Raphaël, le peintre de l’harmonie et de la grâce

Raphaël, Éditions Taschen, relié, 21 x 26 cm, 2016, 96 p. La jaquette reproduit La Madone de Saint-Sixte (détail), 1512, huile sur toile, 269,5 x 201 cm, conservée à la Gemäldegalerie de Dresde, en Allemagne.
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Raphaël : ce nom dit généralement quelque chose, peut-être par assimilation avec l’auteur-compositeur-interprète français de ce nom, à moins que ce ne soit avec l’archange, dont le nom signifie «Dieu guérit», de la religion catholique, ou de son rôle différent dans l’Islam.

Mais c’est Raffaello Sanzio, bien connu sous le nom de Raphaël, qui nous intéresse aujourd’hui. Et il faut reconnaître que ce «peintre génial» ou ce «génie de la peinture», pour reprendre des expressions que l’on peut lire ici ou là à son sujet, nous est assez mal connu.

Ce qui s’explique. Les expositions consacrées à ce grand maître italien de la Renaissance sont rares, même en Europe. Et pour faire connaître cet artiste célèbre, un journal de Montréal a ouvert ses colonnes à une rare exposition présentée au musée parisien du Louvre en 2013, faute d’événements canadiens de cet ordre.

Le livre que viennent de lui consacrer les éditions Taschen, sous le simple titre Raphaël, est donc le bienvenu, puisqu’il nous permet de prendre connaissance de l’essentiel de la vie et des œuvres, bien illustrées, de cet artiste florentino-romain

Un art nouveau

«Mais quel merveilleux jeune homme a été celui-là… Quelle force en Rafaël, quelle facilité, quelle abondance miraculeuse: jamais puissance ne fut plus naturelle. Cette petite tête si bien faite comprend à peu près tout du premier coup. Il n’invente rien; il s’approprie presque toutes les découvertes des autres. La profondeur seule lui échappe.»

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Ainsi s’exprimait l’écrivain français André Suarès (1868-1948), inhumé aux Baux-de-Provence, dans son ouvrage majeur publié après ses voyages en Italie sou le tire Voyage du Condottière. Car il est vrai que Raphaël semble bien dépasser les normes de son époque et susciter un art nouveau.

«On a longtemps considéré (Raphaël) comme le plus grand peintre qui ait jamais existé, et on le tient toujours pour l’artiste en qui la peinture aura trouvé son expression achevée. Ce mythe de Raphaël apparaît du vivant de l’artiste, et sa mort prématurée mettant fin brutalement à une activité marquée par la précocité, lui donne une singulière ampleur.»

D’Urbino à Pérouse

Curieusement, Raphaël né à Urbino un 6 avril 1483 est décédé un 6 avril à Rome en 1520. Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, c’est l’influence familiale qui l’a orienté vers le domaine artistique. Son père est peintre et poète officiel de la cour du duc d’Urbino.

On connaît assez mal sa formation après la mort de ses parents, en 1491 sa mère, et en 1494 son père. En 1500, on le retrouve chez Le Pérugin à Pérouse donc, où il n’est plus considéré comme un apprenti. Le Pérugin l’influence tellement que l’on a parois du mal à distinguer un tableau de l’un d’un tableau de l’autre.

En 1500, en tant que «maître peintre» il reçoit commande du retable «Le Couronnement du bienheureux Nicolas de Tolentino», pour l’église sant’Agostino de Città di Castello. Raphaël, qui n’est plus disciple d’un autre maître mais maître lui-même. a le droit d’avoir un atelier, des aides et des élèves. À ce titre, il reprend l’atelier de son père à Urbino.

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À Florence

À 21 ans, il part pour Florence où il va séjourner pendant quatre ans. Il bénéficie de la présence de Michel-Ange et de Léonard de Vinci dont il étudie les méthodes et qui, par leur influence, complètent sa formation.

Il réalise une série de Vierges et de Madones: La Madone à la prairie (1506), La Vierge au chardonneret (1507), La Belle Jardinière (1507) et aussi La Dame à la Licorne (1505-1506).

Sur les conseils de l’architecte et peintre des États pontificaux Bramante (1444-1514), il est appelé à Rome par le pape Jules II et il quitte Florence en 1508. C’est ainsi que débute la troisième partie de sa vie, la période romaine.

À Rome

Au Vatican, Raphaël est chargé de la décoration des salles du palais de Jules II — que l’on nomme maintenant Chambres de Raphaël — que celui-ci projette d’habiter. Jules II meurt en 1515. Son successeur Léon X confie davantage de responsabilités à Raphaël. En 1514, le nouveau pape le charge de s’occuper de la basilique Saint-Pierre encore en chantier, après le décès de Bramante . Il lui demande aussi de diriger les fouilles d’antiquités à Rome.

Une intense activité caractérise cette dernière période de sa vie, mais la malaria et ses multiples crises de fièvre ont raison de sa santé fragile. Il meurt à Rome le 6 avril 1520, à 37 ans seulement.

«Quand Raphaël mourut, la peinture disparut avec lui. Quand il ferma les yeux, elle devint aveugle», écrit en 1550 le peintre et historien Vasari. Dans la chambre mortuaire, on a placé le tableau auquel Raphaël travaillait depuis des années et qu’il avait pratiquement achevé, La Transfiguration, grande peinture de plus de 4 mètres de haut, (1517-1520), qui est un résumé de toute son œuvre.

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