Le tonneau de vin et le tonneau de merde

Des tonneaux de vin. (Photo: Unuaiga, commons.wikimedia)


19 janvier 2018 à 1h00

Quand vous ajoutez un verre de vin dans un tonneau rempli d’excréments, ça n’altère pas la merde: vous en avez toujours un plein tonneau. Quand vous ajoutez un peu de merde dans un tonneau de vin, tout le contenu est ruiné.

J’aurais aimé inventer cette métaphore; je l’ai vu passer pendant la campagne électorale américaine en 2016 (le Parti républicain était le tonneau de vin, et Donald Trump…), mais elle est sûrement plus ancienne.

Il n’y a pas que chez les Democrates et les «libéraux» au sens américain du terme qu’on a honte des frasques et du langage de ce 45e président, et qu’on a peur de ses actions irréfléchies et du chaos qui semble régner autour de lui. Pour plusieurs Républicains «conservateurs fiscaux» ou «conservateurs sociaux», et même pour certains nationalistes aussi, le vin de ce tonneau n’a plus le même goût depuis un an…

Les partisans d’administrations publiques minimalistes sont maintenant gênés de réclamer, à l’instar de Trump, des réductions des taxes et de la bureaucratie – bien qu’ils peuvent se racheter en critiquant ses augmentations de dépenses qui alourdissent la dette, et son protectionnisme rétrograde en matière de commerce.

Les sceptiques du catastrophisme climatique applaudissent son retrait de l’Accord de Paris. Mais le fait que ça ne soit pas suivi de propositions pour régler des problèmes mondiaux bien plus importants, ou simplement de garanties sur la protection de l’environnement, détourne les gens des bonnes raisons scientifiques et économiques de ce retrait.

Plusieurs prédécesseurs de Trump, Républicains et Démocrates, y compris Clinton et Obama, ont juré de resserrer les contrôles aux frontières et d’endiguer l’immigration illégale. La bonne gestion de l’immigration est une mission fondamentale de tout État national. Comme le devoir, pour les immigrants, d’adopter les valeurs et la culture du pays d’accueil. Mais l’association avec Trump et son mur vient entacher cet exercice, aux États-Unis comme au Canada et en Europe.

Trump attaque de front des nids de guêpes dont tout le monde cherchait à s’éloigner: les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, le Pakistan qui ne fait rien contre les talibans cachés dans ses montagnes… Force est de constater que ces problèmes perdurent depuis des décennies, pendant lesquelles des leaders censés être plus éclairés que Trump n’ont rien fait qui vaille. Au moins maintenant il y a de l’action… mais pas beaucoup de coopération, parce que ça vient de Trump.

Richard Nixon a déjà dit: «Les Américains ont le droit de savoir si leur président est un escroc ou non: et bien, je ne suis pas un escroc.» À l’époque (1973), on jugeait qu’aucun président n’avait dû s’abaisser jusque là. Donald Trump, lui, assure qu’il est «un génie très stable» et qu’on ne trouvera «personne de moins raciste» ou qui «respecte plus les femmes» que lui…

Encore trois autres années de grand cru en perspective.

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