Surtout associée au choc pétrolier des années 1970, la stagflation est l’un des phénomènes les plus redoutés par les banques centrales: des taux de chômage et d’inflation qui grimpent simultanément, sur fond de croissance faible. Risque-t-on de voir un tel scénario se répéter?
Pendant des décennies, la stagflation appartenait surtout aux manuels d’histoire économique. Cette conjoncture atypique évoque d’abord les années 1970, alors que le choc pétrolier entraînait une inflation galopante, un chômage élevé et une croissance anémique. Ce contexte venait remettre en question les politiques interventionnistes de type keynesien, adoptées par les gouvernements dans les économies modernes depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Or, ce scénario que l’on croyait révolu refait aujourd’hui surface. Au Canada, plusieurs indicateurs montrent l’émergence de certains symptômes inquiétants associés à la stagflation: croissance faible, ralentissement du marché du travail et retour des pressions inflationnistes.
Qu’est-ce au juste que la stagflation?
Dans un cycle d’activité normal, la croissance de l’économie s’accompagne d’une progression des revenus et de la demande, ce qui suscite à la fois une diminution du chômage et des tensions sur les prix.
Quand l’économie est forte, l’inflation peut même s’emballer. Inversement, en période de ralentissement, le chômage augmente, les salaires stagnent et la demande diminue, ce qui freine l’inflation: les consommateurs dépensent moins, et les entreprises perdent ainsi leur pouvoir de fixation des prix.





