Les meilleures façons de tuer la francophonie ontarienne

Un groupe élabore des moyens de désintéresser les gens à la politique de l'Ontario français au récent congrès de l'AFO.
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Ne pas faire de la place aux jeunes, aux immigrants et aux francophiles est un bon moyen de ne pas intéresser les gens à la politique de la francophonie de l’Ontario.

On peut aussi passer à l’anglais, par gentillesse ou politesse, dans les conversations de groupe ou aux comptoirs gouvernementaux.

Ou bien sûr proclamer l’évidence que les francophones ne font pas la différence dans notre société majoritairement anglophone.

Ce sont là quelques pratiques certaines d’«anéantir l’Ontario français» recensées par le Centre régional de recherche et d’intervention en développement économique et communautaire (CRRIDEC) et le Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) dans un rapport «sur les façons de désintéresser les francophones à leur propre réalité et sur les solutions à envisager afin de répondre aux différents enjeux qui les concernent».

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Le désintérêt a un prix

Ces idées ont été proposées lors d’une activité du récent Congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) à Richmond Hill, à laquelle ont participé des représentants d’une trentaine d’organisations.

L’idée était de «déstabiliser les participants afin d’extraire des pistes d’amélioration pour l’engagement politique en Ontario francophone de façon créative».

Selon Dènik Dorval, agent de développement au CCO, «le désintérêt des gens pour les enjeux politiques de la population francophone a un prix. Pour ne pas être en mode survie, mais plutôt en mode prospérité, il faut agir et s’impliquer.»

Les auteurs du rapport: Anthony Miron et Isabelle Chouinard-Roy (CRRIDEC), Dènik Dorval (CCO).

Tout le monde en parle ne parle pas de tout le monde

L’atelier a été développé en réaction aux récents commentaires de Denise Bombardier à l’émission radio-canadienne Tout le monde en parle et à la réponse du mouvement #RéveilTLMEP, en s’inspirant de l’ouvrage 13 Ways to Kill Your Community de Doug Griffith, un ancien député albertain.

«Le rapport identifie des actions concrètes pour les personnes ou les organismes qui souhaitent favoriser la sécurité linguistique en Ontario», indique Isabelle Chouinard-Roy, coordonnatrice à la recherche au CRRIDEC.

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«Bien que l’ironie et le sarcasme aient été utilisés pour identifier les obstacles à l’émancipation de la communauté franco-ontarienne, il n’en demeure pas moins que les problématiques sont sérieuses et hélas bien réelles.»

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, a commenté les propos de Denise Bombardier au congrès de l’AFO.

Les 10 façons

Les 10 façons de ne pas intéresser les gens à la politique de la francophonie ontarienne:

1 – Ne pas faire de place aux jeunes, aux immigrants et aux francophiles.

2 – S’assurer que les médias ne parlent pas des francophones.

3 – Tenir pour acquis les services en français.

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4 – Ignorer l’insécurité linguistique.

5 – Plier à la langue anglaise par gentillesse et politesse.

6 – Proclamer que les francophones ne font pas la différence.

7 – Ignorer la mosaïque de la culture franco-ontarienne.

8 – Utiliser des statistiques dévalorisant les francophones.

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9 – Affirmer que les francophones sont fatigués de se battre.

10 – S’enfermer sur des idées et ne pas innover.

Pistes d’améliorations

Parmi la cinquantaine de pistes d’améliorations suggérées, mentionnons:

Faire confiance à la jeunesse et se laisser surprendre.

Approcher les francophiles dans les écoles d’immersion.

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Encourager les gens à consommer les médias francophones.

Servir d’exemple, en tant que parents, en exigeant des services en français.

Miser sur le contenu au lieu de miser sur les fautes de français.

Encourager les entreprises et les organismes francophones.

Impliquer les francophones et les francophiles dans le processus démocratique.

Encourager la diversité et l’inclusion au sein des équipes et des conseils d’administration.

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