La rentrée politique devancée

L'autobus de campagne du Parti québécois. (Photo: Radio-Canada)


4 septembre 2018 à 17h30

On était censé se reposer en juillet et août, voyager, lire, avoir congé de politique, pour reprendre le collier en meilleure forme physique et mentale en septembre, comme les écoliers.

Apparemment, nos premiers ministres n’ont pas reçu le mémo.

Ontario

En Ontario, Doug Ford, élu le 7 juin, s’est mis tout de suite au travail et a fait siéger l’Assemblée législative pour: mettre fin à la grève à l’Université York; sortir du système de plafonnement et d’échange des gaz à effet de serre; stopper le projet-pilote de revenu garanti; revenir à l’ancien curriculum sur l’éducation sexuelle; baliser la vente de cannabis par le secteur privé; lancer une enquête sur les finances publiques…

La mesure la plus spectaculaire est la réduction de la taille du Conseil municipal de Toronto, à laquelle il faut ajouter l’intention de la province de prendre le contrôle de la TTC, qui vient évidemment bouleverser la campagne en vue des élections municipales et scolaires du 22 octobre, dont on ne devait pas entendre parler avant septembre.

Ottawa

Le nouveau gouvernement conservateur a également confronté le gouvernement libéral fédéral sur le coût de l’immigration illégale, et il s’est joint à la Saskatchewan pour contester la constitutionnalité de la taxe carbone nationale.

En temps normal, ce seraient considérés comme de gros ennuis pour le premier ministre Justin Trudeau, mais son gouvernement en a déjà plein les bras avec la renégociation du libre-échange avec les États-Unis de Trump, qui serait dans une phase critique, et l’abandon par l’Alberta du plan national sur les changements climatiques en raison des nouveaux obstacles qui se dressent devant le pipeline Trans Mountain, qu’Ottawa a acheté pour 4,5 milliards $.

La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, s’est adressée directement à la population suite à un revers du pipeline Trans Mountain en Cour d’appel fédérale.

Québec

Au Québec, où des élections ont lieu le 1er octobre, le premier ministre Philippe Couillard a également devancé la rentrée en déclenchant la campagne en août.

Pour la première fois depuis un demi-siècle, le principal adversaire du Parti libéral n’est pas le Parti québécois souverainiste social-démocrate, mais bien la Coalition Avenir Québec nationaliste conservatrice de François Legault.

Le PQ de Jean-François Lisée ne s’est pas remis du passage éclair mais turbulent du chef précédent, l’homme d’affaires Pierre-Karl Péladeau, qui avait succédé à une Pauline Marois elle-même abandonnée au pire moment, inexplicablement, par les indépendantistes purs et durs.

Le PQ est également talonné sur sa gauche par le parti communiste-féministe-souverainiste-surréaliste Québec solidaire des co-chefs Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.

La démographie politique québécoise s’est complètement inversée par rapport à celle des années 1970: c’est maintenant le Parti libéral centriste, multiculturaliste, qui a la faveur des jeunes électeurs, les têtes blanches étant majoritaires au PQ, malgré ses pubs humoristiques inédites et son autobus digne du Magical Mystery Tour.

Jusqu’à maintenant, la campagne québécoise a été marquée par un «magasinage» éhonté de partis, parfois aux antipodes idéologiques, par des candidats-vedettes, et par des petites trahisons démoralisantes dans certaines circonscriptions. Les premiers sondages donnent la CAQ gagnante, mais on sait qu’on a toujours tort de sous-estimer les Libéraux et parfois le PQ.

Monde

Les Canadiens sont loin d’être les seuls à ne pas avoir eu droit à un congé estival de politique. Les Américains sont déjà depuis plusieurs mois en campagne en vue des élections de mi-mandat en novembre, la valse des enquêtes et des procès s’est poursuivie, et le président Donald Trump n’a jamais cessé de tweeter.

En France, où les vacances sont pourtant sacrées, le mandat du président Emmanuel Macron a été ébranlé par l’affaire Benalla, du nom de son conseiller allé observer un déploiement de policiers, qui en a profité pour tabasser un manifestant, et par la démission inattendue, en direct à la radio, de son ministre Nicolas Hulot, qui représentait la sensibilité écologique du gouvernement.

Les médias sont désormais aussi occupés l’été que le reste de l’année.

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