L’aventure arctique d’un artiste de cirque

Spécialiste de l’échelle acrobatique libre

L'artiste de cirque Simon Nadeau au Nunavut.
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Bon an, mal an, septembre amène son lot de nouveautés sur le toit du Canada: le Nunavut.

Comme partout ailleurs, on se met au diapason avec l’année scolaire. Les cargos finissent leur saison de ravitaillement. Les familles quittent leurs quartiers d’été, qu’ils soient au sud ou au fin fond de la toundra. Et les écoles rafraîchissent leur liste d’employés.

Cette liste, si changeante à cause du malheureux roulement de personnel inhérent à la singularité nordique, est source d’un intérêt certain de la part des locaux enracinés ici. Qui va s’occuper de nos enfants? Y aura-t-il des atomes crochus? Est-ce que les équipes seront complètes?

Questions légitimes qui haussent le niveau de stress des parents, niveau déjà exacerbé par la pandémie de CoViD-19 et ses inconvénients sur la vie quotidienne.

L’artiste de cirque Simon Nadeau au Nunavut.

L’appel du Grand Nord

Or, sans ce coronavirus, le chemin de l’acrobate de cirque québécois Simon Nadeau n’aurait probablement pas croisé celui des gens du Nunavut.

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Car il s’agit ici d’une conséquence de la pandémie sur le monde du spectacle. Puisque les rassemblements sont limités, c’est tout son milieu de travail qui en souffre. La pause est planétaire.

C’est ainsi que l’artiste a fait contre mauvaise fortune bon cœur et s’est laissé tenter par l’appel du Grand Nord, acceptant un emploi au sein du service de garde de l’École des Trois-Soleils à Iqaluit.

Un parcours atypique

Originaire de Granby, au Québec, Simon Nadeau n’est pas tombé dans l’univers du cirque dès l’enfance comme plusieurs des artisans de cette discipline. Hyperactif et indécis, il s’y est lancé en fin d’adolescence à la suite d’une série d’évènements fortuits.

Un peu désabusé au secondaire, il choisit ses cours en fonction de la charge de travail. Il s’est retrouvé en art dramatique un peu par hasard et, grâce à un enseignant qui a décelé un potentiel dans son jeu physique, il y a pris goût.

L’École du cirque

Le premier spectacle fut déterminant. À l’heure des choix postsecondaires, il décide de s’inscrire à l’École nationale de cirque à Montréal après avoir vu une publicité à la télévision.

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Cette école reçoit quantité de demandes, mais n’y entre pas qui veut. Simon Nadeau n’a probablement qu’une chance sur mille, mais il se lance dans un entraînement intensif de pushups, de cours de gymnastique et de ballet.

Quatre mois pour rattraper tous les autres. Irréaliste, vrai, il l’avoue candidement: il n’avait pas le niveau. Pourtant, on l’accepte à l’essai dans un projet pilote. Il s’entraînera avec eux pendant un an et reprendra l’entrevue à zéro pour s’inscrire l’année suivante.

L’artiste de cirque Simon Nadeau au Nunavut.

Une discipline pointue

Comment a-t-il réussi ce coup? Grâce à une tactique qui lui fut payante: tout miser sur une discipline hyper nichée!

Pour Simon Nadeau, le talent est entre les deux oreilles: «Avec la bonne attitude, tu peux réussir avec le corps que tu as. Il suffit d’être stratégique.»

Et stratégique, il le sera en se lançant corps et âme dans l’échelle acrobatique libre. Ils ne seraient peut-être qu’une dizaine à haut niveau dans le monde.

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L’École nationale de cirque a misé sur lui, comme le fera plus tard le Cirque du Soleil qui ne possédait pas d’acrobate de son genre dans son équipe.

En équilibre sur une échelle

La discipline consiste à se tenir en équilibre sur une échelle qui n’est pas appuyée sur un mur. De là, Simon Nadeau exécute pirouettes, sauts et jeux d’équilibre sur les mains avec des accessoires et des costumes.

Du haut de son perchoir, il se déplace, sautille, se balance au son de la musique dans des chorégraphies poétiques et énergiques.

Son numéro au point, il a pu le présenter un peu partout sur la planète lors de longues tournées en Amérique du Sud, en Europe et ailleurs, pour divers cirques. Depuis une dizaine d’années, il roule sa bosse et diversifie son offre en ajoutant la jonglerie, le Rola Bola, les personnages, etc.

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Croisière et mariage

D’autres expériences l’ont aussi marqué, comme récemment sur un bateau de croisière en Méditerranée, où tout un spectacle tournait autour d’un personnage qu’il interprétait. Ou encore lorsqu’il fut engagé pour présenter un numéro lors d’un gigantesque mariage en Inde!

Il était en résidence pour un an à Hong Kong quand la pandémie a éclaté. De retour à Montréal, il décide, avec sa conjointe, de se dépayser totalement. Ils iront là où ils trouveront un emploi, mais s’ils ont la chance, ce sera le Nord.

Fort de ses longues années à entraîner les jeunes dans l’univers du cirque, il se trouve un emploi à Iqaluit au service de garde. Exaucés, les voici parmi nous, prêts à en découdre avec l’hiver arctique. L’aventure, toujours l’aventure!

Profiter de sa chance

Simon Nadeau veut vivre le Nord. Dans ses bagages, il avait son échelle, mais aussi son matériel de camping et son fusil, car il a bien l’intention d’aller chasser le phoque.

Sentir le Nord, expérimenter les blizzards, faire du traîneau à chiens: il compte bien multiplier les occasions d’intégrer sa nouvelle communauté inuite. Actif, il espère aussi pouvoir joindre le club de gymnastique pour s’entraîner et partager son savoir.

Pour l’instant, il initie quelques jeunes de son groupe du service de garde aux rudiments du fil de fer et de la jonglerie, mais ce n’est qu’un début. Chose certaine, c’est un passionné de tout qui saura laisser sa marque dans la communauté!

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