Les arts visuels s’affichent-ils encore?

Dommages collatéraux de la pandémie

Diffusart se spécialise depuis plus de 30 ans dans l’affichage culturel à Ottawa et Gatineau. Photo: Diffusart
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Depuis un an, on zoome pour de la musique classique, du jazz, du folk, du théâtre et même de la magie. Mais la peinture, qu’en est-il de sa visibilité? Et de ceux qui la font connaître dans la capitale canadienne?

Ça faisait au moins trois ans que Luce Marquis peignait tous les dimanches devant public à la Galerie Alpha à Ottawa, près du Centre Rideau. «Cette visibilité permettait de créer un lien», raconte celle qui enseigne également les arts à l’école secondaire De La Salle.

Moins de ventes

Spécialiste de la peinture encaustique sur bois, une technique fort ancienne, mais qui coûte cher en raison des pigments mélangés à la cire, Luce Marquis vendait en moyenne deux toiles par mois. La pandémie a mis fin à ce revenu d’appoint.

Surtout, étant donné que la Galerie Alpha est fermée, qu’elle ne programme plus d’événements, la peintre doit se résoudre à attendre. Il en va de même de son public qui n’a plus accès à ses œuvres.

La peintre Luce Marquis se spécialise dans la technique de l’encaustique sur bois. Photo: Enrico Pradal

Galeries virtuelles

Dans le monde de la peinture, en particulier chez les galeristes, certains ont appris à mieux utiliser le Web afin de compenser les pertes entraînées par la fin des vernissages.

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C’est le cas depuis un an de la Galerie Jean-Claude Bergeron, dans le Marché By. Aucune exposition solo, aucun vernissage. «Les clients sont venus sur rendez-vous pour un temps», explique M. Bergeron, «et maintenant à cause des conditions du confinement plus serrées, nous sommes complètement fermés au public ambulant.»

Toutefois, celui qui a fondé le Centre d’excellence artistique de l’Ontario (CEAO), il y a 38 ans à l’école De La Salle, reconnaît que «la covid ne nous a pas empêchés cependant de faire des affaires. Le Web nous a apporté plus de clients, certains dont nous ne connaissions pas l’existence! Si bien que notre chiffre d’affaires n’a pas baissé depuis le début de la pandémie.»

Le réputé galeriste mentionne également qu’il n’a pas eu besoin de l’aide gouvernementale. «Nous avons par la force des choses appris à mieux nous servir du e-commerce», conclut-il.

Jean-Claude Bergeron, dans la galerie qui porte son nom à Ottawa. Photo: courtoisie

Moins d’activités, moins d’affiches

Qu’en est-il, par les temps qui courent, quand votre profession est de faire connaître les expos, le théâtre, bref tout événement culturel par le biais des affiches?

Marc Agostini est propriétaire de Diffusart depuis 1988. Cet organisme sans but lucratif (OSBL), qui emploie six personnes, est au service du monde culturel des deux côtés de la rivière des Outaouais. Forcément, les employés ont vu leurs heures de travail diminuées.

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On est loin ici du monde des affiches commerciales. «Si les gens ne circulent plus, notre service ne sert plus à rien», laisse tomber le proprio.

L’aide gouvernementale? Celle-ci devrait finalement arriver après des semaines d’imbroglio. Marc Agostini explique qu’il fallait avoir un compte commercial pour bénéficier de l’aide du gouvernement canadien. Compte dont les OSBL ne disposent pas habituellement.

Diffusart se spécialise depuis plus de 30 ans dans l’affichage culturel à Ottawa et Gatineau. Photo: Diffusart

Solidaire des artistes

Cependant, l’homme d’affaires, qui est aussi comédien, ne baisse pas les bras. Il demeure aussi solidaire de sa communauté.

«On a commencé à offrir gratuitement nos services aux artistes indépendants, aux petits commerçants locaux, aux organismes de bienfaisance, aux gens qui, par exemple, donnent des leçons de piano», souligne-t-il.

Même s’il est conscient que l’application de vidéoconférences Zoom a changé bien des choses depuis près d’un an dans le domaine des arts, Marc Agostini espère que «du positif émergera du négatif. On va sûrement revenir à une circulation normale. La publicité de rue reprendra ainsi sa place.»

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