Les Prix de la francophonie de l’Ontario

La réussite professionnelle mise de l'avant

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Les tout premiers Prix de la francophonie de l’Ontario ont enfin des récipiendaires officiels. Quatre lauréats qui se sont illustrés dans des domaines aussi divers que l’éducation, l’économie ou la santé. Le 20 novembre dernier, ils se sont vus officiellement signifier leur importance pour la vitalité de la francophonie ontarienne par le Premier ministre Dalton McGuinty.

«Nous devons tellement de notre succès en Ontario aux contributions des francophones […]. L’anniversaire de la Loi sur les services en français est une belle occasion de célébrer tout ce que nous avons accompli ensemble en Ontario.» Les quelques mots du Premier ministre Dalton McGuinty n’ont assurément pas manqué d’interpeller les fervents défenseurs de la francophonie ontarienne.

En cette période du 20e anniversaire de la Loi sur les services en français, les hommages et discours abondent, mais celui du premier homme de la province s’est avéré une mise en bouche fort appréciable avant l’annonce des premiers récipiendaires des Prix de la francophonie de l’Ontario.

Des récompenses initiées le 20 mars dernier sous l’impulsion de la ministre déléguée aux Affaires francophones Madeleine Meilleur, et qui ont suscité de nombreuses candidatures aux quatre coins de la province, comme le souligne Charles-Jean Sucsan, responsable des communications auprès de l’Office des Affaires francophones de l’Ontario.

«Nous avons reçu une cinquantaine de candidatures, ce qui est un gros succès. Le ministère des Affaires civiques et de l’immigration de l’Ontario, qui gère la remise de prix en Ontario, nous a signalé que rarement les candidatures pour une première édition ont atteint un tel chiffre.»

Chaque proposition envoyée entre le 16 mai et le 30 juin 2006 a été minutieusement étudiée par un jury composé de cinq représentants des institutions francophones ontariennes. Et quatre noms sont finalement ressortis: Caroline Andrew, professeure titulaire à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, Gérald Savoie, président-directeur général de l’hôpital Montfort, Raymond Tremblay, recteur de l’Université de Haerst, et Annie Dell, directrice régionale du Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario (RDÉE) pour la région du Centre-Sud-Ouest.

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Une sélection saluée par une bonne partie des organismes francophones, à commencer par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), dont la présidente, Mariette Carrier-Fraser, a souligné le choix de «vrais bâtisseurs, acteurs de la construction d’une communauté francophone dynamique». Petit bémol néanmoins, puisque l’on peut constater que parmi les personnes distinguées, aucune ne l’a été pour le bienfait d’actions bénévoles.

À travers ces premiers Prix de la francophonie de l’Ontario, il aura essentiellement été question de mettre en avant des succès professionnels. Un constat qui ne remet néanmoins pas en cause la qualité de l’action des personnes honorées, qui prennent particulièrement à coeur cette distinction, à l’image de la Torontoise Annie Dell: «Je suis contente d’avoir reçu ce prix, parce qu’il représente énormément pour moi. Ma candidature a été appuyée par bon nombre de personnes issues de tous les visages de la francophonie ontarienne, et cela me touche énormément. Le fait que je sois canadienne d’adoption est particulièrement significatif.»

Malgré tout, force est de constater que cette sélection ne laisse pas de place à certaines personnes qui oeuvrent pour la francophonie dans un cadre purement bénévole. Même bilan dès lors que l’on évoque l’absence de personnes issues des minorités raciales et ethnoculturelles francophones (MREF), qui n’est pas sans rappeler «l’oubli» constaté dans la désignation des 100 personnes modèles pour les francophones de l’Ontario.

Mais selon l’organisation du Prix, la question n’a pas lieu de se poser: «Notre jury n’a pas choisi les lauréats en fonction d’un quelconque attribut physique ou d’un appartenance ethnique ou religieuse. Les quatre personnes honorées l’ont été parce qu’elles le méritaient selon le jury, et le débat n’a pas lieu d’être à ce niveau. Tout comme il ne doit pas y avoir de discrimination négative, il ne doit pas y avoir de discrimination positive lors des choix.»

Une forme de quota implicite serait effectivement un choix plus que contestable. Dans l’attente de modifications éventuelles, les Prix de la francophonie sont une intention gouvernementale particulièrement louable, et qui méritent d’être salués par l’ensemble de la francophonie ontarienne.

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