Le peuple du soleil levant

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Publié 24/10/2006 par Yann Buxeda

Du 18 au 22 octobre se tenait la 7e édition du festival du film imagiNATIVE. Un rendez-vous avec le cinéma produit par les descendants des Premières nations qui accueillait pas moins de six films appuyés par l’Office nationale du film du Canada. Parmi eux, Waban-Aki: peuple du soleil levant, témoignage poignant de l’histoire complexe du peuple abénaki, présent au sud du Québec et au nord des États américains avoisinants depuis plus de 12 000 ans.

Alanis Obomsawin n’en est pas à son premier coup d’essai. Mais la réalisatrice abénaquise, forte d’une expérience de plus de 30 documentaires sur les peuples autochtones du Canada, semble manier la caméra avec toujours plus de dextérité.

Le dimanche 22 octobre, à 19 heures, le documentaire Waban-Aki: peuple du soleil levant avait l’honneur de clotûrer le festival imagiNATIVE, au Al Green Treatre de l’avenue Spadina. Waban-Aki: peuple du soleil levant est un recueil d’histoire, d’émotion, de tendresse où le spectateur se laisse bercer par le combat mené par les Abénakis depuis des siècles et par les réalités quotidiennes des héritiers d’aujourd’hui.

Un quotidien qui ne pouvait être mieux raconté que par ses propres acteurs, dont Alanis Obomsawin fait indirectement partie. En effet, Odanak, réserve indienne au sud du Québec, est non seulement le lieu principal où se déroule le documentaire mais aussi le village d’enfance de sa réalisatrice.

Inconsciemment, la trame de l’histoire et la liberté avec les interlocuteurs se livrent font de ce documentaire plus qu’un simple témoignage historique et contemporain. Waban-Aki possède cette dimension humaine comparable à nulle autre, et transporte l’assistance au coeur de la problématique du film.

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Pendant plus d’une heure et demi, Alanis Obomsawim jongle entre les époques, faisant dialoguer les traditions ancestrales perpétuées encore aujourd’hui avec les légendes et faits historiques de la communauté.

Mais Waban-Aki n’est pas qu’un documentaire culturel relatant les premiers contacts entre missionnaires et autochtones ou la confection des paniers. Il touche à une situation politique particulièrement intéressante à travers deux époques scindées par le vote de la Loi C-31.

L’on y découvre un système inique où la perte de statut des indiens au sein de la communauté est régi par des lois relevant parfois ouvertement de la discrimination.

Autant de points qui font du dernier d’Alanis Obomsawin un passage obligé pour qui veut en savoir plus sur ces indiens d’Amérique qui luttent encore pour préserver leurs droits au sein de notre société.

Mais le festival imagiNATIVE offrait également l’occasion de découvrir un autre projet. Depuis 2004, le studio mobile Wapikoni met à disposition aux jeunes autochtones de la province québécoise les moyens de mettre en images leurs idées créatives.

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Dans le cadre de ce projet, qui a déjà réuni plus de 400 jeunes, 72 courts-métrages ont été réalisés. Trois d’entre eux ont eu l’honneur d’être diffusé pendant cette édition du festival.

La petite chasse, Coureurs de nuit et La lettre, chacuns dans un style différent, mettent en scène des situations de la vie quotidienne. Parfois cocasses, tristes, polémiques, ces films s’articulent autour d’une problématique simple, pour y développer un rapport plus ou moins direct avec la situation des autochtones.

Des découvertes particuièrement enrichissantes, qui mettent inévitablement en valeur l’importance d’un projet comme Wapikoni, qui a ouvert un studio permanent en janvier dernier à Wemotaci, et qui devrait proposer encore plus de métrages à l’avenir.

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