Le plus grand gratte-ciel obstruera la vue des Torontois

Le gratte-ciel The One, à l’angle sud-ouest de Yonge et Bloor, imaginé par la firme Foster+Partners pour Mizrahi Developments.


14 février 2019 à 9h00

Cet article est paru dans Pro Tem, le journal des étudiants du campus bilingue Glendon de l’Université York. Il est diffusé par L’Express dans le cadre d’un échange entre les deux médias.


En tant que citoyenne de Toronto, je crois que la construction du gratte-ciel de 306 mètres, nommé The One, qui se situera à l’angle des rues Yonge et Bloor et dont l’achèvement est prévu pour 2022, mérite un certain respect de notre part.

Cependant, ce projet suscitera de l’indignation chez un grand nombre de Torontois.

Malgré le zèle et l’enthousiasme débordant de Giles Robinson, l’un des concepteurs du gratte-ciel, je pense que les architectes du projet devraient fortement revenir sur leur décision de bâtir l’édifice, à cause de ses poutres métalliques gigantesques, de son revêtement extérieur peu flatteur et de sa hauteur démesurée.

 

Poutres métalliques

Certes, son architecture à la fois moderne et classique nous fait penser à la magnificence des bâtiments de la Renaissance, mais ses poutres métalliques n’émerveilleront personne parce qu’elles auront caché l’immense beauté des fenêtres.

À quoi sert-il de vanter la beauté d’une chose si elle ne peut pas être véritablement admirée? Par conséquent, le gratte-ciel aura l’air d’une prison dont la hauteur vertigineuse terrorisera les citoyens.

La vue des passants et des habitants sera désagréable, non seulement à cause de l’apparence carcérale de l’édifice, mais également à cause des rangées infinies de boulons et d’écrous qui l’entourent. N’y a-t-il pas assez de structures métalliques qui nous cachent le charme rustique de la ville?

Au moins, l’énormité de ces bâtiments servirait à abriter facilement le gorille géant bien-aimé King Kong, qui en profiterait au maximum!

Mal intégré au quartier

Faute d’un raffinement esthétique, le gratte-ciel ne s’intégrera pas à l’aspect urbain du quartier.

Je concède qu’un revêtement extérieur en or apparaît dans toute sa splendeur, mais la brillance quasi aveuglante d’un tel revêtement n’ira pas bien avec certains bâtiments néo-gothiques.

Norman Foster, le chef du projet, a beau mettre l’accent sur le style sophistiqué de l’édifice, l’élégance a-t-elle vraiment besoin d’être aussi tapageuse?

Construire le plus grand gratte-ciel au Canada est sans doute très impressionnant, mais à cause de la hauteur effrayante de celui-ci, les citoyens ne pourront pas apprécier à fond ses diverses caractéristiques, telles que le petit bosquet d’arbres au sommet de l’édifice.

Effectivement, les gens auront mal au cou en essayant de trouver ce bois masqué par une centaine d’étages.

Inégalités sociales

Je reconnais que la construction de ce gratte-ciel pourrait accroître le prestige de la capitale de l’Ontario, mais à quoi servira cet «honneur» si seulement les gens de la haute société peuvent l’admirer en y habitant et en fréquentant ses restaurants chics et inabordables?

Comment établirons-nous une harmonie à Toronto si un bâtiment d’une telle valeur creuse l’écart social et économique entre les citoyens?

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