Les Débats internationaux de Glendon: vive les femmes dirigeantes!

Conférence Glendon femmes et leadership
La conférence de Glendon était animée par Minelle Mahtani (en haut à gauche). Elle est notamment titulaire de la chaire Brenda et David McLean d’études canadiennes à l’Université de la Colombie-Britannique. Avec Christine Boyle, Kathleen Wynne, Paulette Senior, Dawn Lavell-Harvaed, Kristin Blakely.
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Plus que jamais, nous avons besoin de femmes dirigeantes. Pourtant, elles sont sous représentées dans les postes de niveau supérieur.

C’était le thème de la conférence du 15 février dernier, organisée par l’École d’Affaires publiques et internationales de Glendon (EAPI) et le Centre de recherches féministes de l’Université York.

L’évènement s’inscrivait dans les Débats internationaux de Glendon, le campus bilingue de York. Les cinq invitées de l’évènement ont partagé leurs expériences de dirigeantes dans les secteurs public et privé.

Elles ont évoqué leurs défis, mais aussi leurs stratégies pour faire progresser les droits des femmes au Canada.

Conférence Glendon femmes et leadership
Les participantes ont livré leur expérience. Minelle Mathani, Christine Boyle, Kathleen Wynne, Paulette Senior.

Diriger les plus grands organismes du pays

Paulette Senior est la présidente de la Fondation canadienne des femmes. Elle est l’une des dirigeantes les plus réputées et respectées du secteur féminin au Canada. Pour elle, il reste encore de nombreux défis dans l’avancement du leadership des femmes, notamment dans son secteur.

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«Dans notre fondation, nous savons à quel point le genre est crucial dans le façonnement d’un modèle économique», explique Paulette Senior.

Conférence Glendon femmes et leadership
Paulette Senior.

«Alors nous travaillons surtout avec des femmes racisées et immigrées. Ces femmes sont souvent perçues comme inférieures. On veut leur montrer qu’elles sont aussi capables que les autres.»

Dr Dawn Lavell-Harvard est une membre de la Première Nation Wikwemikong. Elle dirige la First Peoples House of Learning à l’Université Trent depuis 2016. Elle raconte son ascension en tant que première présidente de l’organisation: «Les membres ont cru en ma capacité de leadership.»

«Chez nous, les traditions sont à tendance matriarcales. L’idée que la femme était moins capable que l’homme a été amenée sur le territoire par d’autres communautés», explique Dawn Lavell-Harvard.

Conférence Glendon femmes et leadership
Dawn Lavell-Harvard.

En politique, elles brisent les obstacles

La troisième invitée de la conférence est l’ancienne première ministre de l’Ontario Kathleen Wynne. «Je me vois comme une lutteuse au gouvernement», plaisante-t-elle.

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Elle sait qu’elle n’est pas arrivée à son poste sans bousculer des traditions. «Grâce à ma persistance, j’ai fini par pouvoir accéder à des postes qui me permettait d’avoir une voix, de participer aux décisions.»

PLO, Parti libéral de l'Ontario
Kathleen Wynne.

Pour cela, elle a du briser des barrières. «En politique comme ailleurs, les hommes ont tendance à prendre toute la place.»

Un ressenti partagé par Christine Boyle, élue au Conseil municipal de Vancouver depuis 2018. Environnementaliste depuis de nombreuses années, elle a fait inscrire la toute première résolution «pour le climat» au Canada.

Pour elle, les luttes pour l’égalité et pour le climat sont interdépendantes. «Dans notre combat, on retrouve beaucoup de militantes, autochtones et racialisées, qui souffrent d’injustice sociale. Alors, dans notre travail, nous prenons le leadership des femmes très au sérieux.»

Conférence Glendon femmes et leadership
Christine Boyle.

La sociologie fait bouger les choses

Kristin Blakely est une sociologue engagée dans l’égalité de genre. Après avoir obtenu son doctorat, elle a voulu passer à l’action en travaillant dans le militantisme social. « J’ai voulu partager mes idées dans la sphère publique autour des enjeux d’équité de genre », explique-t-elle.

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Conférence Glendon femmes et leadership
Kristin Blakely.

Pour elle, il n’y a pas de doute, «les recherches en sociologie montrent les avantages de mettre des femmes à des postes de direction».

Cela amènerait de nouvelles approches, plus de flexibilité et de communication, et une meilleure compréhension des enjeux de la jeunesse.

La pandémie aggrave la situation

Paulette Senior constate que «pendant la pandémie, on a mis de côté les femmes».

«Les études montrent qu’elles ont le plus travaillé, mais ont été les moins payées. Elles ont pourtant une vraie conséquence sur la main-d’œuvre», regrette-t-elle. «Il faut tirer des leçons de notre adaptation durant la pandémie, et mettre en place de nouveaux modèles de leadership.»

«La pandémie a mis en lumière des inégalités de genre déjà très présentes auparavant», confirme Kathleen Wyne. «Des millions de femmes ont travaillé pendant la pandémie, c’est pourtant les hommes qui sont le plus reconnus.»

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Encourager les jeunes filles à voir plus loin

Le but de la conférence était notamment d’encourager les jeunes filles à briser les obstacles et gravir les échelons.

«Vous ne serez pas automatiquement reconnue à votre valeur, il faudra se battre pour gravir les échelons», insiste Kathleen Wynne. «Sortez de votre zone de confort. Si vous y croyez, vous pouvez le faire! Il faut des femmes modèles pour encourager les jeunes filles à se lancer.»

«Quand on supporte une femme leader, on s’attend à ce qu’elle soit parfaite», explique Christine Boyle. «J’ai fait beaucoup d’erreurs, mais c’est important de les partager. Cela incite à voir plus loin, en montrant que tout le monde peut faire des erreurs.»

Pour Paulette Senior, «on peut nous mettre en situation d’échec, mais il faut se battre et surpasser ces obstacles. Les femmes sont plus fortes après les échecs, plus persévérantes.»

Conférence Glendon femmes au pouvoir
Une conférence des Débats internationaux, en 2018. Photo: Glendon

«Il faut changer les mentalités»

Les études montrent que les qualités de leaders sont différentes chez les hommes et les femmes, ce qui les rend complémentaires. «Une raison de plus de faire monter les femmes dans les postes de direction», souligne Kathleen Wynne.

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Aujourd’hui au Canada, 23% des dirigeants sont des femmes, et seulement 6% d’entre elles sont issues des minorités. Les occasions d’occuper des postes importants manquent pour les femmes.

Pour encourager le changement dans le monde du travail, il faut changer les mentalités. «Et militer pour un leadership inclusif et diversifié des femmes.»

«J’ai 68 ans, et à 16 ans je ne pensais pas que j’aurais encore à me battre pour le droit des femmes arrivée à mon âge», regrette Kathleen Wynne. Toutes les invitées s’accordent sur le même constat: les choses doivent changer, et vite!

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