L’artiste métis Bob Boyer au Musée des Civilisations

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Publié 11/09/2012 par Gabriel Racle

Le Musée canadien des civilisations offre, jusqu’au 4 novembre, outre l’exposition Les Dieu(x) mode d’emploi et celle consacrée aux secrets de la civilisation maya, qui s’y retrouve après sa présentation à Toronto, une nouvelle exposition intitulée Le travail d’une vie, qui met en valeur l’œuvre très originale de l’artiste métis, Bob Boyer.

Cette exposition est la première exposition d’envergure consacrée à Bob Boyer, un artiste métis qui a travaillé avec ardeur pour faire reconnaître la contribution des Premiers Peuples à la vie culturelle et sociale au Canada.

Né en Saskatchewan en 1948, Robert James (Bob) Boyer obtient, en 1971, un baccalauréat en éducation (beaux-arts) de l’Université de la Saskatchewan à Regina.

En 1978, il entre au Saskatchewan Indian Federated College – aujourd’hui, l’Université des Premières Nations du Canada –, à Regina.

Il participe activement au développement du programme des beaux-arts du collège et, de 1980 à 1998 et de 2000 à 2004 il dirige le Département d’art autochtone.

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En avril 2004, il est nommé professeur titulaire d’art autochtone et d’histoire de l’art à l’Université des Premières Nations du Canada, à Regina.

Mais le 30 août, Bob Boyer s’effondre lors d’une danse dans un pow-wow à Macy, au Nebraska, et il décède à l’hôpital de Sioux Falls, au Dakota du Sud.

Promoteur de l’art autochtone

Artiste et enseignant, Boyer s’est employé durant toute sa carrière à faire reconnaître la valeur de l’art et des artistes autochtones au Canada.

Il a fait partie du conseil de la Society of Canadian Artists of Native Ancestry (société des artistes canadiens d’origine autochtone), un organisme national qui, vers la fin des années 1980 et le début des années 1990, s’est voué avec succès à l’intégration de l’art autochtone contemporain dans les musées canadiens.

En tant que conservateur à la MacKenzie Art Gallery, à Regina, il a organisé des expositions avant-gardistes qui assuraient la promotion des œuvres d’artistes autochtones, actuels et passés, comme avec 100 Years of Saskatchewan Indian Art, 1830-1930, New Work by a New Generation, Kiskayatum: Allen Sapp, a Retrospective (artiste peintre de la communauté crie, né en 1928 en Saskatchewan) et The Powwow: An Art History.

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Œuvres

Des œuvres de Bob Boyer ont déjà fait partie de plusieurs expositions collectives importantes d’art autochtone au Canada, et deux expositions itinérantes organisées par le Musée canadien des civilisations ont été présentées à l’étranger: À l’ombre du soleil – L’art contemporain amérindien et inuit du Canada (1988-1991) et Indigena – Les vues des Autochtones relatives à cinq cents ans (1992-1995).

Pour créer ses œuvres, Boyer a utilisé une diversité de supports. Sa série de peintures sur couvertures de flanelle de coton est sans doute la plus connue.

Il y associe des motifs utilisés par les Autochtones des plaines du Nord, une symbolique toute personnelle et des allusions à la vie contemporaine.

On considère la plupart des œuvres de cette série comme des représentations des répercussions néfastes du processus colonial sur les cultures, les conceptions du monde, les religions et les territoires autochtones.

Bob Boyer a aussi exécuté plusieurs commandes en vue de créer des œuvres destinées à des lieux publics au Canada et à l’étranger, notamment des murales qui ornent le Royal Saskatchewan Museum et la succursale Albert de la bibliothèque municipale de Regina.

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L’exposition

L’exposition du Musée canadien des civilisations est particulièrement spectaculaire, car elle réunit 58 œuvres réalisées entre 1968 et 2004.

Ce regroupement permet de découvrir la manière dont l’artiste, après avoir étudié les motifs traditionnels, les a utilisés et intégrés dans ses productions pour faire découvrir des aspects importants de la vie contemporaine des Autochtones.

Le visiteur remarquera que plusieurs œuvres exposées sont des couvertures peintes. La raison tient aux traditions autochtones, dans lesquelles la couverture tient une place importante, notamment comme cadeau, comme objet de reconnaissance. Bob Boyer s’en explique lui-même.

«À la naissance, on nous enveloppe dans une couverture : une couverture de bébé. Au cours de notre vie, les couvertures nous tiennent au chaud. Les Indiens ont des couvertures pour faire la cour; les gens se marient et font l’amour sur des couvertures. En temps de guerre comme en temps de paix, on est enveloppé dans une couverture pour être enterré. Pour dormir, l’armée britannique donnait à ses soldats des couvertures dans lesquelles ils étaient aussi enterrés.»

Comme l’exprime Lee-Ann Martin, conservatrice de l’art autochtone canadien contemporain: «Dans ses œuvres, qui véhiculent souvent un message politique, Bob a combiné des éléments historiques issus de l’art graphique des Autochtones des plaines du Nord avec des symboles personnels et des allusions à la vie contemporaine. Au cours des 10 dernières années de sa vie, Bob a fait l’essai de divers supports et réalisé des œuvres qui rendent hommage à l’histoire, à la cosmologie et à la spiritualité d’Autochtones du monde entier.»

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Tout un art et un artiste à découvrir, donc.

Auteur

  • Gabriel Racle

    Trente années de collaboration avec L'Express. Spécialisé en communication, psychocommunication, suggestologie, suggestopédie, rythmes biologiques, littérature française et domaine artistique. Auteur de très nombreux articles et d'une vingtaine de livres dont le dernier, «Des héros et leurs épopées», date de décembre 2015.

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