TIFF 2020 : une édition prudente mais pas confinée

Une scène de Enemies of the State, un documentaire à l'affiche du TIFF 2020.
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Contre vents, virus et tempêtes, le Festival international du film de Toronto (TIFF) 2020 aura bien lieu cette année, du 10 au 19 septembre.

Au beau milieu de l’épidémie toujours en cours, cette édition s’annonce bien différente, adaptation aux conditions ambiantes oblige. C’est donc un festival très réduit qui se déroulera en ville, mais aussi en ligne, pour le bonheur des Canadiens hors Toronto!

50 longs-métrages

Face aux contraintes d’hygiène et de protection, l’équipe du festival a du faire des choix drastiques pour que l’événement puisse tout de même se dérouler et offrir quelques séances en salles, projetant des premières de films attendus, de renommée internationale, ainsi que des œuvres de nouveaux venus comme à son habitude.

Le nombre de longs-métrages originaux est donc réduit à 50 par rapport aux 340 de 2019, et le nombre de programmes courts à 5, comportant en tout une quarantaine d’oeuvres.

La grande nouveauté est que beaucoup de ces films seront accessibles en ligne dans tout le Canada à travers le nouveau service TIFF Digital Cinema Pro développé spécialement pour l’occasion. Vous pourrez donc découvrir toute la programmation du festival depuis le confort de votre canapé!

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La Nuit des Rois

Trois salles et quatre drive-ins

Pour les téméraires préférant les grands écrans, certaines projections auront aussi lieu à la TIFF Bell Lightbox, et dans quatre cinémas en plein air et drive-ins sur les bords du lac Ontario, à Ontario Place et West Island.

Avec une programmation aussi réduite, qui n’est pas sans rappeler celle des débuts du TIFF alors qu’il s’appelait encore le Festival des Festivals en 1976-80, il est évident que le choix est restreint. Mais en même temps, n’est-ce pas aussi une bonne chose si l’on compare au mastodonte des années précédentes où, souvent, choisir de voir un film signifiait le sacrifice d’autres sur l’autel du nombre et des possibilités?

Du coup, que nous reste-t-il à nous mettre sous la dent, nous, amateurs de cinéma francophone et de films de genre?

Été 85

Quelques films en français

Trois longs-métrages en français, deux venus de France et un d’Afrique, représentent la langue de Molière. Trois autres films pour Midnight Madness, et quelques gros calibres parmi lesquels des thrillers ou des drames historiques, mais aussi quelques perles documentaristiques.

La nuit des rois (Night of the Kings) nous emmène à Abidjan en Côte d’Ivoire, ou le réalisateur Philippe Lacôte nous invite à passer une soirée bien similaire aux célèbres contes des milles et une nuit, pendant laquelle, dans la prison principale de la ville, Roman un nouveau détenu, se trouve contraint de raconter une histoire jusqu’au lever du jour s’il veut garder la vie sauve et empêcher que le chaos n’emporte la prison.

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Été 85 (Summer of 85), le dernier opus de François Ozon, fidèle du festival, se déroule pendant l’été du même nom, en Normandie, où deux adolescents de milieux sociaux différents se rencontrent sur fond de grandes vacances, s’aiment, et découvrent les faces cachées, et pas toujours désirables, de l’obsession.

Le troisième long-métrage, 16 printemps (Spring Blossom), fait partie de la catégorie Découvertes et est annoncé comme «risqué» par la critique et les programmeurs du festival. On y suivra les aventures de Suzanne, Parisienne de 16 ans, qui s’ennuie entre la monotonie de son école et la platitude des relations avec amis de son âge.

Elle va découvrir en Arnaud, acteur du double de son âge, une solution à ses dilemmes, du moins jusqu’à ce que leur relation ne se dégrade, provocant des interrogations existentielles chez la jeune femme qui désirait grandir trop vite.

16 printemps

Horreur

Du côté de l’horreur et du genre, il ne faudra pas rater Shadow in the Cloud ou Chloé Moretz joue une des rares femmes pilotes de la Seconde Guerre mondiale, essayant désespérément de prévenir les membres masculins de son équipage qu’un mystérieux passager clandestin porte des vues bien funestes sur eux, sans bien sûr être prise au sérieux.

Le cauchemar à 20 000 pieds dans les airs est un thème classique, ici mitigé avec ceux du monstre et de l’isolation (dans le ciel, personne ne vous entend crier?) qui devrait ravir les fans du genre.

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Shadow In The Cloud

Dans un registre totalement différent, Get the Hell Out, comédie d’horreur du Taiwanais Tao Chu Li Fa Yuan, mélange le huis clos, la politique, les zombies et des éclats de rire quand un mystérieux virus transforme les députés de l’assemblée du pays en séance, en mangeurs de cervelle affamés, et qu’un couple de jeunes politiciens déjà durement mis à l’épreuve par les manigances de leurs adversaires, doit maintenant échapper au massacre.

Get The Hell Out

Puis vient Violation, premier long-métrage des Canadiens Madeleine Sims-Fewer et Dusty Mancinelli bien connus dans le pays pour  l’inconfortable ambiance psychodramatique de leurs courts-métrages, à la Breillat ou Von Trier, durant lequel nous partirons, le temps d’une fin de semaine dans un chalet isolé, explorer les tours et détours piégés de l’âme humaine, ses sensibilités et trahisons de tout un chacun, à la racine desquelles on découvrira le violent événement déclencheur éponyme.

Violation

Documentaires

Les amateurs de documentaires seront enchantés de découvrir la nouvelle exploration de Werner Herzog qui, en compagnie du scientifique Clive Oppenheimer avec qui il avait déjà fait équipe pour Dans la fournaise (Into the Inferno) part faire un tour du monde à la recherche de fragments de météorites, pour expliquer l’origine de la vie sur terre, dans Fireball: Visitors from Darker Worlds, un film rempli de mélange de faits, mythes et histoires extraordinaires.

76 Days, sur la gestion du début de la crise du CoViD-19 en Chine, et Enemies of the State, sur la fuite au Canada d’un jeune hacker américain, promettent également une bonne dose d’adrénaline et de chocs sociétaires.

76 Days

Autochtones

À ne pas manquer également, dans le registre canadien: Michelle Latimer, qui fait ici un doublé intéressant, nous présentera Inconvenient Indian, son documentaire adaptation du livre de Thomas King qui explore la colonisation culturelle des peuples indigènes d’Amérique du Nord.

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En parallèle, sa nouvelle mini-série Trickster pour CBC, basée sur le roman à succès du même titre d’Eden Robinson, dans le genre drame fantastique, est toujours centrée sur les populations autochtones.

Nous y contemplerons l’évolution des péripéties de la vie quotidienne de Jared, adolescent qui doit, en plus de protéger sa mère immature, s’occuper de son père accro, suivre ses études, subvenir aux besoins de tout ce petit monde, faire face à des apparitions de plus en plus étranges autour de lui.

Corbeaux parlants, sosies, et métamorphes apparaissant aux arrêts de bus et soirées locales sont-ils des hallucinations ou un signe qu’une puissance surnaturelle s’immisce peu à peu dans la réalité du jeune homme?

Inconvenient Indian

Les billets pour les séances virtuelles, en salles ou en drive-ins sont en vente sur le site du festival: Tiff.net.

Bon festival!

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