La Lettonie au passé tumultueux

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Après avoir conté l’histoire de la Lituanie, évoqué Tallinn, capitale de l’Estonie, il reste à jeter un regard sur la Lettonie. L’Estonie la borde au Nord, la Lituanie, capitale Vilnius, forme sa frontière au Sud, et à l’Est ce sont la Russie et la Biélorussie. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, car ce pays a connu une histoire tourmentée.

Aperçu historique

Les côtes de la mer Baltique étaient peuplées bien avant notre ère par des tribus pratiquant des échanges commerciaux.

Les anciennes chroniques mentionnent la route «allant des Vikings vers les Grecs», en passant par l’actuelle Lettonie. Le fleuve Daugava, qui traverse maintenant Riga, servait de voie de pénétration dans le continent européen.

La côte «lettonne» était alors connue pour son ambre, une résine fossile jaune de conifères, qui avait une très grande valeur et était très recherchée, en Grèce et dans l’Empire romain.

Vers la fin du XIIe siècle, des commerçants allemands s’installent dans ces lieux stratégiques, suivis de missionnaires prêchant la «bonne parole». Les habitants résistent et le pape lance une croisade avec des chevaliers allemands, les chevaliers teutoniques, qui convertissent le peuple par la force.

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Unification de la région

Les chevaliers allemands fondent Riga en 1201, qui deviendra la ville la plus importante de toute la côte, et ils unifient les tribus locales dans une confédération féodale dénommée Livonie.

Elle s’étend de la Lettonie à l’Estonie actuelles. Riga est incluse dans la Hanse, une association de villes marchandes du nord de l’Europe.

Riga devient ainsi un centre important d’échanges commerciaux Est-Ouest, qui établit des liens culturels avec l’Europe occidentale.

Après la Guerre livonienne (1558-1583), qui oppose la Russie à une alliance danoise, suédoise, lituanienne et polonaise, la Lettonie actuelle passe sous domination polono-lituanienne unifiée.

Mais en 1621, lors de la guerre polonaise-suédoise (1600-1629), Riga tombe sous la domination suédoise. Le XVIIe siècle voit se développer une unification culturelle, ferment de la nation lettonne.

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Les invasions

En 1710, le tsar Pierre le Grand envahit la contrée et la Lettonie devient une province russe. Il épouse une Lettone qui deviendra Catherine Ière à sa mort. Il lui avait fait construire un palais à Tallinn.

La conscience nationale lettonne se développe de plus en plus au XIXe siècle et triomphe avec l’indépendance du pays après la Première Guerre mondiale en 1918, reconnue par les Russes.

En 1921 la Lettonie entre à la Société des Nations. Mais en juin 1940, sous couvert du pacte soviéto-allemand Molotov-Ribbentrop, l’armée soviétique envahit les pays baltes et bombarde Riga, rasant le centre-ville.

En 1941, c’est l’armée allemande qui déferle sur la région et l’occupe jusqu’en 1944. L’URSS reprend possession des pays baltes.

Les Soviétiques s’efforcent de russifier la Lettonie en déportant des Lettons et en implantant des Russes.

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Le 23 août 1989, date du 50e anniversaire du Pacte Molotov-Ribbentrop, qui avait entraîné l’occupation de la Lituanie, Lettonie et Estonie, environ deux millions de Lituaniens, Lettons et Estoniens forment une chaîne humaine de 600 km, de Tallinn à Riga et Vilnius, pour attirer l’attention du monde sur leur sort.

Avec la «glasnost» de Gorbatchev, l’URSS reconnaît en 1991 l’indépendance de la Lettonie, votée par le Parlement letton. Le 2 avril 2004, la Lettonie devient membre de l’OTAN et le 1er mai, de l’Union européenne.

Riga

Riga est la plus grande ville des États baltes. On peut distinguer la vieille ville, au bord du Daugava, et la ville moderne, au Nord-Est, où se trouvent des immeubles de l’art nouveau (fin XIXe-début XXe siècle).

La vieille ville a perdu ses remparts médiévaux, contrairement à Tallinn. Elle comporte des édifices diversifiés, dont ceux de la place de l’hôtel de ville, reconstitués à l’identique, avec notamment la Maison des Têtes Noires, une maison néerlandaise de style Renaissance.

Mais derrière la partie touristique, Riga offre une autre image: maisons délabrées, obturées par des planches, la pitoyable entrée de la Bibliothèque nationale.

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Cette image s’accompagne d’un nombre élevé de mendiants, de voleurs à la tire qui puisent dans les poches ou les sacs de touristes insouciants.

La mise en garde du gouvernement du Canada est justifiée. Ceci tient sans doute à un climat économique difficile, chômage élevé, contraction de l’économie, instabilité gouvernementale, monnaie (lats) surévaluée. Riga est certes une ville intéressante à visiter, mais elle ne semble pas avoir réalisé l’équilibre entre son passé et le présent, comme Vilnius et surtout Tallinn.

Nous n’avons pas observé dans ces deux capitales les problèmes sociaux mentionnés ci-dessus, que nous avons réellement vus à Riga. Cette capitale semble avoir encore un long chemin à parcourir pour se mettre au même niveau.

Pour la petite histoire, rappelons que la sixième présidente de la République de Lettonie (1999-2007), madame Vaira Vike-Freiberga, a enseigné à l’Université de Montréal, après avoir travaillé comme psychologue dans un hôpital psychiatrique de Toronto (1960 – 1961).

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