Le chemin de Boucar Diouf

Immigration et intégration: comme le fleuve qui coule

Boucar Diouf
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Dans le cadre de la Semaine de la Francophonie de Toronto, l’humoriste québécois d’origine sénégalaise Boucar Diouf aurait dû donner deux représentations de son spectacle Magtogoek ou le chemin qui marche à l’Alliance française de Toronto.

Ces spectacles – qui affichaient complets – ont été annulés en raison du CoViD-19. Pas longtemps avant cette décision du producteur Francophonie en fête, l-express.ca s’était entretenu avec Boucar Diouf, dont les propos restent pertinents.

Remercier le fleuve

Il raconte que l’idée de son spectacle fleurissait en lui depuis très longtemps. «J’ai fait le doctorat en océanographie à l’Université du Québec à Rimouski, donc c’est le fleuve Saint-Laurent qui m’a emmené au Canada.»

Pour l’humoriste-biologiste-chroniqueur, ce spectacle est l’occasion de remercier le fleuve et de souligner sa place dans l’histoire de l’Amérique française. «C’est l’autoroute principale de l’Amérique française!»

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De plus, il relate que les personnes qu’il a rencontrées au fil des années, lorsqu’il a habité notamment à Gaspé, Baie-Comeau et Rimouski, ont été très marquantes dans son enracinement au Québec.

«C’était ma façon de lui dire merci après 25 ans passés sur les berges du Saint-Laurent… et à ceux qui y habitent pour m’avoir ouvert leur bras et leur coeur.»

Les thématiques abordées

Dans son spectacle, Boucar Diouf aborde l’histoire de l’Amérique française, la diversité culturelle, le vivre ensemble, la pollution du fleuve et l’histoire des Premières Nations.

Il invite les gens à emprunter avec lui le même chemin que l’explorateur Jacques-Cartier a fait lors de ses voyages en Nouvelle-France.

«J’arrête à Gaspé pour parler de son premier voyage. J’arrête à Tadoussac pour parler de sa rencontre avec les bélugas du Saint-Laurent. J’arrête à Trois-Rivières pour parler de la croix que Jacques-Cartier a plantée sur l’île Saint-Quentin. J’arrête à Québec pour parler de la rencontre de Jacques-Cartier et Donnacona.»

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Parfois, Boucar Diouf va aux alentours du fleuve pour parler de rencontres culturelles. «Le Canada était déjà un territoire multiculturel avant l’arrivée des Blancs»: il était peuplé de plusieurs communautés autochtones de différentes langues et cultures.

Par la suite, d’autres immigrants sont arrivés, et il continue d’en arriver encore. «Chaque fois, il faut s’asseoir pour voir comment on fait pour vivre ensemble.»

Boucar Diouf expliquait récemment à Radio-Canada la fonction des virus, de son point de vue d’expert des milieux marins.

La découverte de l’autre

Magtogoek ou le chemin qui marche (le nom donné au fleuve par les Algonquins, et sa signification) est un spectacle qui met en lumière la découverte de l’autre.

«La peur de découvrir l’autre existe encore et ne date pas d’aujourd’hui. Les préjugés nous empêchent de découvrir l’autre dans son entièreté. Donc, c’est ce mur qui nous sépare de l’autre qui faut vraiment fracasser pour pouvoir avoir un véritable galop.»

Tout n’a pas toujours été rose pour Boucar Diouf au Québec, mais il affirme avec fierté être la preuve que bien des gens ont passé par-dessus leurs préjugés.

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«J’insiste surtout sur le fait que la découverte de l’autre a fonctionné pour beaucoup de gens.»

«C’est pour ça que mon spectacle s’appelle le chemin qui marche. Il faut s’accrocher à des gens pour ne pas tomber parce que ça bouge beaucoup. C’est un chemin qui marche depuis longtemps et quand on vient d’arriver au pays, il est préférable de tendre la main à ceux qui sont arrivés avant toi pour ne pas couler à pic.»

L’Ontario

Même si les références de Boucar Diouf sont très québécoises, il aurait adapté son spectacle à l’Ontario. Après la crise sanitaire, on l’invitera peut-être à nouveau.

Les grands explorateurs qui sont allés dans la région des Grands Lacs sont passés par le fleuve Saint-Laurent. «Il reste que c’est une histoire commune puisque le fleuve Saint-Laurent est l’endroit où se rejoint tout le monde.»

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