Le libre-échange canado-européen peut mieux faire

Une discussion organisée par la toute neuve Chambre de Commerce France-Canada

panel prestigieux
En 2017, les importations du Canada en provenance de la France on progressé de 4% et les investissements canadiens en France ont augmenté de 23% par rapport à l’année précédente. 
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Appliqué de manière provisoire depuis septembre, l’heure d’un premier bilan prudent est venue pour le libre-échange Canada-Europe, dans une perspective française.

Pour le prestigieux panel réuni dans les locaux des conseillers en numérique Capgemini, c’est aussi l’heure d’examiner les premières critiques à l’AECG (Accord économique et commercial global ou CETA en anglais)

La toute neuve Chambre de Commerce France-Canada avait donné rendez-vous mercredi dernier à des personnalités du monde des affaires et de la politique pour partager leur expérience des six premiers mois tests de l’AECG. Mais ce fut surtout une occasion de renouveler un soutien sans faille au libre-échange.

L’ancien ministre fédéral Peter Pettigrew a partagé sa ferveur libérale devant une assemblée presque entièrement masculine: «c’est plus que du commerce, faire marcher le CETA, c’est faire une déclaration politique», déclare-t-il.

Peter Pettigrew
Peter Pettigrew est convaincu du partenariat entre l’Europe et le Canada du fait de la similitude des gouvernements.

Encore des progrès à faire

La chute des droits de douane doit aussi s’accompagner d’autres améliorations. Wendy Wagner, de Gowling WLG, rappelle que la libre-circulation des marchandises va nécessiter, à terme, la mobilité de l’économie des services, et finalement des gens eux-mêmes.

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Pour assurer la mobilité des acteurs, il va falloir simplifier le système d’immigration.

Ce sont les trop nombreuses échelles gouvernementales, qui ralentissent le commerce, qui sont critiquées. «Éradiquer cette difficulté, c’est mon mot d’ordre», proclame Sanjeev Chowdhury, le directeur d’un groupe de travail sur l’AECG au ministère fédéral des Affaires mondiales.

Pour Eric In, le directeur d’investissement de CIC Capital, le défi de l’AECG est la démocratisation du marché mondial. Les grosses compagnies n’ont pas attendu un accord de libre-échange pour se connecter, elles avaient les moyens pour le faire.

panel
Vitaly Paroshyn (International Trade Ontario), Roshan Mohan, Wendy Wagner, Eric In.

Pour l’ambassadrice de France au Canada, Kareen Rispal, l’accord de libre-échange sera un succès si les Européens et les Canadiens ont le réflexe de commercer ensemble.

Attention, il ne faut pas oublier les différences structurelles entre le Canada et la plupart des pays européens, dont la France, qui ne font pas du commerce de la même façon. À voir si la normalisation qu’accompagne l’accord de libre-échange arrivera à mettre les partenaires commerciaux sur le même écran.

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Kareen Rispal
L’ambassadrice de la France au Canada, Kareen Rispal

Convaincre la France

Ce n’est pas de notre côté de l’Atlantique qu’il faut convaincre. En France, beaucoup de critiques s’élèvent depuis 2013 concernant cet accord de libre-échange. L’AECG est jugé trop «libéral», au sens français, classique, du terme.

Il négligerait les normes environnementales et serait peu démocratique, les tribunaux d’arbitrage permettant aux multinationales de poursuivre en justice les États nationaux.

C’est pour cette raison que la France retarde la date fatidique du vote de ratification. Alors que quelques-uns de ses voisins ont déjà adopté officiellement l’AECG (Portugal, Danemark, Espagne…), le Parlement français ne prendra sa décision qu’à l’automne 2018.

Pour convaincre cette société française réticente, les leaders politiques – notamment Justin Trudeau et le président français Emmanuel Macron à Paris il y a 2 semaines – vantent les mérites de l’AECG.

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À l’échelle locale, des voyages des deux côtés de l’Atlantique sont notamment organisés avec des organismes comme Business France pour convaincre et informer.

«On fait de notre mieux pour promouvoir le CETA auprès des entreprises françaises», a assuré Daniel Jouanneau, l’ancien ambassadeur de France au Canada.

Kareen Rispal a fait savoir sa volonté de voir l’AECG officiellement ratifié au Parlement français. «Ça doit marcher, sinon je ne vois pas comment tout autre accord économique pourrait marcher», lance-t-elle.

Daniel Jouanneau
Pour Daniel Jouanneau, «Toronto est un partenaire sans pareil pour la France».

Opportunité en or

Pour le Canada, l’AECG est une belle opportunité. C’est un tout nouveau marché de 500 millions de personnes libéré à 99% des droits de douane qui émerge.

Pour Mike Manjuris, professeur à l’Université de Ryerson, le libre-échange franco-canadien qui se développerait dans le cadre de l’AECG est une occasion d’ériger le français en langue commerciale de premier ordre: «l’avantage du Canada est que c’est un pays bilingue. Nos élèves sont capables de parler les deux langues depuis que le niveau dans les écoles secondaires a augmenté».

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