L’Atlantique s’habitue aux tempêtes tropicales

Pas une bonne idée de construire près des côtes

Tempête à Cavendish. Photo: Don Jardine, Laboratoire sur le climat de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.
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À la mi-septembre, l’ouragan Dorian, devenu tempête post tropicale juste avant de toucher terre en Nouvelle-Écosse, a déferlé sur une bonne partie des provinces de l’Atlantique.

La force de la tempête et ses conséquences ont été importantes: des vents de plus de 150 km/heure, des vagues de plus de 20 mètres – et même un de plus de 30 mètres enregistrés près des côtes de Terre-Neuve, plus de 100 mm de pluie par endroits et plus du quart des habitants des Maritimes privés de courant.

Moins intense, mais plus étendu que l’ouragan Juan qui avait frappé la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard en 2003, Dorian aura laissé sa trace.

Évidemment, ce n’est rien à comparer aux ravages que ces ouragans ou tempêtes peuvent faire dans les Caraïbes, au Mexique ou aux États-Unis, comme l’ont vécu les Bahamas avec Dorian.

Tempête à Cape Bear. Photo: Don Jardine, Laboratoire sur le climat de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Marées hautes

L’un des dommages les plus permanents qu’occasionnent les fortes tempêtes est l’érosion des côtes.

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Et comme les niveaux de la mer augmentent de 1 à 3 mm par année depuis 6000 ans, les effets sont de plus en plus sévères.

«En Nouvelle-Écosse, on commence à subir des inondations provoquées uniquement par les marées hautes, sans qu’il y ait de tempête», précise Bob Robichaud, météorologue au Centre canadien de prévision des ouragans.

Maisons trop près des côtes

Selon lui, les côtes de la Péninsule acadienne, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, et l’isthme de Chignectou, qui relie la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, sont les plus à risque.

D’ailleurs, en septembre dernier (2019), un couple de Cap-Bateau, sur l’ile Lamèque, dans la Péninsule acadienne, a dû déménager sa maison située le long de la côte, ce qui lui a coûté environ 50 000 $. Les propriétaires affirment qu’au fil des années, les tempêtes ont rongé près de 10 mètres de leur terrain.

Comment se protéger contre ces évènements de plus en plus dévastateurs? Adam Fenech, qui dirige le Laboratoire de recherche sur le climat de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, a une réponse toute simple. «Voici ce que je recommande toujours: simplement ne pas construire si près des côtes.»

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Une route qui s’est effondrée sous l’effet de l’érosion.

Érosion notable à l’Île

Les tempêtes ne sont pas les seuls facteurs entraînant l’érosion des côtes. La montée des niveaux de la mer, la fonte des neiges aux printemps, les glaces et même l’écoulement des eaux de la nappe phréatique vers la mer y contribuent également.

À l’Île, on estime que la mer gruge en général environ 30 cm de côtes par année. À certains endroits, cela va jusqu’à plus d’un mètre, voire plus de 5 mètres.

«Je ne suis pas sûr que l’on puisse dire que l’érosion augmente, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a assurément une augmentation du nombre d’endroits où l’érosion est notable», ajoute Adam Fenech.

Les gens mieux préparés

Au sein de l’Organisation des mesures d’urgence (OMU) du Nouveau-Brunswick, on constate un niveau de préparation plus élevé au sein de la population.

Le porte-parole de l’organisme, Geoffrey Downey, souligne que son équipe a vu une différence entre les fortes inondations le long du fleuve Saint-Jean de 2018 et l’épisode Dorian.

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«On a vu qu’il n’y a pas eu de blessure sévère lors de la tempête Dorian. Ce que ça nous dit, c’est que les gens ont pris les avis au sérieux. Ils étaient prêts. On est assez convaincu que les gens étaient mieux préparés.»

Geoffrey Downey explique que pour l’OMU du Nouveau-Brunswick, un ouragan, une inondation, une tempête de verglas ou autres phénomènes change peu la préparation.

«Une urgence est une urgence», souligne M. Downey. On ne peut pas contrôler la météo, mais on peut contrôler notre niveau de préparation. Ça peut sauver notre vie.»

Photo prise sur les côtes de l’Île-du-Prince-Édouard lors de la tempête Dorian. Photo: Don Jardine, Laboratoire sur le climat de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Évènements météo marquants en Atlantique

• 24 et 25 août 1927 : En Atlantique, un ouragan emporte des routes, crée des inondations et provoque la mort de 56 personnes, au large de Terre-Neuve.

• 15 août 1971 : L’ouragan Beth inonde la Nouvelle-Écosse de 300 mm de pluie, juste avant les récoltes. La partie est de la province est isolée par l’inondation des rotes et des ponts.

• 11 septembre 1995 : Au large de Terre-Neuve, l’ouragan Luis provoque la plus haute vague mesurée, qui atteint 30 mètres et s’écrase sur un paquebot.

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