en créant des cadres pour ses photos, il a suivi un an de cours intensifs dans une école de sculpture. Travaillant de nombreux matériaux tels que la pierre, le papier mâché, l’argile, le métal ou le bois, sa préférence pour ce dernier a demeuré.

À l’issue de cette formation, il a obtenu une aide gouvernementale au travail indépendant qui lui a permis d’acquérir du matériel et de se consacrer à ses premières sculptures.

Aujourd’hui l’artiste va d’exposition en exposition, certaines de ses œuvres sont exposées dans des galeries et il commence également à travailler sur commande.

À Toronto, les oiseaux d’Éric Tardif sont exposés au Guild Shop, dans le quartier Yorkville.

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