Les oiseaux et nous

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Qui imaginerait un monde sans les oiseaux? De toutes tailles, de toutes couleurs, aux cris stridents comme aux chants mélodieux, ils peuplent notre univers, souvent avec ravissement, et nous laissent rarement indifférents. Sans parler de leur rôle dans les écosystèmes, dont on ne prend pas toujours conscience.

Malgré tous les attraits que ces charmants volatils peuvent présenter – à l’exception peut-être de certaines espèces – la protection des oiseaux n’a pas fait partie des préoccupations des humains pendant des siècles. C’est leur intérêt qui était plutôt au premier plan: source alimentaire, viande ou œufs, oiseaux d’élevage pour ces mêmes raisons, animaux de compagnie, collecte de plumes de certaines espèces, par exemple.

La cohabitation des humains et des oiseaux a donc connu, au fil du temps, son lot «d’heurs et de malheurs».

C’est à retracer cette histoire que s’est consacrée Valérie Chansigaud, une historienne scientifique qui nous donne un livre unique en son genre: Des hommes et des oiseaux: une histoire de la protection des oiseaux, Delachaux et Niestlé, 22×26 cm, 224 p.

Unique puisqu’aucun autre ne semble exister, qui ne peut qu’intéresser tous les ornithologues et les ornithophiles, heureusement de plus en plus nombreux, au bénéfice des oiseaux.

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L’ouvrage

On pourrait presque parler d’un livre d’art, tant sont nombreuses les illustrations en noir et banc ou en couleur, qui fleurissent à chaque page, exposant parfois la triste réalité des pièges, des captures ou des oiseaux morts.

Mais cette historienne de l’environnement étudie depuis longtemps notre relation avec la nature et notamment les rapports entre les êtres humains et les animaux, une relation qui présente aussi un visage sombre.

Le livre compte sept parties distinctes, bien identifiées, ce qui en facilite la consultation. Il comporte un index et une chronologie originale, illustrée et détaillée, pour repérer et situer les événements essentiels qui marquent la protection des oiseaux (p. 218-223).

Les oiseaux disparaissent

C’est avec ce chapitre que s’ouvre l’étude de ce livre. Il évoque la prise de conscience de la disparition de certaines espèces et de la raréfaction générale des oiseaux. Cette prise de conscience ne se manifeste qu’au XIXe siècle, lorsque des scientifiques constatent que des espèces ont complètement disparu du fait des humains.

La constatation de quelques disparitions célèbres a provoqué cette réaction. Autour de l’Atlantique Nord, y compris au Canada, vivait le Grand Pingouin depuis des milliers d’années. L’arrivée des Européens a mis fin à ses jours, le dernier a été tué en Islande en 1844. C’était un grand oiseau qui ne volait pas (75 à 85 cm, de 5 à 7 kg, excellent plongeur, à ne pas le confondre avec les manchots de l’hémisphère sud, souvent appelés pingouins en France, par confusion avec l’anglais).

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Autres géants

À l’île Maurice, autrefois l’île de France, dans l’océan Indien, c’est celle du dodo qui est constatée. C’était un grand oiseau endémique à cette île, d’environ un mètre de haut et d’une dizaine de kilos. Mais incapable de voler, il n’a pas survécu à l’arrivée des humains.

Et en Nouvelle-Zélande, disparaissent le moa, un très gros oiseau pouvant atteindre 3 m de haut, et avec lui son seul prédateur, l’aigle d’Haast, un aigle géant ayant jusqu’à 2,6 m d’envergure. Et nombre d’espèces moins spectaculaires ailleurs dans le monde.

Répercussions

La recherche des coupables et l’organisation par les citoyens de la protection des oiseaux résultent logiquement de la constatation précédente, comme deux chapitres du livre l’expliquent. La chasse inconsidérée et les concours d’abattage d’oiseaux, la collecte des œufs ou celle des pluies pour orner les chapeaux de ces dames font, au fil du temps, partie des coupables.

Mais en contrepartie, on assiste aux premières créations de sociétés de protection des oiseaux et de leurs activités: pédagogie, articles, illustrations, nichoirs, reportages photographiques, «le choc des photos».

En Amérique du Nord, la Société nationale Audubon (ou National Audubon Society) se distingue particulièrement. Fondée en 1905 aux États-Unis, elle porte le nom du grand ornithologue Audubon (1785-1851) qui s’est beaucoup occupé des oiseaux.

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La Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs signée en 1917 entre les États-Unis et le Royaume-Uni (pour le Canada) sera suivie au Canada de plusieurs lois plus récentes comme la Loi sur les espèces sauvages du Canada (1973), le Protocole de Parkville (1995), la Loi sur les espèces en péril (2002) et de nombreux règlements.

Pourquoi protéger les oiseaux

Ce chapitre clôt l’ouvrage qui a passé en revue d’autres questions concernant la science, l’entente internationale ou la modernité. De multiples raisons interviennent, rationnelles, émotionnelles, artistiques, utilitaires. On en prendra connaissance avec ce rapport sur «Les oiseaux à l’échelle de l’Homme».

Chacun peut participer à la conservation de nos oiseaux en devenant membre bénévole d’Études Oiseaux Canada (Internet), organisation nationale de bienfaisance, et en coopérant, par exemple, au Recensement des oiseaux de Noël. Une petite contribution parmi d’autres, mais tout aussi importante.

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