Les femmes et les Autochtones à l’honneur aux Hot Docs

234 documentaires de 56 pays

Brett Hendrie, directeur général de Hot Docs, et Chris McDonald, le président du festival.
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La démocratie, l’environnement, les inégalités de toutes sortes, les nouvelles technologies, et notamment l’intelligence artificielle… Comme chaque année, les Hot Docs s’attaquent à des sujets sérieux, et parfois controversés.

Pour cette nouvelle édition du festival torontois, du 25 avril au 5 mai, deux thèmes semblent se démarquer des 234 documentaires provenant de 56 pays: les questions autochtones et la place de la femme, devant et derrière la caméra.

«Persister»: une nouvelle catégorie pour les femmes

Faisant suite au programme «Briseuses de silence» de l’an dernier, au sujet de femmes qui combattent l’injustice, une nouvelle catégorie «Persister» met à l’honneur l’histoire, parfois bouleversante, de certaines d’entre elles. Dix documentaires ont été sélectionnés dans cette rubrique.

Néanmoins, les femmes sont aussi à l’honneur dans d’autres programmes qui ne leur sont pas spécifiquement dédiés.

Daughter Tree de Rama Rau, dans la catégorie «Films canadiens», relate le parcours de Neelam Bala, une Indienne déterminée qui tente de sauver les fœtus de sexe féminin, dans un pays où les naissances de filles sont dépréciées et souvent empêchées. L’histoire s’inspire également d’un village, The Daughter Tree, dans lequel les venues au monde des filles sont perçues comme une bénédiction.

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«C’est un des documentaires les plus attendus de cette édition», confie à L’Express Aisha Jamal, programmatrice des films canadiens des Hot Docs depuis 4 ans, mais aussi réalisatrice.

Aisha Jamal, réalisatrice du documentaire A Kandahar Away, inspiré de l’histoire de sa propre famille d’origine afghane.

En effet, les femmes ne sont plus seulement devant la caméra. Avec 54% de réalisatrices, les Hots Docs battent de nouveaux records en termes de parité.

La défense des Autochtones au cœur des controverses

«Les histoires les plus difficiles à raconter sont celles que nous avons le plus besoin d’entendre.» Voici comment est présenté le documentaire qui ouvrira le festival, nîpawistamâsowin: We Will Stand Up de Tasha Hubbard.

Tasha Hubbard, réalisatrice de Nîpawistamâsowin: We Will Stand Up, s’est exprimée sur la nécessité de mettre en lumière les injustices de notre société.

Dans ce long-métrage, la réalisatrice suit le combat de la famille Boushie, appartenant à la communauté Cree, en quête de justice pour leur fils assassiné, Colten, en 2016.

Alors que le fermier Gerald Stanley avait été acquitté, cette histoire avait fait grand bruit au Canada, faisant écho avec la longue histoire de persécution des premières nations.

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«J’aimerais ne plus avoir à faire des documentaires sur ces sujets-là», se lamente Tasha Hubbard.

There Are No Fakes de Jamie Kastner, qui traite également des questions autochtones, reste néanmoins le documentaire le plus controversé de la programmation. Ce long-métrage aborde l’héritage du célèbre peintre anishinaabe Norval Morrisseau, noirci par des révélations sur l’origine de ses œuvres, et de possibles contrefaçons.

«C’est un sujet délicat, et de plus, le réalisateur n’est pas autochtone», nous explique Aisha Jamal.

Quelques réalisateurs francophones, mais peu de films en français

Sur onze films, en partie réalisés ou produits par des Français, seul un sera diffusé dans la langue de Molière: Lourdes d’Alban Teurlai et Thierry Demaizière.

Néanmoins, cinq films belges francophones sont présentés pour cette 26e édition des Hot Docs.

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De plus, de nombreux réalisateurs et réalisatrices québécois participent au festival dans la catégorie des «Films canadiens». Mais là encore, la langue de Shakespeare l’emporte.

Parmi eux, on retrouve Laurence Mathieu-Léger. Cette productrice et réalisatrice est à l’origine du documentaire Willie, qui retrace l’incroyable histoire de Willie O’Ree, le premier joueur noir dans la Ligue nationale de hockey.

Laurence Mathieu-Léger, réalisatrice et co-productrice du documentaire « Willie ».

C’est le premier long-métrage de cette ancienne journaliste, qui réalise des documentaires depuis environ 10 ans.

Dans un tout autre répertoire, L’Express a rencontré Stanley Tenenbaum, réalisatrice de Pipe Dreams. Sélectionnée pour la deuxième fois aux Hot Docs, elle s’intéresse ici aux compétitions d’orgues.

«J’ai assisté à des épreuves il y a quelques années, et j’ai été impressionnée. Ils jouaient avec leurs pieds et leurs mains sur quatre claviers. C’était époustouflant», révèle la réalisatrice québécoise, qui s’est intéressée à de très jeunes musiciens pratiquant paradoxalement un instrument passé de mode.

Stacey Tenenbaum, réalisatrice et productrice de Pipe Dreams.

Si les membres peuvent dès maintenant acquérir des places, les billets seront accessibles à la vente au public à partir de ce mardi 26 mars.

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