La pandémie a créé des étudiants «désengagés»

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Plusieurs associations étudiantes de collèges et universités du pays ont remarqué une baisse de la participation étudiante à leurs activités. Photo: Fox, Pexels
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Plusieurs associations étudiantes de collèges et universités du pays ont remarqué une baisse de la participation étudiante à leurs activités au cours des dernières années.

Bien que personne ne sache en identifier la cause exacte, le coût de la vie et la hausse des droits de scolarité sont montrés du doigt.

Des élus étudiants qui travaillent

«Maintenant, avoir tous les élus à une table, c’est compliqué», soupire le directeur de la Fédération des étudiantes et étudiants de l’Université de Moncton (FÉÉCUM), Pierre Losier.

Selon lui, l’engagement au sein de la fédération étudiante n’est pas forcément moindre, mais différent. «Quand je suis arrivé [à la FÉÉCUM] il y a 12 ans, c’était très rare un élu qui avait un emploi. Tandis qu’à c’t’heure, c’est rare un élu qui ne travaille pas. Donc, c’est certain que ça change la dynamique. Le travail se fait, mais pas nécessairement de la même façon.»

«Avec le taux d’endettement qui augmente, c’est de plus en plus difficile de convaincre les gens de prendre une journée pour manifester. Avec un endettement élevé et des études chères, des fois, on se questionne: est-ce que c’est la bonne voie de dire aux étudiants de manquer leurs cours après qu’ils aient investi 8 000 $ dans leur année?», explique-t-il.

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Pierre Losier est directeur de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton. Photo: courtoisie FÉÉCUM

Plus de 6 000 $ par année

Pierre Losier prévoit que l’augmentation continue des frais de scolarité nuira davantage à l’engagement démocratique des étudiants.

Selon Statistique Canada, les étudiants canadiens inscrits à temps plein à un programme de premier cycle payaient en moyenne «6 693 $ en droits de scolarité pour l’année universitaire 2021-2022, en hausse de 1,7 % par rapport à l’année précédente».

«Les frais moyens des programmes d’études de cycles supérieurs se sont accrus de 1,5 % pour atteindre 7 472 $.»

Pierre Losier témoigne de l’écart entre le Québec et le reste du Canada. En 2012, lors du printemps érable , «les Québécois nous demandaient pourquoi on n’allait pas dans la rue. Eux autres ont payé 2 000 $ et peuvent dire: si vous ne venez pas dans la rue, vous allez payer comme notre voisin, 8 000 $…»

«Ben les nôtres paient 8 000 $ et ne peuvent pas se permettre de manquer un cours!»

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La pandémie a affecté les étudiants

«La pandémie a créé des gens désengagés», se désole Pierre Losier. Il observe un certain engouement depuis le retour des activités en présentiel. Il  a «espoir que l’année prochaine, les gens seront plus présents, répondront aux différentes offres sur le campus, que ce soit des activités culturelles ou autres.»

«L’Université a une partie académique, mais on veut aussi créer des citoyens engagés et si on ne réussit pas à les engager dans la communauté universitaire, ça va être très difficile d’avoir ces gens engagés dans notre communauté par la suite.»

Diana Mbonga Diana aura du pain sur la planche au début de son second mandat à la présidence de l’Association étudiante de l’Université Saint-Paul (AÉUSP). «Le plus gros défi, c’est la participation des étudiants dans ce que nous faisons sur la question démocratique et les activités.»

Malgré un effort de communication par l’utilisation des médias sociaux et d’une infolettre, le faible taux de participation a mené à l’élection de deux membres par acclamation à des postes de direction.

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Diana Mbonga Diana est présidente de l’Association étudiante de l’Université Saint-Paul, à Ottawa. Photo: Salomon Byuma

Distanciation = faible participation

La vaste majorité des cours se donne encore à distance au collège La Cité d’Ottawa. Cette réalité, qui dure depuis plus de deux ans, a causé une baisse du sentiment d’appartenance des étudiants et une «faible participation aux différentes activités liées à la vie étudiante et à la vie démocratique», affirme le directeur général de l’Association étudiante de La Cité, Louis-Philippe Hurtubise, dans un courriel.

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Il se rappelle qu’avant la pandémie, une centaine d’étudiants se présentaient aux assemblées générales. «Cette année, on a eu beaucoup de difficulté à atteindre le quorum soit 25 étudiants.»

«Avant la pandémie, plus de 18% des étudiants se prévalaient de leur droit de vote. Cette année, c’est à peine 7 % de ceux-ci qui ont voté. Le nombre de candidats qui se présentent pour être représentants a également diminué dans les mêmes proportions.»

Tendance généralisée au pays

En échangeant avec les autres collèges ontariens, Louis-Philippe Hurtubise comprend que la tendance est généralisée.

D’après la vice-présidente de l’Association des Universitaires de la Faculté Saint-Jean (AUFSJ), Joannie Fogue, ce sont surtout les élus d’une association qui influencent l’engagement de la population étudiante.

Elle ne rencontre pas d’obstacle particulier quand vient le temps de mobiliser les membres. Elle estime qu’il faut «comprendre les démographies qu’on représente».

Elle conclut que la meilleure voie de la mobilisation des étudiants, surtout les plus jeunes, demeure l’utilisation des médias sociaux.

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Joannie Fogue est vice-présidente de l’Association des Universitaires de la Faculté Saint-Jean, en Alberta. Photo: Glen, SUBPhoto

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