Le confinement des pays riches a de graves répercussions ailleurs

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Un confinement dans un pays riche peut signifier des emplois perdus ailleurs, des campagnes de santé perturbées, l'éducation interrompue, la famine...
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Une pandémie n’a pas que des impacts dans les hôpitaux ou sur la santé mentale chez nous. À des milliers de kilomètres, un confinement dans un pays riche peut signifier des emplois perdus dans des pays plus pauvres, des campagnes de lutte à des maladies comme la malaria ou la polio qui sont perturbées, et jusqu’à des mariages forcés pour cause de pauvreté.

Dans un avertissement publié dès la fin du mois d’avril, le Fonds des Nations Unies pour la population — l’agence en charge des questions de santé sexuelle et reproductive — prévenait que la CoViD-19 pourrait entraîner «des millions de cas supplémentaires» de mariages forcés, de mutilations génitales et de grossesses non désirées, parce que l’aide ne peut plus se rendre sur le terrain, ou que des sources de revenus se sont taries.

Retard scolaire

Les chaînes d’approvisionnement pour des médicaments sont rompues ou perturbées. Et des écoles sont fermées à cause du confinement.

La Banque mondiale évaluait en décembre que 72 millions d’enfants de plus que ce qui avait été prévu au début de 2020 risquaient d’être analphabètes à l’âge de 10 ans, à cause de ces fermetures d’écoles prolongées dans les pays les plus pauvres.

«La pandémie amplifie la crise mondiale de l’éducation qui existe déjà: elle pourrait augmenter de 53 à 63% la proportion d’enfants en âge d’aller à l’école primaire qui resteront dans un état de déficit d’apprentissage, dans les pays à faibles et moyens revenus.»

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Extrême pauvreté

Enfin, si la pandémie ne cause pas directement la famine, c’est néanmoins là aussi quelque chose qu’elle peut amplifier.

Le Yémen venait déjà, avant le coronavirus, de basculer dans la catégorie de pays en état de famine. Les difficultés à acheminer de l’aide rendent la situation encore plus catastrophique.

Et dans des pays qui, eux, ne vivaient pas officiellement une situation de famine, mais d’extrême pauvreté, ce sont 168 000 enfants qui pourraient mourir de malnutrition associée aux conséquences du coronavirus, selon une recherche prépubliée le 11 décembre.

Cette semaine encore, le Programme alimentaire mondial annonçait que sur l’île de Madagascar, plus de 1,3 million de personnes avaient besoin d’aide humanitaire, deux fois plus que l’an dernier à pareille date. «Des sécheresses successives et un manque d’emplois lié aux restrictions causées par la CoViD-19, sont à blâmer.»

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