Le Nouveau-Brunswick revient aux ambulanciers bilingues

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Malgré la pénurie de main d'oeuvre, Ambulance NB s'assurera d'affecter au moins un ambulancier bilingue à chaque intervention. (Photo: Acadie Nouvelle)
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Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick fait volte-face dans le dossier du bilinguisme des travailleurs paramédicaux.

Ted Flemming demande dorénavant à Ambulance NB d’assurer la présence d’au moins un travailleur paramédical bilingue dans chaque véhicule consacré à l’intervention d’urgence.

Le mois dernier, Ted Flemming avait envoyé une lettre à l’agence lui demandant de mettre fin à cette pratique de longue date dans certaines régions, afin de mettre en œuvre la décision controversée d’un arbitre en relation de travail.

Cette intervention du gouvernement progressiste-conservateur minoritaire de Blaine Higgs, élu l’automne dernier, avait choqué la francophonie du pays.

Système d’intervention efficace

«Notre gouvernement s’assurera que les Néo-Brunswickois aient accès à un système d’intervention efficace en cas d’urgences médicales, et ce tout en assurant le respect de nos obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles», indique le ministre de la Santé dans une lettre datée du 18 janvier à l’attention des dirigeants d’Ambulance NB dont les médias ont obtenu copie lundi.

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Le premier ministre Blaine Higgs

L’agence devra ainsi «poursuivre ses efforts pour recruter et maintenir en poste du personnel bilingue afin que tous les postes désignés bilingues soient occupés par des travailleurs paramédicaux bilingues», écrit-il.

En décembre, Ted Flemming avait ordonné à Ambulance NB de revoir ses exigences linguistiques à la baisse dans les régions où l’une des deux communautés linguistiques compte pour moins de 5% de la population.

La mesure devait permettre à davantage de travailleurs paramédicaux unilingues (anglais, évidemment) d’occuper des emplois à temps plein au sein du système ambulancier.

À l’encontre de la Loi provinciale et de la Charte fédérale

Le commissaire aux langues officielles par intérim, Michel Carrier, avait cependant mis en garde le gouvernement contre cette initiative qui allait, à son avis, à l’encontre de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick et de la Charte canadienne des droits et libertés.

En effet, la Charte attachée à la Constitution canadienne prévoit l’accès à des services de qualité égale pour les deux communautés linguistiques sur l’ensemble du territoire provincial.

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Les unilingues en équipe flottante

Après plusieurs discussions au cours du dernier mois, le ministère de la Santé et Ambulance NB ont plutôt convenu de créer de nouveaux postes au sein d’une «équipe flottante» pour permettre aux travailleurs paramédicaux unilingues d’occuper des postes permanents à temps plein, sans pour autant éliminer l’obligation d’avoir un ambulancier paramédical bilingue dans chaque véhicule.

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Michel Carrier, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick par intérim.

Les travailleurs paramédicaux unilingues de l’équipe flottante continueront d’occuper les postes bilingues vacants. Toutefois, ils n’auront plus à postuler à répétition pour conserver leur emploi.

Lorsqu’un travailleur paramédical bilingue sera disponible, le travailleur paramédical unilingue qui occupait le poste bilingue conservera son emploi permanent à plein temps et sera affecté à un autre poste à proximité géographique raisonnable, explique Ted Flemming dans la lettre.

«Cela améliorera considérablement la qualité de vie et le moral des travailleurs paramédicaux, qui ne peuvent pas obtenir un emploi permanent à l’heure actuelle», selon le ministre.

Pénurie de main-d’oeuvre

D’après Ambulance NB, une soixantaine de postes désignés bilingues sont présentement occupés par des travailleurs paramédicaux unilingues en raison du manque de main-d’œuvre.

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Le ministre Flemming n’a pas répondu, lundi, à la demande d’entrevue du quotidien Acadie Nouvelle.

En conférence téléphonique, l’ex-premier ministre Bernard Lord, aujourd’hui chef de la direction de Medavie, l’entreprise privée sans but lucratif qui gère Ambulance NB au nom de la province, s’est dit «content» et en accord avec les nouvelles directives du ministre.

«Ces directives vont nous permettre de veiller à ce que les gens du Nouveau-Brunswick aient accès à un système d’intervention d’urgence efficace et que ça soit fait dans le respect de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick

Ces directives ont «préséance» sur celles émises par le ministre le mois dernier qui étaient fortement inspirées de la décision de l’arbitre en relation de travail John P. McEvoy, qui avaient suscité l’ire des francophones, a précisé Bernard Lord.

La révision judiciaire de cette décision en Cour du banc de la Reine doit d’ailleurs avoir lieu jeudi à Fredericton.

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L’ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, gère Médavie, l’agence privée qui supervise NB Ambulances pour la province. (Photo: Acadie Nouvelle)

Le transfert des patients: va pour les unilingues

D’après Bernard Lord, la majorité des éléments contenus dans la décision McEvoy «ne sont plus pertinents» compte tenu du fait que les travailleurs paramédicaux unilingues qui occupent des postes bilingues auront dorénavant la sécurité d’emploi au sein de l’équipe flottante.

«Si la cour nous dit de faire autre chose, nous écouterons la cour. Nous n’avons pas besoin d’attendre la décision de la cour parce que ce que nous faisons ici va régler le problème», a indiqué M. Lord.

La création récente d’un service dédié au transfert des patients au sein d’Ambulance NB permettra aussi d’accorder davantage de postes permanents à temps plein aux travailleurs paramédicaux unilingues, a rappelé le chef de la direction de Medavie.

Les unités de transfert n’ont pas besoin d’être bilingues puisque l’on connaît à l’avance la langue du patient.

Évaluation des compétences linguistiques

Dans sa lettre, le ministre Flemming indique également qu’il discutera avec Ambulance NB et les représentants des travailleurs paramédicaux «en vue d’établir une nouvelle procédure d’évaluation des compétences linguistiques» du personnel.

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«Nous voulons nous assurer que nous pouvons évaluer correctement les compétences linguistiques des travailleurs paramédicaux», a expliqué Bernard Lord.

Selon le commissaire Michel Carrier, l’annonce de lundi «marque un tournant décisif dans l’évolution de ce dossier».

«Je me réjouis de cette annonce qui témoigne d’un engagement clair du gouvernement provincial à respecter les droits linguistiques des Néo-Brunswickois. Les mesures annoncées aujourd’hui devraient permettre à Ambulance Nouveau-Brunswick de respecter ses objectifs en matière de langues officielles tout en tenant compte des défis liés au recrutement de travailleurs paramédicaux», a-t-il indiqué par courriel.

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