La Pathologiste : réalité et fiction font bon ménage

Élisabeth Tremblay, La Pathologiste
Élisabeth Tremblay, La Pathologiste – Dr. Lesley Richardson enquête, roman, Montréal, Flammarion Québec, 2022, 304 pages, 26,95 $.
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Élisabeth Tremblay s’inspire librement de la première femme pathologiste en Saskatchewan pour camper son personnage principal dans le roman La Pathologiste. Le surnom «la Sherlock Holmes de la Saskatchewan» est tout désigné.

En 1918, Frances Gertrude McGill devient bactériologiste provinciale au ministère de la Santé de la Saskatchewan. Deux ans plus tard, elle accède au poste de pathologiste en chef de la province.

Selon cette remarquable scientifique, il lui faut «penser comme un homme, agir comme une dame, et travailler comme un chien».

Pathologiste en 1918

L’action du roman se déroule en 1918, époque où la médecine légale n’en est qu’à ses balbutiements. La pathologiste Lesley Richardson doit déployer l’art naissant de la médecine légale afin de faire parler les morts.

Certains policiers trouvent qu’une femme n’a pas à courir les champs à la recherche d’un squelette. Sa place est «à la maison, avec les casseroles et les enfants. Les femmes ont été conçues pour donner la vie, pas pour étudier les carcasses qu’elle a désertées.»

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Lesley Richardson est à l’emploi de la Police de la Saskatchewan qui a été créé en 1917 et qui a fonctionné jusqu’en 1928, aux côtés de la Police à cheval du Nord-Ouest, ancêtre de la Gendarmerie royale du Canada.

Un Métis disparu?

Deux affaires requièrent la science de la médecin légiste. Un apprenti forgeron a été battu à mort et un fermier a découvert des ossements sur sa terre. D’emblée, on présume que ceux-ci appartiennent à un Métis disparu un an auparavant.

La curiosité de la «Doc» est piquée à vif. Avant de remettre un corps à la famille, elle prend le temps d’analyser et d’interroger l’estomac, l’intestin, le foie, les reins, la vessie, le cœur, les poumons, le cerveau, les ongles et les cheveux.

Si un policier est bon pour suivre une piste, déchiffrer des indices et réussir n’importe quelle filature, une pathologiste est efficace en faisant parler un cadavre.

Lesley Richardson cherche à gagner l’estime et la confiance des gens par la bonne vieille méthode: «un travail non seulement impeccable, mais acharné».

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Un clin d’œil à Louis Riel

La romancière fait un clin d’œil à Louis Riel en inventant un guide métis nommé Roy Riel. Elle développe son intrigue en illustrant comment «il existe bien peu d’emplois aussi lucratifs que les activités illicites».

Il est question de ventes illégales d’alcool et de drogues.

Il est aussi discrètement question de mœurs sexuelles pas encore approuvées par le public. Lesley Richardson a une gouvernante prénommée Lucinda. Mais il devient rapidement évident que les deux femmes forment un couple.

Lesley a un faible pour les instants «où la nécessité d’obéir aux convenances et de préserver les apparences disparaît au profit de sensations brutes et enivrantes».

Plus de victimes que de suspects

Dans ce roman où les victimes s’accumulent plus vite que les suspects, la romancière fait souvent intervenir une voix intérieure qui laisse tomber de brèves réflexions sur un doute, une impression ou un sentiment. Une technique utilisée à bon escient.

À la fois roman historique et policier, La Pathologiste illustre avec brio comment réalité et fiction peuvent faire bon ménage.

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