Un vote vert divisé dans le Grand Toronto

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On sait maintenant qu’Elizabeth May, la chef du Parti vert, participera aux débats télévisés des chefs. Seul Stéphane Dion avait montré dès le début quelque enthousiasme pour cette présence. La tiédeur de Jack Layton et de Gilles Duceppe, mais surtout l’opposition initiale de Stephen Harper ont sans doute apporté un capital de sympathie à Mme May et à son parti. Mais cela se traduira-t-il en votes le 14 octobre?

D’une part, le Parti vert ne disposait pas en début de campagne de candidats dans toutes les circonscriptions, la plupart des candidats étaient inconnus du public et son organisation était extrêmement rudimentaire dans la plus grande partie du pays.

D’autre part, en particulier dans les milieux métropolitains branchés, il est devenu de bon ton d’affirmer qu’on votera «Vert» le 14 octobre.

Certains écologistes de la première heure estiment cependant que plus les gens connaîtront le programme du Parti vert, plus ils auront de réserves sur les mesures fiscales qu’il contient.

En effet, les «écologistes sociaux» reprochent parfois au Parti vert d’appartenir à la «droite environnementale» et ne se gênent pas pour rappeler qu’Elizabeth May a agi de 1986 à 1988 comme principale conseillère en environnement du gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney.

Les milieux de gauche rappellent aussi sa position ambigüe sur la question du droit des femmes à l’avortement (elle a déjà affirmé qu’ «aucune personne saine d’esprit ne peut être en faveur de l’avortement»).

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Selon plusieurs observateurs, bien des membres de la «vieille garde verte» et de l’establishment écologiste – des leaders d’opinion disposant d’excellents réseaux politiques – penchent bien davantage du côté du NPD que du Parti vert, particulièrement dans la région torontoise.

C’est en tout cas la perception de Kevin McLaughlin, un homme d’affaires torontois impliqué depuis de nombreuses années dans la promotion d’une conscience écologique et lauréat d’un prix de la ville de Toronto pour la contribution environnementale de son entreprise AutoShare, un service de partage de voitures établi dans la Ville-Reine depuis 1998.

Chez les Libéraux aussi, on courtise le vote vert dans la région torontoise. À tel point que Bryon Wilfert, le député sortant de Richmond-Hill, n’hésite pas à faire valoir les louanges que lui a déjà adressé Élizabeth May pour le travail qu’il a accompli comme secrétaire parlementaire du ministre de l’Environnement de 2004 à 2006 dans le cabinet de Paul Martin. Wilfert sollicite un cinquième mandat consécutif et sa feuille de route «verte» devrait lui valoir une réélection.

La participation au débat des chefs pourrait donc se révéler une arme à double tranchant pour sa chef Elizabeth May et le Parti vert dans les circonscriptions sur lesquelles ils fondent le plus d’espoir.

L’auteur est professeur, Centre d’études en gouvernance, Université d’Ottawa

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