Correspondance familiale en pleine guerre

Les lettres de ma mère aux Hot Docs

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Serge Giguère en plein tournage.
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Les lettres de ma mère est un plongeon cinématographique très intime dans l’encre de la mère de Serge Giguère, qui écrivait des lettres à son grand frère Henry entre 1940 et 1950. C’est un nouveau documentaire très personnel et familial que nous propose le réalisateur qui sera projeté à l’édition 2018 des Hot Docs, le 2, 4 et 5 mai.

Serge Giguère a pris connaissance de cet échange épistolaire en 2006. «Je ne savais pas que les lettres existaient avant ça. Mon frère aîné les avait conservés, on les a lus et on a ri», se remémore-t-il.

Extrait du documentaire «Les lettres de ma mère»

Une autre vision de la guerre

Les lettres de ma mère, c’est la retranscription filmée de cette correspondance émouvante, qui se limite au cocon familial, dans l’époque brutale de la Seconde Guerre mondiale et quelques années après.

Le but ici n’est pas de s’enfoncer dans la nostalgie, mais plutôt de donner un aperçu de la vie d’une grande famille francophone catholique de la classe ouvrière, dont Serge est le quinzième enfant sur seize.

Sans tomber dans le pathos, le réalisateur dévoile cette intimité passée. Par exemple, les sacrifices que ses frères et sœurs ont dû faire quand la guerre a pris le pas sur leurs ambitions.

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Il a rassemblé tous ces moments avec «un couteau à découper». Tranchant finement chaque photo ancienne, lettre, trace de son enfance. Une manière pour lui de révéler comment il avait été construit par ce cadre familial.

Un film biographique

Tout ce processus lui a permis de renouer des liens avec ses frères et sœurs qui ont témoigné dans le documentaire, mais aussi de revoir sa mère via le prisme créatif.

C’est finalement une oeuvre très personnelle qui en résulte. Serge Giguère livre ici son histoire familiale et son enfance dans son premier film en noir et blanc.

Par le biais d’une scénographie alternant les témoignages, les photos et les ombres chinoises de sa mère, dont la narration est assurée par Muriel Dutil, l’auteur se dévoile en toute transparence et avec une bonne dose de naturel.

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La fratrie de Serge Giguère.

C’était d’ailleurs l’une de ses peurs. «Des fois, je trouvais que j’étais difficile à gommer au niveau du dosage, car c’est un film très personnel, peut-être trop, mais le Québec l’a bien reçu.»

Le défi reste maintenant de conquérir le public ontarien aux Hot Docs. Après cette présentation, Serge Giguère, bientôt âgé de 72 ans, prendra un peu de temps pour lui dans sa région natale.

Il compte aussi s’occuper du montage de trois films qu’un de ses amis a laissé derrière lui après sa mort. Une manière de lui rendre hommage, mais aussi de s’engager encore dans une autre aventure nostalgique.

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