Le Salon prend du galon

15e Salon du livre de Toronto 2007 au Manège militaire Moss Park

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«Nous nous sommes rendu compte à quel point il était difficile de construire un Salon du livre à partir de rien.» La déclaration du président Valéry Vlad, quelques minutes avant les désignations des lauréats des Prix littéraires du Salon du livre, aura eu le mérite de susciter des réactions.

Le pari est en tout cas relevé avec brio, puisque l’édition 2007 du plus important événement littéraire francophone de la Ville-Reine restera dans les mémoires comme celle du renouveau, après un opus 2006 réduit pour cause de restructuration.

En fin de semaine dernière, le Salon du livre a su conquérir son public et petits comme grands ont répondu présent à l’appel de la culture en français.

Pour son quinzième anniversaire, l’adolescent qu’est le Salon s’est forgé et se revendique une nouvelle identité. Et si toutes ses facettes ne se sont pas encore montrées sous leur plus beau jour – on soulignera notamment le choix de présenter plusieurs ateliers sur un même horaire, qui a suscité un certain scepticisme – force est de reconnaître que les espoirs entrevus l’année dernière tendent à se concrétiser.

On avait vu un modeste Festival des Écrivains, on gardera désormais en tête un ambitieux Salon du livre.

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Et si Andrée Christensen, pour son roman Depuis toujours, j’entendais la mer, s’est méritée le convoité Prix Christine-Dumitriu-Van-Saanen, c’est bien la culture littéraire dans son ensemble qui sort grande gagnante de cette fin de semaine.

Reste que si le Salon du livre veut s’établir durablement et franchir une nouvelle étape, il lui faudra redoubler d’efforts afin de séduire toujours plus les communautés francophones et francophiles du Grand Toronto.

L’organisation devra également solutionner les quelques équations en suspens laissées par cette édition tout en consolidant les succès rencontrés. S’il est difficile de repartir de zéro, il sera assurément tout aussi complexe de confirmer les attentes placées en ce Salon du renouveau.

Le Salon a redémarré du bon pied, il lui reste maintenant à prouver qu’il est capable de marcher, mais surtout – et c’est un tout autre défi – de tenir la distance.

Entretien avec Valéry Vlad,
président du Salon du livre

En entretien lundi avec L’Express, le président du Salon du livre Valéry Vlad a dressé un bilan prudent de cette 15e édition:

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«Mon sentiment général est plutôt positif, mais dire que nous avons réussi cette année serait très dangereux. Avant de pouvoir vraiment évoquer ne serait-ce que le terme réussite, il faut attendre de voir si le Salon est capable de s’installer durablement, sur trois ou quatre années. Pour autant, il est positif de souligner que sur notre feuille de route initiale, les résultats entrevus pour cette édition 2007 sont à la hauteur de ce que l’on espérait.

Mais il ne faut en aucun cas y voire une victoire ou quoi que ce soit dans le même genre. Il n’y a désormais qu’une seule chose à envisager: 2008. Et il ne faut surtout pas chercher à calquer le modèle 2007 pour 2008! Nous devons travailler beaucoup plus afin d’améliorer un produit dont on espère voir le vrai potentiel d’ici quelques années. Nous devons faire progresser le Salon, notamment en établissant une politique de communication adéquate afin d’attirer plus de public mais aussi de plus gros éditeurs. Le Salon est un produit mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg que nous devons construire en amont.

Nous préparons plusieurs systèmes afin de conquérir un nouveau public, notamment une idée de «coffret» comprenant une représentation du TfT, un repas dans un restaurant francophone ainsi qu’une passe pour le Salon du livre. Il existe une clientèle pour ce genre de périple, dans des villes comme Barrie, Oshawa ou Hamilton, et nous devons expérimenter ces solutions.

Malgré tout, il faut savoir aussi s’appuyer sur les satisfactions de cette année. Les visiteurs ont été quasiment unanimes sur un point, à savoir la pertinence du choix du manège militaire Moss Park. Dans les semaines qui viennent, nous entamerons des négociations avec l’armée canadienne afin de voir si l’on peut réitérer le partenariat sur une ou plusieurs années.

Mais la grande priorité sera avant tout d’organiser des tables de concertation avec les visiteurs. Il faut que tout le monde nous donne un avis sur ce qu’ils ont aimé, moins aimé, et ce qu’ils auraient souhaité avoir. Il n’y a que comme ça que nous pourrons faire progresser le Salon. C’est un travail de toute la communauté francophone.»

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