Le R sur l’échiquier musical avec Cœur de pion

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Après Maktub, un premier EP sorti en 2012, le chanteur d’Ottawa Le R sort Cœur de pion, son premier album, le 29 avril. À cette occasion l’artiste se produira à Toronto le lundi 5 mai au Drake Underground (1150 Queen St W) à 17h.

J’imagine que vous devez être très excité par la sortie de votre nouvel album. Parlez-moi de ce nouveau disque, de son processus de création.

«C’est un disque sociofinancé par les personnes qui me suivent. Je n’ai pas le droit à l’erreur. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler à la réalisation de cet album en tant qu’auteur-compositeur-interprète, multi-instrumentiste et réalisateur.

Mais je n’étais pas seul sur la réalisation. Sonny Black, un producteur québécois qui a bossé notamment avec Corneille, m’a aidé à mettre en œuvre mon projet.»

Pas mal de collaborations avec d’autres artistes sur cet album…

«Ouais j’ai beaucoup collaboré notamment avec une chanteuse malienne sur la chanson La Cité des 333 Saints qui est un hommage à la ville de Tombouctou. Cette chanson incarne vraiment l’idée de ce que peut être Griot. C’est une chanson très introspective où la ville de Tombouctou est personnifiée.

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J’ai aussi travaillé aux côtés du rappeur Samian sur Immortels, ou encore avec Patrick Wright sur le titre Irréversible

Votre musique est très éclectique et variée. On sent les couleurs du monde et un désir de paix et d’unité.

«Je suis originaire du Bénin. Et ça fait 12 ans que je vis au Canada. Alors forcément mes chansons sont influencées par la couleur musicale de ces pays. Mais c’est aussi une immersion dans la culture afro-brésilienne que j’affectionne tout particulièrement. Il y a une véritable fusion qui se crée entre tous les sons.

Oui, c’est très éclectique parce que je mets un soin particulier dans le choix de mes sons. Cet album est un focus sur les émotions que j’essaie de véhiculer.

Aujourd’hui dans le milieu de la musique on trouve beaucoup de choses très mécaniques, beaucoup d’artistes qui travaillent le côté technique presque mathématique de la musique. Moi je suis loin de ça.»

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C’est très frais comme musique, on sent l’été, ça fait du bien un peu de chaleur.

«J’aime faire des amalgames. Par exemple, la dernière chanson de l’album, XOX, est faite d’un morceau classique sur lequel j’ai changé le rythme, et ajouté un set de plusieurs tambours. Je ne pousse pas toujours l’insolite, je ne suis pas du tout dans l’expérimental, mais ce qui importe avant tout c’est le mélange des sons, des cultures.

Beaucoup de bonne humeur sur cet album, mais aussi beaucoup de chansons très poignantes, plus personnelles et même parfois philosophiques, je pense notamment à la chanson Pourquoi les chats attendent aux fenêtres? Une question que l’on se pose et à laquelle j’apporte ma propre réponse. Une bonne palette dans cet album, ce qui lui donne beaucoup de couleurs.»

Et au niveau plus particulièrement de vos influences musicales?

«Je viens d’un background hip-hop, mais aujourd’hui je suis dans ce que j’appelle le World Beat. Alors évidemment le rap fait toujours partie de mes influences, mais j’ai beaucoup évolué musicalement.

La démarche est celle du rappeur parce que je suis seul sur scène et j’invite des musiciens. Il y a un côté urbain et une grosse recherche des cultures. La forme poétique que je pratique c’est le rap »

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Vous chantez en français uniquement? Le public anglophone est-il réceptif? Est-ce que ça ne vous ajoute pas une petite pression de jouer hors Québec?

«Je chante en français seulement. C’est un défi évidemment de continuer dans un pays où la majorité de la population parle anglais.

Mais le langage de la musique est universel. Quand je joue face à un public qui ne comprend pas mes paroles, c’est la musique qui parle. La musique parle à tout le monde. Si on ne comprend pas les paroles, on comprend l’énergie. Je fais passer l’émotion dans la musique et c’est ça que le public perçoit, pas les mots.»

Ce nom Le R vient d’où? Au départ je pensais qu’il s’agissait d’une référence au vieux rappeur français Monsieur R, et puis je pensais que peut-être il y avait aussi un rapport avec le titre de votre album, Cœur de pion, une référence métaphorique au roi dans le jeu des échecs…

«[Rires] Non ça n’a pas de rapport avec le musicien français. En fait c’est tout simple je m’appelle Christian Hermès Seglobo Djohossou et j’ai toujours signé mes textes Hermès, mon nom de plume.

Du coup ce n’est pas moi qui est choisi Le R, c’est un surnom que l’on m’a donné et qui vient de mon deuxième nom.

Après pour ce qui est du côté métaphorique, tu as tout à fait raison. Dans Cœur de pion, il y a une idéologie, l’idée d’une quête. Le pion dans le jeu des échecs ne peut qu’avancer, jamais il ne recule. C’est la pièce la plus faible et qui progresse très lentement. Mais justement elle avance, elle ne peut faire que ça. Et je me sens un peu comme ça, comme un pion j’avance encore et toujours.»

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