Le scandale des dépenses «spéciales» grandit en Ontario

dépenses spéciales, Ontario
Rien de trop beau pour nos élus provinciaux. Photo: iStock.com/runna10
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 21/07/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

Les partis d’opposition estiment que la démission d’un ministre et les excuses du premier ministre Doug Ford au nom des membres de son caucus qui ont utilisé l’argent des contribuables pour des raisons qu’il juge lui-même «inacceptables» ne sont pas suffisantes.

Le premier ministre Doug Ford s’est excusé, le 20 juillet, au nom de ses ministres et des membres torontois de son caucus qui ont profité d’une disposition législative pour faire rembourser leurs frais d’hébergement dans la Ville-Reine en utilisant l’argent des contribuables.

16 députés

Cette option sur les dépenses liées aux «circonstances spéciales» permet aux députés provinciaux qui résident à moins de 50 kilomètres de Queen’s Park de réserver des séjours à l’hôtel en cas d’intempéries les empêchant de se déplacer, comme une tempête de neige, ou de séances nocturnes à l’Assemblée législative.

Cette disposition, que le gouvernement ontarien compte maintenant éliminer, a été utilisée par 16 députés progressistes-conservateurs de la région du Grand Toronto au cours des trois dernières années.

Le ministre du Tourisme, de la Culture et des Jeux, Stan Cho, a remis sa démission au premier ministre, le vendredi 17 juillet, après que les relevés publics de dépenses des députés aient révélé qu’il avait demandé des remboursements de plus de 16 000 $ en frais d’hôtel à Toronto entre 2023 et 2026, alors qu’il habite à seulement 6 km de Queen’s Park.

Publicité

«Stan a démissionné, il a bien fait. Et il a remboursé toutes les sommes dues. Nous allons donc examiner cette affaire de près afin que cela ne se reproduise plus. Je présente mes excuses pour cette situation. C’est pour le moins très frustrant», a affirmé Doug Ford lorsque questionné par les journalistes à ce sujet.

Séances nocturnes

Au cours des dernières années, sous le gouvernement Ford, les séances parlementaires à Queen’s Park prennent habituellement fin au plus tard à 19h.

Il arrive cependant que les séances se prolongent, notamment lorsque des projets de loi de députés d’arrière-ban sont débattus ou lorsque le gouvernement souhaite faire adopter sa législation plus rapidement.

Stan Cho a expliqué qu’il avait facturé ces nuits à l’hôtel en raison de séances nocturnes à l’Assemblée législative, mais la plupart des frais ont été encourus durant des mois où il n’y a pas eu de telles séances.

«C’est inacceptable», s’est contenté de répéter le premier ministre lorsqu’on lui a demandé s’il était acceptable qu’un membre de son parti induise le public en erreur, et si Stan Cho allait demeurer membre de son caucus progressiste-conservateur.

Publicité

Ils s’accrochent

Doug Ford a également refusé d’expliquer pourquoi d’autres membres de son parti, tels que Hardeep Grewal, Nina Tangri et Charmaine Williams, qui ont accumulé des factures encore plus élevées que celles de Stan Cho, s’accrochent à leurs rôles au sein du cabinet.

Le député de Brampton-Est, Hardeep Grewal, qui est aussi adjoint parlementaire au ministre des Transports, a dépensé plus de 27 000 $ en frais d’hôtel à Toronto depuis 2023.

La ministre associée aux Petites Entreprises et députée de Mississauga-Streetsville, Nina Tangri, a quant à elle facturé près de 19 000 $.

La ministre associée aux Opportunités sociales et économiques des femmes et députée de Brampton-Centre, Charmaine Williams, a dépensé plus de 15 000 $.

L’opposition demande d’autres démissions

Le chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser, affirme que ces individus devraient eux aussi démissionner du cabinet.

Publicité

«Il y a des ministres et des membres du gouvernement qui ont dépensé des sommes exorbitantes d’argent public et qui ont fait un usage abusif des deniers publics. Si Stan Cho a bien fait de démissionner, alors les autres qui ont agi de la même manière devraient faire de même et démissionner de leurs postes au sein du cabinet et de leurs fonctions d’assistant parlementaire», a-t-il soutenu.

«La pourriture commence au sommet», a de son côté indiqué la cheffe néo-démocrate Marit Stiles, qui estime que l’abus des fonds publics est un standard qui a été instauré par Doug Ford.

«Voilà la culture que Doug Ford a instaurée. Un premier ministre qui voulait un jet privé à 30 millions de dollars pour lui-même n’a aucun critère à respecter envers ses ministres, et ils le savent», a-t-elle lancé.

Auteurs

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur