L’école du Sacré-Coeur fête ses 125 ans

La directrice de l'école, Élizabeth Tremblay, nous montrant quelques albums de photos de classe.
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La communauté de l’école élémentaire catholique du Sacré-Coeur, à Toronto, a fêté le 13 décembre le 125e anniversaire cette institution pionnière de l’éducation de langue française à Toronto.

«Depuis le début de l’année, les élèves sont bien conscients qu’ils vivent un moment historique», indique la directrice Élizabeth Tremblay. Leurs créations artistiques inspirées de cet anniversaire accompagnaient une exposition d’albums de photos de classe et d’objets qui ont traversé le temps, à l’intention des participants au banquet et au spectacle organisés mardi soir.

L’école va aussi entreposer une capsule contenant des lettres et des objets actuels à être ouverte lors du 150e anniversaire de l’école en 2041. «J’espère bien que j’y serai», lance Mme Tremblay.

Hier, aujourd'hui et demain, selon des élèves de l'école du Sacré-Coeur.
Hier, aujourd’hui et demain, selon des élèves de l’école du Sacré-Coeur.

C’est en 1891 que l’école a été fondée dans le sous-sol de l’église du Sacré-Coeur (rue King Est à l’époque, angle Carlton et Sherbourne aujourd’hui). Les matières étaient enseignées en anglais, à l’exception du catéchisme et de la prière du matin.

Mais «durant toutes ces années, la paroisse a été importante pour permettre aux francophones de se réunir et d’appartenir à une communauté. Elle a joué et continue de jouer un rôle très important dans la naissance des écoles de langue française à Toronto», selon Claude-Reno D’Aigle, conseiller scolaire de Toronto Est au CSDCCS.

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Virage franco

Ce n’est qu’en 1940, près de 50 ans après sa fondation, que l’école a pris un virage résolument francophone, grâce à l’institutrice de l’époque, mademoiselle Berthe Castonguay, et au remplacement des soeurs anglophones qui y enseignaient par les soeurs de Notre-Dame.

L’école déménage rue Sackville, puis rue Linden dans le quartier Bloor et Sherbourne. C’est en septembre 2012 que l’école du Sacré-Coeur a finalement pris possession de ses locaux actuels, achetés du conseil scolaire catholique anglophone, au 98 rue Essex dans le quartier Bloor et Christie. L’école accueille aujourd’hui plus de 150 élèves de la maternelle jusqu’à la 6e année.

L'école actuelle au 98 Essex, dans le quartier Bloor et Christie.
L’école actuelle au 98 Essex, dans le quartier Bloor et Christie.

Mardi soir, le directeur de l’éducation du CSDCCS, André Blais, a remercié le personnel actuel de «poursuivre la mission des éducatrices et éducateurs qui vous ont précédé. L’enseignement en milieu minoritaire est une mission souvent difficile, mais d’une importance vitale. Merci d’avoir accepté de relever ce noble défi.»

Pour Marie Fontin, conseillère scolaire de Toronto Ouest, «les francophones ont pris leur place dans la région de Toronto et l’école du Sacré-Cœur a participé à cet épanouissement». Les francophones, qui venaient autrefois à Toronto du Québec ou du Nord de l’Ontario, viennent aujourd’hui de tous les pays du monde, les écoles françaises continuant de les accueillir et les intégrer.

Depuis 125 ans, l’école du Sacré-Coeur est «l’un des piliers de l’éducation de langue française à Toronto», a déclaré Melinda Chartrand, la présidente du CSDCCS, qui gère aujourd’hui 9 écoles élémentaires et bientôt 3 écoles secondaires à Toronto.

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Soirée commémorative le 13 décembre. À l'arrière: Nicole Mollot, surintendante, Marie Fontin, conseillère scolaire pour Toronto Ouest, André Blais, directeur de l’éducation du CSDCCS. À l'avant: Claude-Reno D’Aigle, conseiller scolaire pour Toronto Est, Janine Griffore, sous-ministre adjointe de l’Éducation, le Père Pham Quoc Thong, curé de la Paroisse du Sacré-Coeur, Élizabeth Tremblay, directrice de l’école élémentaire catholique du Sacré-Cœur à Toronto.
Soirée commémorative le 13 décembre. À l’arrière: Nicole Mollot, surintendante, Marie Fontin, conseillère scolaire pour Toronto Ouest, André Blais, directeur de l’éducation du CSDCCS. À l’avant: Claude-Reno D’Aigle, conseiller scolaire pour Toronto Est, Janine Griffore, sous-ministre adjointe de l’Éducation, le Père Pham Quoc Thong, curé de la Paroisse du Sacré-Coeur, Élizabeth Tremblay, directrice de l’école élémentaire catholique du Sacré-Cœur à Toronto.

Lamarche et Gendron

Selon Paul-François Sylvestre (L’Ontario français, quatre siècles d’histoire), vers la fin du 19e siècle, les nouveaux arrivants francophones à Toronto s’installent surtout dans le quadrilatère formé par les rues Yonge, King, River et Gerrard.

Il était rare qu’un membre d’une famille canadienne-française nouvellement arrivée à Toronto ne travaille pas à la Gendron Manufacturing Company (fabricant de carrosses pour bébé, lits, traîneaux, échelles), comme charrons, menuisiers, secrétaires ou comptables.

On comptait alors environ 3000 Canadiens de langue française à Toronto, soit 1% de la population. Mais ils sont assez nombreux pour justifier une paroisse, ce qui leur est accordé en 1887. C’est le 24 juin, la St-Jean-Baptiste, fête des Canadiens-Français, que l’abbé Philippe Lamarche entre en fonction à la paroisse du Sacré-Cœur-de-Jésus.

Selon l’historien Gaétan Gervais, Philippe Lamarche deviendra «le personnage le plus marquant» de la communauté franco-torontoise à son époque, fondant l’école et s’y faisant lui-même enseignant. C’est donc sur les traces de ce grand personnage que marchent aujourd’hui Élizabeth Tremblay, ses enseignants et les dirigeants du CSDCCS.

Photo des élèves de l'école du Sacré-Coeur à Toronto en 1902.
Photo des élèves de l’école du Sacré-Coeur à Toronto en 1902.
Cet automne, les élèves de l'école du Sacré-Coeur à Toronto ont pris cette photo commémorative.
Cet automne, les élèves de l’école du Sacré-Coeur à Toronto ont pris cette photo commémorative.

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