La France s’intéresse au cinéma canadien

cinéma film patrimoine Bruno Boëz
Une scène du film canadien Death Goes North, réalisé en 1939 par Frank McDonald.
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Les services culturels de l’ambassade de France au Canada, avec le soutien de l’Institut canadien du film, mènent présentement une étude sur la mise en valeur du patrimoine cinématographique canadien.

Ce travail a été confié à Bruno Boëz, installé à Toronto depuis juillet, qui a travaillé en France pour le Centre national du cinéma et de l’image animée (ministère de la Culture), notamment dans ce secteur des «films de patrimoine» qu’il définit simplement comme «sortis en salle depuis plus de 10 ans».

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Bruno Boëz

Cela représenterait 90% du cinéma canadien.

La France, pays de cinéphiles

«Il y a un bon public en France pour ces films de cinémathèque», explique-t-il à l-express.ca. Au Canada, le défi – qui est aussi le sien en tant que chercheur – est qu’il y a «plusieurs cinémas: francophones, anglophones, autochtones…»

Son étude, qu’il veut compléter d’ici la fin juin, a pour but d’établir «un état des lieux» en identifiant l’offre actuelle de diffusion, les stratégies de programmation, ainsi que les acteurs principaux du secteur. Elle vise ultimement à promouvoir la circulation des films canadiens.

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Au minimum, il s’attend à constituer un répertoire des diffuseurs (actuels ou potentiels) de films de patrimoine. Cela pourrait mener à la création d’un catalogue de tous ces films que ces diffuseurs ou les cinéphiles eux-mêmes pourraient consulter.

L’enjeu est aussi de donner envie aux Canadiens de voir leurs vieux films «en mettant en place un accompagnement spécifique et une communication attractive».

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Un grand nombre de films n’existent encore que sur pellicule. Photo: Pixabay

Numérisation

De plus, la plupart des films du 20e siècle n’existant que sur pellicule, toute valorisation de ce patrimoine devrait comprendre un travail de numérisation de ces oeuvres. «Des milliers de titres et de bobines sont tombés dans l’oubli.»

Outre les diffuseurs, le chercheur prévoit sonder les institutions de financement de la culture, les archives et cinémathèques, les organisations professionnelles dans l’industrie du film, ainsi que les médias qui couvrent l’actualité cinématographique.

«On ne part pas de zéro», reconnaît cependant Bruno Boëz. Il sait que l’Office national du film – créé en 1939, 4 ans après l’Institut canadien du film – possède déjà une importante banque de ses documentaires, fictions et animations.

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Il admire aussi le projet Éléphant, de Québecor, qui ambitionne de rendre accessibles tous les films québécois.

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Le site de l’ONF offre un grand nombre de productions canadiennes.

Exposer le public canadien à son patrimoine

L’étude française veut aider à «créer de nouvelles synergies afin d’augmenter l’impact du patrimoine cinématographique auprès du public canadien», notamment dans les festivals.

On pourrait persuader des géants comme le TIFF, par exemple, ou même de plus petits festivals comme Cinéfranco à Toronto, d’ajouter une section «films de patrimoine» à leur programmation.

Évidemment, ces films passent parfois à Radio-Canada, TFO et les autres chaînes de télévision, mais pas toujours avec «accompagnement».

AFT
En janvier 2019, la nouvelle galerie de l’Alliance française de Toronto recevait l’exposition Nos photos de tournage montée par Éléphant: mémoire du cinéma québécois. Photo: François Bergeron

Partenaire culturel

Ce n’est pas la première fois que la France s’intéresse ainsi au cinéma d’un autre pays. Éventuellement pour le faire connaître au public français, mais aussi en bon partenaire culturel.

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«La France a travaillé à la restauration de patrimoine cinématographique dans plusieurs pays (Myanmar, Corée et en Afrique), ainsi qu’à la formation de professionnels dans ces domaines dans plusieurs pays», indique Bruno Boëz.

À l’échelle européenne, la France coopère avec d’autres pays dans la conservation et la mise en valeur d’œuvres cinématographiques.

«Les films de tous les pays appartiennent au patrimoine mondial.»

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